Après un hiver long, froid et neigeux. Un printemps plutôt très orageux qui, malgré tout, nous a fait découvrir les fleurs du Valromey. La région du Bugey que j’apprécie beaucoup et dont je vous parle souvent. Nous avons repris nos balades hebdomadaires. Quand nous le pouvons, nous évitons les dimanches et nous privilégions un jour de la semaine, suivant le temps. Ainsi, nous rencontrons beaucoup moins de monde et nous profitons mieux de nos escapades.

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 Cette semaine, mardi en me levant, j’ai eu envie d’un vieux village avec des maisons en belles pierres, en un mot un village ancien. C’est en interrogeant Internet, que j’ai trouvé. C’est donc  dans la région de Bourg en Bresse, que nos pas, ou plus exactement notre carrosse des temps modernes nous a conduit. A 15 kilomètres au nord ouest de Bourg se trouvent deux villages remarquables. Le premier : Meillonnas ; la patrie des potiers et des faïenciers.

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 Dès notre arrivée, nous n’avons pas été déçus. Déjà, la traversée du plateau de Hauteville que nous connaissons bien ; avec ses pâturages et ses forêts, ensuite le pays de Cerdon et ses vignobles dont les côteaux à flanc de montagne sont entourés d’une végétation luxuriante ; c’est en redescendant vers la vallée de l’Ain que nous avons attaqué la région du Revermont, que l’on défini comme étant les premiers contreforts du massif du Jura et la frange bressane qui s’étire de Bourg en Bresse à Long-le-Saulnier, c’est une belle région naturelle faite de petites montagnes calcaires et qui chevauche deux départements l’Ain et le Jura.

 

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 Meillonnas, est le  but de notre visite. Aller découvrir la dernière faïencerie artisanale du département. En arrivant dans ce beau village aux maisons de pierres dorées, aux parcs verdoyants et très bien entretenus, avec son église St. Oyen au dôme de tuiles vernissées  et avec ses deux chapelles  des XIIIème et XIVème siècles, c’est entre parenthèse, l’un des plus importants ensembles de l’Ain et classés aux monuments historiques depuis 1988. Sans compter le château dont je vous parlerai plus loin. Mais la plus belle des surprises, sera notre rencontre avec Nicole Reverdiau et son fils Jean-François Darnand.

 

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Ces peintures à fresques sont d’une qualité artistique exceptionnelle. Le style, les thèmes représentés et les techniques utilisées comme les dorures et les pigments de couleur et les effets de perspectives évoquent la renaissance italienne.

 

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 Une dame, qui vient de fêter ses 90 ans et qui depuis 51 ans, a pris le virus de son père, afin de faire revivre les célèbres faïenceries de Meillonnas. Installée dans le rez-de-chaussée de sa maison de famille, elle malaxe l’argile, elle invente des figurines toutes différentes, suivant l’humeur du jour et des créations qu’elle a dans son imaginaire. De son métier d’avant ; étalagiste, elle garde sa façon de travailler la terre comme le tissu. Au début, elle faisait des copies de pièces de Meillonnas, puis son style s’est personnalisé tout en respectant le violet manganèse, le bleu et le vert ; au début, la terre venait de son village, mais comme son marchand de terre n’est plu, elle se fournit ailleurs.

 

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Quant à Jean-François, il travaille avec elle. Il façonne, s’occupe des cuissons et de l’émaillage en se spécialisant dans les reproductions fidèles (plats, soupières, assiettes, récipients et objets divers) ;  toujours dans l’esprit du meillonnais.

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En 50 ans, les faïences de Nicole Reverdiau ont parcouru une bonne partie du monde; à travers ses expositions, ses commandes officielles. Et même dans les foyers en Australie. Amie, de Jean Marais et de personnes connues dans le monde artistique et politique.

C’est une femme qui a beaucoup de classe, de gentillesse, elle accueille ses visiteurs avec chaleur et fait partager sa passion dans un endroit magique qu’elle a décoré avec soin ; et n’a pas failli à la promesse qu’elle avait faite à ses parents : continuer son art jusqu’à son dernier souffle, sans jamais se séparer de la maison de famille.

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 Justement, cette maison de famille, entourée d’un superbe parc arboré et propice à la création ainsi qu’à la méditation, il s’en dégage une ambiance indéfinissable, un bien être d’un autre temps. Vraiment nous nous y sentons bien. Je lui ai acheté une petite statue dont elle a eue beaucoup de mal à  se séparer, car ses œuvres sont ses bébés. Elle n’en revient toujours pas d’inventer tous ces détails et ces formes différentes et se rendre compte, que c’est elle qui les a pensées. En partant, elle nous a invité à revenir nous reposer dans son parc et elle nous montrera l’œuvre de sa vie à travers ses books. Oui, nous y retournerons, car c‘est  exceptionnel de rencontrer une aussi grande dame amoureuse de l’art et de la création.

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Elle est la dernière faïencière de ce beau village de caractère et pourtant, Meillonnas, a été un des fleurons de la faïencerie française entre 1760 et 1845. Ce village est connu pour ses poteries vernissées notamment : «  le service vert » qui était diffusé dans toute la région. C’est dans la seconde partie du 18ème siècle, que le baron et la baronne « artiste » Gaspard de Marron créent une faïencerie dans une des tours de leur château et la confient au Maître Claude Gautherot qui donnera un essor considérable à la production. C’est à lui que l’on doit le célèbre motif de la rose Manganèse et l’apogée de la production « petit feu ». La faïencerie, continuera à produire jusqu’aux environs de 1870, pour être remplacée par d’autres  techniques. Depuis plus de 50 ans, grâce à Nicole et à son fils, la tradition est perpétuée à nouveau.

 

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 Maintenant, quand je regarderai ma figurine sur ma cheminée, c’est à cette grande dame, passionnée par son art et qui a su nous émouvoir, que je penserai comme l’intitulé de ce billet : vraiment, une très belle rencontre.

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Quand nous retournerons à Meillonnas, nous irons visiter le second village : « Treffort-Cuisat » perché sur une colline, que l’on peut admirer de loin en passant sur la nationale. Il nous réserve aussi de beaux endroits.

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A bientôt………….