Pour la première fois de ma vie, j'ai goûté à l'hospitalisation de plusieurs jours. 8 jours, jour pour jour.

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Je ne suis pas quelqu'un qui ennuie les autres pour un oui ou pour un non. Dès que j'ai pu me débrouiller toute seule, plus jamais je n'ai appelé à l'aide. Certaines infirmières m'ont dit que dans ce service on les sollicitaient très souvent même pour ramasser un crayon. Il faut dire que les opérés sont uniquement ceux des membres inférieurs : genoux, hanches.

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J'admire ces équipes qui n'arrêtent jamais et bien souvent avec le sourire. Mais je tiens quand même à dire qu'il y a des équipes meilleures que d'autres.  Souvent cela est dû à l'âge des infirmières, des aides soignantes, les plus âgées sont souvent plus à l'écoute et leur professionnalisme dû à leur ancienneté font qu'elles font des gestes pour soulager autres que ceux couramment employés. Elles sont plus attentives aux dangers que nous pourrions avoir quand nous sommes dans la salle d'eau ou au WC. Certaines ont une conscience professionnelle plus développée que d'autres.

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Mon séjour n'a pas été compliqué, l'objectif numéro 1, gérer au maximum la douleur et alors je peux dire, que jamais je n'ai eu mal et pourtant le chirurgien a beaucoup oeuvré dans mes chairs, je m'attendais à des douleurs beaucoup plus intenses. Gérer par une médicamentassions 3 fois par jour, une seule fois j'ai eu une piqûre de morphine. De la glace à mettre sans arrêt sur le pansement. Un drain les deux premiers jours relié à un bocal pour récupérer le sang autour de l'opération, un des petits désagréments quand on se déplace avec des béquilles.  

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De ce séjour, comme je l'ai dit la seule chose négative qui m'aura marqué énormément, c'est uniquement le fait de ne pas pouvoir dormir autrement que sur le dos, je peux dire que mes fesses dans la même position m'ont beaucoup fait souffrir la nuit, une nuit une des infirmières est venue me masser, la dernière nuit ne voulant pas les ennuyer, je suis arrivée à glisser mon oreiller sous mes fesses et ça m'a soulagé quelques heures, mais je vous avoue pour y arriver, j'ai employé une réserve d'astuces sportives. Les matelas sont élaborés pour les escarres mais ce sont des cubes  de différentes grandeurs plus ou moins ajustés les uns aux autres pour épouser nos formes, je pense que mon matelas était un peu usagé. Enfin ce  mauvais souvenir est derrière moi.

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La dernière matinée me laissera un goût amère quand même.  Le matin, on m'a demandé quand je sortais, j'ai répondu entre 15h et 16h car nous habitons à une heure de la clinique. On ne m'a rien dit, je n'ai revu personne jusqu'au déjeuner. Marc avait emmené la veille une partie de mes affaires, il ne me restait que quelques bricoles à regrouper dans la valise ainsi que la trousse de toilette et m'aider à m'habiller car j'avais des difficultés pour passer mon pantalon, en plus j'étais très fatiguée, par souci de ne pas déranger j'attendais l'arrivée de mon homme pour plier bagage.

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Or, vers 13h 1/4, une jeune femme est revenue me demander quand je partais, j'ai donc réitéré ce que j'avais dit précédemment  ; une autre jeune femme est venue me dire, c'était impossible il fallait refaire la chambre à fond car une entrée était prévue à 14h30. Ni une ni deux, elles ne m'ont pas laissé le temps de me retourner, la femme de ménage a mis mes affaires en cinq minutes dans ma valise, à fait le tour de la salle d'eau m'a aidé à m'habiller à pris ma valise et m'a demandé de la suivre en mettant mon sac à main assez lourd sur l'appui de la canne ce qui la déséquilibrait dangereusement et m'a invité à regagner la salle d'attente à l'autre bout du couloir au pas de charge, je devais me dépêcher.

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Je n'en revenais pas. Pas le temps de téléphoner à Marc, ma ligne téléphonique n'étant pas suspendue  j'aurais pu encore le faire. Nous les vieux nous ne sommes pas comme tous ces jeunes qui tous ont dans leur couple plusieurs téléphones portables, le seule de notre foyer c'était petit mari qui l'avait. Je me suis donc retrouvée bien avant 14 heures dans la salle d'attente sans avoir pu dire au-revoir à personne du service, j'avais l'intention de les remercier avec une boite de chocolats que petit mari devait m'apporter, du coup tout le service s'en sera passé, j'ai remporté mes "Jeff de Brugges" . Bien sagement j'ai attendu petit mari plus d' 1 heure et demi et je suis partie vers 16 heures après avoir fait  tous les papiers que je devais, j'ai même encore attendu un certain temps mes ordonnances.

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Alors ce séjour idyllique dans mon 5 étoiles m'a quand même laissé un goût amère au fond de la gorge. Je n'incriminerai pas l'établissement, rien à lui reprocher, mais j'accuserai quand même cette désinvolture de la jeunesse et du manque de savoir vivre de certains. Même dans des services débordés on se doit d'être correct et bien élevé. Je n'en dirai pas plus. C'est uniquement un manque profond d'éducation des personnes de ce jour là.

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Maintenant pour moi la convalescence a débuté, pas une mince affaire quand même, mais faisable à la maison quand on n'est pas seule. Kiné, infirmière journalière, Médecin tout est programmé pour que cela se déroule au mieux. Ma première nuit dans mon lit ma fait beaucoup de bien, je me suis réveillée plusieurs fois mais je n'ai pas eu mal aux fesses, petit mari a pris une des chambres d'amis pour pouvoir dormir à son aise, car il ne faut pas oublier que lui aussi doit passer par la même case que moi au mois de janvier prochain, donc il faut que tous les deux nous soyons au top.

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Néanmoins merci au personnel de Médipôle de Savoie qui font dans l'ensemble un maximum pour notre bien être. La dernière anecdote que je vous ai raconté d'après moi n'est dû qu'à l'éducation des personnes.