Musée NISSIM DE CAMONDO

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Voici un Musée qui ne m’a pas laissé indifférente.

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 D’abord, j’aime particulièrement l’époque du XVIII siècle. Si mes moyens me l’avaient permis, c’est cette époque que j’aurais représentée chez moi. Mais déjà, quand j’ai commencé ma vie de femme les vrais meubles de ce temps là étaient onéreux, beaucoup de copies ont été faites, mais elles n’ont pas le même charme et la même authenticité, donc je me suis rabattue sur le XIX siècle, très facile d’accès dans les années 1960. Dans nos familles beaucoup avaient encore ce genre de meubles et aimaient bien les changer au profit de ceux des années plus contemporaines ; moi, les contemporains des années 60, je ne les aimais pas du tout. Et ce qui est drôle, mes goûts n’ont jamais changés. Je sais que je passe pour ringarde aux yeux de beaucoup, car on me voit à l’âge que j’ai maintenant, mais on m’aurait connu dans mes jeunes années, beaucoup auraient été tout aussi étonné car ce n’était pas le goût de mes amis ou très peu, sauf ceux qui aimaient comme moi, avoir un intérieur différent des autres. Quand j’habitais Paris, j’avais une amie qui partageait ma passion et avec laquelle j’allais traîner dans les différents marchés aux puces de la capitale. Déjà à cette époque je détournais les objets, ce qui me fait sourire maintenant que cela est devenu à la mode.

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C’est donc pourquoi, je saute sur l’occasion quand je peux visiter des maisons ou des châteaux hors du commun. Et quand en plus, les meubles et les objets ont été choisis par des collectionneurs d’Art de cette époque là, inutile de vous dire que je suis aux anges.

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Sur les blogs, j’avais déjà admiré les Musées Nissim de Camondo et Jacquemart. Je m’étais jurée d’aller les visiter lors d’une escapade parisienne. Voici, c’est chose faite et croyez moi, je n’ai pas été déçue. Savoir qu’en tous temps, des gens fortunés ont eu le souci de réunir de beaux objets et de beaux meubles et ensuite surtout, d’en faire donation à la France, pour enrichir son patrimoine. Et partager ces beautés avec les autres générations, ça c’est génial.

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Avoir de l’argent, ce n’est pas toujours le bonheur absolu, car la vie parfois au-delà de ça, vous réserve de mauvaises surprises. C’est le cas de Moïse de Camondo qui pendant toute sa vie a eu le plaisir et la possibilité d’acheter et de réunir de jolies choses.

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Les Camondo viennent de Turquie. Deux frères inséparables Abraham-Béhor et Nissim,  ce sont de riches banquiers juifs.  Pour mieux les situer, je dirais qu'ils sont cousins avec les "Dassault".

Tous les deux deviennent des collectionneurs passionnés d’objets d’art d’Extrême-Orient Ils s’installent avec leur famille à Paris en 1869, pour y développer la banque familiale et achètent tous les deux des terrains en bordure du parc Monceau pour construire de belles maisons pour mettre à l’abri leurs trésors.

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Malheureusement ils décèdent tous les deux à quelque mois d’intervalle en 1889. Le fils d’Abraham-Béhor, Isaac se désengage progressivement des affaires pour se consacrer à ses passions : l’art et la musique. Son cousin germain, Moïse de Camondo, est plus discret et conventionnel dans ses choix. Il se marie en 1892 avec Irène Cahen d’Anvers, elle aussi issu d’une grande famille de financiers juifs ; mais le mariage ne dure que 5 ans, sa femme l'abandonne après la naissance de leur deuxième enfant.  Son divorce est prononcé en 1902, il obtient la garde de Nissim et de Béatrice et continue a assurer leur éducation.

Nissam de Camondo

Collectionneur érudit d’œuvres d’art décoratif français du XVIII siècle dès les années 1890, il est de plus en plus absorbé pas sa passion qui l’amène à faire reconstruire l’hôtel familial de la rue de Monceau entre 1911 et 1914.

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De son côté, son fils Nissim termine ses études au Lycée Janson de Sailly, il devance l’appel pour effectuer son service militaire. Il est libéré en novembre 1913, il entame sa formation de banquier à la banque de Paris et des Pays Bas. C’est un patriote convaincu, dès la mobilisation de la guerre en 1914, il devient vite sous Lieutenant en 1915, il passe dans l’aviation en qualité d’observateur et réussi un nombre considérable  de missions photographiques pendant les batailles de Verdun et de la Somme. Promu lieutenant en 1916, il obtient son brevet de pilote, malheureusement le 5 septembre 1917, lors d’une mission de reconnaissance, son avion est abattu en combat aérien en Lorraine.

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Geneviève Le Couteulx du Molay

par Elysabeth-Louise Vigée Lebrun

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 Cette tragique disparition plonge Moïse de Camondo dans le désespoir, puis le détermine à léguer par testament son hôtel et ses collections à l’Etat français en 1924. Dès son plus jeune âge, sa fille Béatrice se passionne d’équitation et se révèle une excellente cavalière, elle héritera de sa propriété à Aumont près de Chantilly dans l’Oise et elle veillera à l’exécution du testament : le musée Nissim de Camando du prénom de son frère, volonté de son père sera inauguré officiellement le 21 décembre 1936.

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 En 1919, Béatrice a épousé Léon Reinach, fils de Théodore Reinach, le célèbre helléniste et numismate, membre de l’Institut. Deux enfants naissent de leur union Fanny en 1920 et Bertrand en 1923. Se croyant intouchable par la notoriété de sa famille, et son amour pour la France, elle reste dans son pays pendant l’occupation et ne pense pas à s’éloigner pour éviter le danger de la montée du nazisme contre les juifs. Béatrice et toute sa famille sont arrêtées en 1942, internés au camp de Drancy, ils sont tous déportés à Auschwitz le 20 novembre 1943. Béatrice fait partie du convoi 69, qui part le 4 mars 1944. Aucun d’entre eux n’est revenu. Avec leur disparition s’éteint à jamais la famille de Camondo.

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 Triste histoire malgré la richesse de cette famille. Nous ne pouvons qu’être ému devant ce destin brisé par la bêtise humaine et remercier Moïse de Comando d’avoir eu la sagesse de léguer le fruit de ses passions à l’Etat français. Les amoureux de l’Art peuvent se promener dans sa maison et admirer l’abondance de mobilier, peintures, porcelaines, sculptures, tapis, tapisseries, qu’elle renferme. Jusqu’à sa mort en 1935, il poursuit ses acquisitions dans un souci de perfection et d’harmonie.

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 Je terminerai cette visite par un superbe tableau de Félix Philippoteaux (1815/1884) d'après une gouache de Carmontelle (1717/1806) "Les gentilhommes du Duc d'Orléans", l'aquarelle d'origine qui appartenait à l'ancienne Comtesse de Paris, vient d'être vendue aux enchères la semaine dernière pour la modique somme de plus de : 500.000 euros.

Je peux dire que la visite de cette maison est assez différente des autres, car on a l'impression que la famille va rentrer d'un moment à l'autre, elle est imprégnée, elle a une âme, elle a un destin. Pour ceux et celles qui comme moi veulent en savoir plus, je les invite à lire "Le dernier des Camondo" de Pierre Assouline, qui m'a été recommandé par une des Internautes qui vient sur mon blog. Vous ne serez pas déçus, dès les premières pages vous serez captivés.

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Mes sources : La revue des Arts décoratifs sur le Musée Nissim de Camando.

 

 

Petite aparté:

Dans 3 jours, cela fera 9 ans que j'ai ouvert ce blog. Au début plusieurs jours par semaine, ensuite au rythme régulier d'1 par semaine. Avec à chaque fois des billets différents. Rarement j'ai repris le même sujet, au début je parlais de mes travaux manuels beaucoup plus présents à l'époque que maintenant. Sont restées mes PASSIONS et Dieu sait ce que j'en ai eu dans ma vie. J'ai toujours voulu que mon blog soit à l'image de ma vie, je vous ai confié beaucoup, mais rassurez-vous j'ai des jardins secrets. Je n'ai pas beaucoup de commentaires à chaque fois, par rapport à certains blogs, mais en revanche des pics de visiteurs chaque vendredi, il y a même un vendredi ou j'ai eu 1253 visiteurs, oups ! De mon côté je rends visite chaque jour à une dizaine  de blogs et parfois moins, donc c'est normal que je n'ai pas des chiffres exorbitants, car pour cela il faut aller beaucoup sur les blogs et je n'en ai pas le temps et pas l'intérêt car beaucoup son éphémères. Les blogs qui ont mon intérêt, sont ceux qui racontent quelque chose, des instants de vie, des voyages, des petits riens de tous les jours, des sentiments ; c'est pour cela que le mien est inclassable, il vous raconte "la vie". Alors continuez à venir, je suis contente de ces échanges. Et Merci à mes fidèles internautes.