Qui, à la suite d’un héritage, n’a pas retrouvé une boite, cachée dans un grenier qui contenait de vieilles photos familiales !

 

 Pour la plupart, aucun nom ne figure au dos. Que de mystères et de suppositions concernant les personnes qui y sont représentées. Souvent, par désintérêt, elles terminaient leur vie dans une poubelle et même elles étaient  brûlées. Parfois, nous les retrouvons sur un stand de brocante, triste fin, mais pas perdues à jamais. Maintenant, il y a des gens qui les achètent et qui les publient sur des réseaux sociaux de généalogie, avec l’espoir que quelqu’un reconnaîtra peut être sa famille. Belle initiative de partage. D’autres par souci de l’ancien, décorent leur maison avec, car souvent ce sont  de jolies photos. Alors, pour moi c’est un moindre mal. Mais évidemment quand ce sont nos ancêtres, c’est encore mieux.

Adrien PASCAUT école St

1897 - Adrien mon grand-père à l'école 

 C’est certainement ma passion généalogique qui à chaque fois se réveille. Car, pour les généalogistes, les photos sont des biens extraordinaires et précieux. Elles peuvent se dater et nous donner des renseignements intéressants, en nous donnant approximativement l’année ou elles ont été prises et par déduction les personnes qu’elles représentent. Même le support en carton sur lesquelles elles sont collées  nous parle. Cela, nous indique si elles ont été réalisées tout au  début de la photographie avant 1840 ou après. Elles deviendront fréquentes dans les familles aisées entre 1860 et 1890.

Marcel Bourcy 20 ans

Au début, sauf les gens riches ou les aristocrates possédaient des tableaux peints représentant leur famille. La photographie s’étant démocratisée rapidement, nos aïeux ont voulu fixer l’instant présent dans leur plus bel habit. C’est pourquoi ces photos bien souvent semblent tristes et sans sourire, il ne fallait pas bouger d’un rictus au risque que le sujet soit flou.

Famille Mullier 2

Chez nous, dès le début du  20ème siècle, mon grand-père s’est intéressé à ce nouvel art. Il a été, de ceux qui possédait un appareil photographique et pourtant il habitait une petite ville de province. Dans notre grenier familial, il y avait un carton rempli de personnages inconnus. Pourtant, il aurait été facile d’y mettre un nom derrière, mais ce réflexe n’était pas habituel, très peu de personnes ont pensé à le faire et c’est pourquoi, nous nous retrouvons avec des dizaines d’inconnus sous nos yeux.

appareil photo 1900 

 Dans les années 1950, nous n’avions pas la télévision. Les jours de mauvais temps les distractions, souvent se cantonnaient aux jeux de société. Chez nous, nous avions aussi un autre rituel qui allait porter ses fruits  des dizaines d’années plus tard. Au grenier, certains se souviennent le lieu magique des enfants de mon époque ou l’on pouvait trouver de tout et de rien, parmi la poussière tombée depuis des lustres. C’était un lieu dans les maisons de famille, propice aux souvenirs cachés.

grenier_maison_jules_verne_© s_crampon 

Dans le nôtre, il y avait un grand carton du célèbre magasin parisien « Le Printemps » qui était rempli de vieilles photos d’inconnus et de moins inconnus, des photos regroupées par ma grand-mère, souvent retrouvées dans un tiroir ou ailleurs et même sur le sol, elle les remettait soigneusement dans ce carton, qui dans une autre vie avait servi à rapporter à la maison de belles tenues de ce grand magasin célèbre. Je me souvenais que ma grand-mère disait aussi, que quand ils son rentrés de l’exode après 1940, une de ses premières tâches a été de sauvegarder ces souvenirs éparpillés partout dans la maison malmenée pendant ces tristes moments.

Edmont Pascaut communion 2

 Leur maison était dans un triste état, le toit voyait le jour à cause des tuiles envolées sous les déflagrations des bombes, (région très touchée par les deux guerres). Pendant longtemps, des bassines peuplaient le grenier en attendant les dommages de guerre pour pouvoir refaire la toiture.

Avant les dommages de guerre 1948 1950 2

 Alors, l’occupation de certains dimanches maussades de mon enfance, c’était de descendre ce vieux carton entreposé sur le dessus de l’armoire Louis Philippe dans le grenier, je me souviens également, j’aimais fouiller dans cette armoire. Nous nous installions ma grand-mère et moi à la table de la cuisine et les photos défilaient une par une et elle me nommait les personnes qu’elles représentaient sans avoir jamais eu l’idée d’inscrire le nom C’est moi, qui des années plus tard, quand j’ai hérité de cette maison familiale qui ai inscrit les noms dont je me souvenais. Noms, répétés inlassablement quand nous piochions dans cette boite. 

Adrien et ses cousins Edmond et André

 J’avoue que ma mémoire étant encore bonne, j’ai pu illustrer de nombreuses fois mes travaux généalogiques, qui serviront peut-être un jour à mes petits enfants ou arrières petits enfants ; sait-on jamais ! C’est une chance de pouvoir transmettre aux siens l’histoire de ceux qui nous ont précédé, c’est notre histoire et la leur. Voyez-vous cela sert d’être conservatrice. Certains me diront, oui mais, je n’en ai pas la place ! Justement, je vais vous raconter une anecdote qui m’a été confiée par un historien. Pendant les deux dernières guerres, sa famille, trimballait toujours une valise de documents et de photos de familles au détriment d’une valise supplémentaire de vêtements. Aux yeux de ces personnes attachées à leurs ancêtres et à leur histoire familiale,  leurs souvenirs étaient plus précieux que quelques robes, pantalons ou caleçons.

Solange Devillers et ses parents pour ses 10 ans juillet 1931

Alors, voyez-vous dans le monde actuel, ou tout se jette ou on se moque des personnes conservatrices, même si nous manquons de place, nos choix sont une question de priorité. Au lieu de jeter, transmettez les à des personnes intéressées ou à des archives privées, elles peuvent servir à ‘histoire de l’humanité. Même mon mari peu sentimental, garde précieusement albums et photos transmises par ses parents, pour certaines, des photos mises dans des albums réalisés amoureusement par son père. Il faut dire que nous avions lui et moi la chance d’être enfant unique ; donc pas d’obligations de partage. Mais après nous, qu’adviendront tous ces souvenirs ? Dieu seul le sait.

Adrien et Marcel Devillers 2

 

Les commentaires semblent ne pas passer. J'essaie de rémédier à ce problème mais je n'-y arrive pas.