Chaque jour, je rends visite aux blogs que j'ai mis dans mes liens. Il y a un blog que j'aime particulièrement car il est animé par une poétesse, chaque jour elle nous dédie un magnifique poème : http://laudith.canalblog.com

On peut être bloggeuse virtuelle, au fil des jours se tissent des liens et parfois, il y a des choses que l'on a envie de faire partager, c'est ainsi que Laudith, nous a confié le drâme de sa vie, elle a eu un cancer, avec beaucoup de courage elle continue sa vie en nous faisant partager ses jolis poèmes. Mais la chose la plus affreuse c'est qu'elle a appris la nouvelle par téléphone seule chez elle. Cela m'a fait bondir et j'ai eu envie d'intervenir, car moi aussi je trouve cela inhumain, malheureusement ce n'est pas un cas isolé.

Début mars 2001, ma fille Chrystel, venait d'avoir une vilaine bronchite qui n'en finissait pas, le 24 mars, elle me téléphone en me disant c'est bizarre cela fait deux jours que je ne suis pas allée uriner. Aussitôt je lui dit il faut appeler le médecin, je pensais à un problème venant des reins. Nous étions le samedi des Rameaux, le médecin appelé l'a envoyé aussitôt à l'hôpital pour faire des examens. Aiguillée dans un service neurologique on lui fait un scanner qui ne dévoile rien, le service IRM de l'hôpital de Compiègne étant fermé le WE, elle est transférée à Amiens, l'IRM ne dit rien non plus, le lundi toujours dans un service neurologique, sa soeur qui est en dernière année de médecine (en 2001) trouve que cette bronchite est bizarre, elle va voir l'interne et demande une radio pulmonaire, pendant qu'elle est descendue au service radiologique, Annabelle et moi continuons à bavarder dans la chambre de choses et d'autres sans nous inquiéter. Elle remonte, nous étions dans le couloir car sa compagne de chambre avait des soins, Annabelle prend machinalement les radios qui étaient sur ses pieds et les regarde dans le couloir, là elle change de couleur, elle me dit "maman c'est très grave", nous nous reprenons et nous rentrons à nouveau dans la chambre. Quand l'interne est venue la voir il ne dit rien seulement demain vous rentrez à Compiègne. Le lendemain rentrée à l'hôpital de Compiègne on lui fait de nouveaux examens toujours en ne lui disant rien, elle rentre chez elle, sans rien savoir, deux jours se passent, elle est toute seule chez elle, ses fils sont à l'école, son mari au travail, le téléphone sonne et là froidement un docteur au téléphone lui dit : Madame, il va falloir que vous reveniez à l'hôpital car vous avez un cancer.  Sans plus de ménagement.

En fait le cancer décelé est un cancer à petites cellules du poumon, l'impossibilité d'uriner était dûe déjà à des métastases osseuses, en 55 jours tout était terminé. Petit détail qui a son importance et que la spécialiste du service  m'a dit entre deux portes assez brutalement : Mais Madame, il ne faut pas oublier qu'elle fume depuis 17 ans.  Oups, avalez ça et mettez votre mouchoir par dessus. Le 23 mars elle travaillait encore, le 17 mai elle nous quittait.

En revanche je tiens à préciser que dans le même hôpital il y a un service de soins palliatifs extraordinaire, qui s'est occupé, d'elle, de nous durant les derniers jours avec gentillesse, avec humanisme, croyez-moi on se sent entouré. Alors dites-moi pourquoi une telle différence d'un service à l'autre ?. Certains médecins sont tellement blasés par ce qu'ils voient qu'ils en sont inhumains ?   Annoncer une nouvelle de cette ordre doit être faite avec ménagement car on ne connaît pas la personne qui est au bout du fil. Chrystel avait 34 ans, elle a laissé 2 enfants,  un mari, des parents, des grands-parents, des soeurs complètement anéantis.

Si j'ai voulu raconter mon histoire, ce n'est absolument pas par voyeurisme, mais surtout pour témoigner auprès de Laudith, que malheureusement son cas n'est pas isolé et que d'autres ont vécus avec autant de désarroi et de panique une information aussi terrible à cause de la bêtise d'un être humain blasé par son métier.

Chrytel_20_ans_et_G_rard Chrystel à 20 ans avec son fiancé à l'époque

Chrystel_21_ans Un an après.