18 novembre 2016

Lettres à Anne...

Des explications s’imposent, car il est trop facile de juger des faits ou des idées. En postant mon billet la semaine dernière, je me doutais que les réactions seraient celles qu’elles ont été. François Mitterrand, on l’aimait ou on le détestait. OK, l’homme politique était controversé : (sournois et manipulateur). Mais tous les autres politiques depuis, ont été plus ou moins pareil. 

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 En ce qui concerne l’homme tout court. OK parce qu’il était un homme public, ses frasques étaient connues et encore s’il avait vécu en ce moment, cela aurait été  pire, car il n’aurait pas pu museler les médias. Mais l’homme, était aussi un humain, avec un cœur et des sentiments. Pour moi, c’est uniquement cette facette qui m’intéresse ; même si c’est celle d’un homme qui trompait son épouse. Oui c’est moche, cela n’est pas bien aux yeux de tous, mais combien d’hommes ou de femmes l’ont faits et le feront encore ?   Une fois les volets fermés nous ne savons pas ce qu’il se passe dans un couple et quels sont leurs accords. Tromper l’autre, c’est une chose, mais le faire souffrir consciemment c’est autre chose.

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A mon âge, je peux me permettre de vous dire, vous qui croyez n’avoir jamais été trompé, souvent vous rêvez. Personne ne peut être certain que cela ne lui a jamais arrivé. Alors, les indignations que l’on peut porter quand nous pensons ne pas être concernés, sont inutiles. A la lecture de vos commentaires, j’ai fait des recherches sur Internet, pour mieux comprendre l’interrogation de tous et je vais éclairer vos lanternes. En cherchant bien, j’ai trouvé le seul interview qu’Anne Pingeot a donné à la presse à la sortie de son livre. Voici ce que j’en ai tiré, loin de moi l’idée de la juger ou de la critiquer. Mais je peux la comprendre.

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1) le coup de foudre d’une gamine, bien sagement installée dans une famille bourgeoise du XXème siècle. Un bel homme de 40 ans, cultivé, ayant un passé peu ordinaire, ce sont tous les ingrédients pour faire rêver une jeune fille des années juste avant 1960. J’ai le même âge et je me souviens de mes 14 ans. Moi aussi, j’ai fait des choix contestables. Croyez-moi à cette époque cela n’avait rien d’exceptionnel.

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2) Anne, s’interroge encore, sur le bienfait de laisser publier ces lettres ? Elle s’est laissée convaincre par Jean Noël Jeanneney et avoue que cela a été une épreuve et une façon assez étonnante de revivre toute sa vie. Là aussi, je la comprends. Quand je me souviens de mes jeunes années, que je les commente, ou quand je sélectionne des photos pour les partager avec vous, à chaque fois je revis les moments.

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3) Après avoir longtemps hésitée, elle avoue aussi qu’elle tenait à ce que ces lettres soient publiées de son vivant (une façon de contrôler l’exactitude des faits retranscrits). Elle dit : j’ai 73 ans, je mets en ordre (à cet âge, moi aussi j’aime mettre en ordre). Elle est à peu près certaine, et moi aussi je le suis, qu’après sa mort, elles auraient été publiées. Mais comment ? Alors que là, elle avait le moyen de guider ces écrits. C’est un argument qui se tient.

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4) Ah ! Le côté « argent » auquel tout le monde pense qui soulève tant de critiques et  devient tout de suite vénal. Elle y a pensé et précise que le contrat qu’elle a passé avec Gallimard autorisant cette publication a été fait d’un commun accord avec les fils de François Mitterrand et sa fille Mazarine et qu’ils se partageront tous les trois les droits. Alors, en y réfléchissant bien, pourquoi pas ? Puisque de toutes les façons sans son œil vigilant de son vivant, ces lettres auraient quand même été publiées un jour ou l’autre, au nom du patrimoine culturel et historique français. L’historien membre de l’Institut François Mitterrand, trouve que la publication de cette correspondance intime ainsi que celle du « Journal pour Anne » s’imposaient car elle apporte une meilleure compréhension d’un des personnages majeurs  (que l’on veuille ou non) de notre histoire nationale du XXème siècle. Contrairement à ce que dit un des commentaires sur le billet précédent « je n’ai pas envie de lire ces lettres, ça ne représente finalement que les cinq premières années, après…. » Voici un jugement sans avoir lu le livre. Non, ce livre représente 33 ans  d’une vie et pas simplement 5 ans.

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Maintenant, j’avoue beaucoup mieux comprendre et une fois de plus, je note qu’il faut faire attention aux idées toutes faites, que chacun de nous peut avoir. Je n’ai pas encore terminé, loin de là, car ce livre, ne se lit pas de la même façon qu’un roman. Il faut parfois, relire des passages pour mieux les comprendre, car un monologue continuel sans réponse de l’intéressée ce n’est pas si simple que ça. Mais contrairement à ce que l’on peut penser : Rien n’est impudique dans ces lignes.

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Le feuilleter en librairie, ne vous dira rien, car c’est un ensemble, qui ne peut se comprendre qu’au fil des pages. Pour d’autres le personnage est antipathique, ce qui ne donne pas l’envie de le lire, là aussi je peux comprendre, car pour moi le personnage m’a toujours été désagréable. Mais justement, j’ai voulu dépasser cela, car dans tous les êtres humains il y a du bon comme du mauvais. Ma curiosité l’a emportée et le côté historique m‘a fasciné.

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Non, il n’y a pas d’impudeur de la part de Anne. Ce ne sont pas  des lettres d’amour comme nous pouvons les imaginer, ce sont des lettres qui mêlent la vie quotidienne avec des sentiments profonds. Elles ne retirent rien aux trésors qu’il faut garder au fond de nous. C’est simplement le choix d’une femme aimante et consciente d’avoir aimé  un grand homme. Dans tout êtres humains il y a des phases cachées qui atténuent le plus mauvais de la personne.

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C’est vrai, que l’on pouvait être choqué à la parution de ce livre. Mais c’est facile de l’être, quand on ne connaît pas le fin mot de l’histoire. Oui, cette histoire est belle et elle mérite le respect, même si le choix des uns  n’est pas approuvé par les autres. Je vais donc prendre le temps de lire ce pavé de littérature et avec son acolyte : Le Journal pour Anne, qui sont à eux deux des documents les plus extraordinaires que l’on puisse lire, d’une importance historique majeure. Jamais on a pu connaître aussi intimement l’esprit d’un Président et croyez moi, un livre bien écrit cela fait du bien tout comme cette cour amoureuse d’un autre temps.

Posté par manouedith à 19:20 - Commentaires [19] - Permalien [#]