21 août 2014

De Moscou à St.Pétersbourg Journal de bord 1

Dans le brouillard bleu d'une mer tranquille

Une blanche voile s'enfuit

De son pays natal qui donc l'exil ?

Dans le lointain qui la conduit ? 

....

Michel Lermontoff

 

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notre bateau était l'identique de celui-ci, donc voyez-vous loin de Costa, MSC ou TMR. Regardez bien en cliquant pour agrandir, nous étions en dessous du pont 1, vous voyez les hublots ? impresssionnant quand même !

 

Après trois jours à Moscou, nous levons les amarres un samedi en fin d'après-midi, sous un soleil noir de colère, qui ne tarde pas à se déverser sur notre "Pont Soleil" où doit avoir lieu le cocktail de présentation de l'équipage. Nous avons 24 Heures avant notre première escale ; assez pour découvrir les joies de la navigation, ou s'inscrire aux différentes activités proposées. Pour petit mari, ce sera : conférences sur la Russie, cours de Russe, chorale et théâtre. Pour moi, beaucoup plus zen : je m'inscris seulement aux conférences sur l'histoire et la religion du pays. Quant au reste : temps libre, repos, farniente, rêvasserie et je me laisse voguer agréablement.

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Au fil de l'eau, nous croisons des datchas modernes

des pousseurs de marchandises

et de drôles d'habitations secondaires et de nombreuses écluses.

 

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L'idée de relier la Moscova à la Volga, revient à Pierre le Grand en 1722. Des travaux commencent en 1825 sous le règne d'Alexandre 1er, tout d'abord pour faciliter le transport des matières premières pour la construction de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, faute d'argent elle s'arrête en 1844. Plus tard, Staline fait effectuer en quatre ans et huit mois, de 1932 à 1937, dans des conditions inhumaines, par des prisonniers du Goulag, des travaux gigantesques pour assurer l'approvisionnement d'eau de la capitale. La construction de 8 centrales hydroélectriques, 11 écluses, 7 digues en béton et 8 digues en terre, 5 stations de pompage et 15 ponts. Tout cela pour réaliser le rêve inaccompli de Pierre Le Grand. et relier ainsi les cinq mers russes. En empruntant de nos jours ces écluses on ne peut pas rester indifférent à ceux qui les ont construits.   

 

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Tout en scrutant les berges, c'est ainsi que je découvre les joies simples du Russe moyen ; nous sommes le Week-end beaucoup campent sur les bords de la rivière, ils se baignent, ils pêchent, ils font pour certains du bateau à moteur et c'est ainsi pendant des kilomètres. La canicule de cette année, est une aubaine pour eux. Habituellement ils disent : "nous avons 9 mois d'attente et 3 mois de déception". Les hivers sont très longs et souvent les trois mois qu'ils attendent sont décevants.  

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                                            Vers 16h30, nous débarquons à Ouglitch, petit village qui fait partie de l'anneau d'or de Russie. Quand nous mettons le pied à terre, nous sommes accueillis par la fanfare jouant notre Hymne national et, une jolie jeune femme en costume régional qui nous offre du pain déposé sur une belle nappe brodée et nous trempons le morceau dans du sel pour remplir la coutume habituelle du pays. Ensuite, nous sommes pris en charge par un guide parlant français.

               

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              En nous rendant au Kremlin de ce village pour visiter son église et sa cathédrale, nous croisons ces deux dames qui chantent dans la rue pour améliorer leur retraite. Dans la cathédrale, nous écouterons un concert de musique liturgique comme dans beaucoup d'autres. Des voix d'hommes exceptionnelles.

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Quand les bulbes sont bleues, l'église est dédiée à la vierge.

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Voici la reconstitution d'une Datcha, dans laquelle nous admirons le travail artisanal de peinture sur matriochka et l'explication de la façon de faire, tout un art qui en fait son prix. 

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costumes à la cour de Russie sous Pierre Legrand. La Russie est un pays de légendes, d'enigmes et de mystères. Mais aussi un pays ou l'on disparaît de façon cruelle à chaque fois que l'on dérange.

On raconte, qu'en 1584, Ivan le Terrible ne laisse que deux héritiers, Flodor, simple d'esprit, fils de sa première femme et le petit tsarévitch "Dimitri" âgé de deux ans, fils de la septième et dernière femme. Les boyards à cette époque se disputent le pouvoir ; à leur tête un certain Boris Godounov. En 1591, Dimitri a 10 ans, il est exilé avec sa mère à Ouglitch, il est retrouvé la gorge tranchée dans les jardins du palais. D'après la version officielle, il est tombé sur un poignard au cours d'une crise d'épilepsie, pour d'autres, il est mort de la main d'un tueur à la solde de Boris Godounov. Le poète Pouchkine dans son drame "Boris Godounov" et Moussorgski dans son opéra, font porter le chapeau à Boris Godounov la responsabilité de cette mort. Mais pour les historiens, rien n'est établi et cela reste toujours une énigme de l'histoire.

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Posté par manouedith à 00:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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