23 avril 2020

La vie continue, pour une grand-mère confinée.

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas malgré tout.

Alors que faites vous ?

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Chez nous, une fois passé les interrogations et les suspicions dus à la pandémie. Après une visite chez mon médecin quand même ; surprise que celui-ci ne m'ausculte même pas  ni ne me prenne  ma tension, alors que je venais avec des douleurs dans le dos, après trois jours de fièvre, de courbatures, de frissons et de mal partout. Qu'il se contente de me dire, je vous inscris sur ma liste de ceux à qui je dois envoyer une ordonnance quand nous aurons les tests sérologiques ! J'avoue le quitter avec beaucoup d'interrogations sur sa méthode. J'ai donc repris le cours de ma vie en surveillant avec anxiété les jours qui passent, à l'écoute du moindre signe d'une éventuelle aggravation. La semaine terminée pas de nouveaux signes, la fatigue s'est éloignée et tout semble redevenu dans l'ordre. Restant malgré tout très vigilante pour les jours à venir.

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 Le lendemain, pour la première fois depuis 6 semaines, masqués, nous nous aventurons au marché du village voisin, afin d'avoir des légumes de saison et surtout des fraises. La supérette de notre petite ville est bien achalandée, mais question fruits et légumes, parfois elle laisse à désirer. Alors, là amusement, l'entrée est  gardée par un agent municipal masqué et ganté, en file indienne nous passons un par un devant les 8 étals à notre disposition ; aucun des vendeurs n'a de masque mais une barrière de sécurité à un mètre d'eux. Bien sagement nous allons d'étal en étal et nous repartons en prenant du pain chez un boulanger masqué. Heureux de traverser notre belle campagne environnante, nous rentrons en déposant nos achats dans le garage, en laissant les produits frais dans la glacière ; nous reverrons le tout quelques heures après pour les rentrer et les désinfecter avant de les ranger. Nous sommes de bons élèves, nous faisons tout ce que l'on nous a dit à la lettre. Sauf que ce ne sont pas les ordres d'en haut qui nous obligent à le faire, ce n'est simplement que du bon sens personnel.

 

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Car s'il fallait écouter ce que l'on nous préconise à droite et à gauche, des informations pour la plus part contradictoires, nous ne saurions pas où donner de la tête. J'ai instauré à la maison des règles strictes. On n'écoute les informations que le midi et le soir, un point c'est tout, on zappe tout ce qui à un rapport avec le virus et les images de voyeurisme que nous inondent sans arrêt les journalistes. On a compris, nous compatissons et nous avons une pensée chaque jour pour tous ceux qui sont en première ligne et exténués par les jours et les nuits qu'ils passent. Nous n'aimerions pas être de ceux qui assistent chez eux, au départ d'un malade proche et qui se disent : peut être, ne le reverrons-nous jamais, c'est horrible ; alors tous les blablablas des politiques et de ceux qui nous inondent d'informations inutiles pour certaines, nous passons notre chemin.

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Le matin petit mari et moi nous faisons comme d'habitude, pour moi le ménage courant ainsi que le plus difficile puisque mon aide ménagère ne vient plus pour l'instant. Pour ma douce moitié, dans notre jardin il a de quoi s'occuper et c'est ainsi que se passe la matinée. Nous nous levons toujours à la même heure, nous, nous sommes de ceux qui nous lavons, je mets toujours autant de soin à m'habiller et à me maquiller, je fais plus souvent mon brushing, car c'est là où est le problème, comme beaucoup de femmes ma coiffeuse me manque, je pense qu'il va falloir prendre son tour et son mal en patience. Ainsi, cette matinée se déroule au son de la musique, car un des premiers gestes du matin depuis toujours c'est d'appuyer sur le bouton de la chaine musical. 

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Ah ! l'après-midi, nos moments privilégiés. Nous regardons un film ancien sur la 2 à défaut de Faustine Bollaert, ensuite chacun fait ce qu'il veut. Pour ma part, je continue le récit de mes mémoires, je lis, je relis, je corrige sans arrêt et j'avance doucement ; c'est un travail prenant, long et agréable, je m'améliore en français, en orthographe et je revis ma vie. Amusant tout cela. Quand le temps le permet je m'installe dans le jardin près du bassin. Les jours ou je veux me changer les idées, je lis, j'ai toujours un roman en route sur le feu. A cinq heure, c'est sacré c'est l'heure du thé et l'instant grande musique. Ensuite l'après-midi continue à s'égrenner gentiment. 

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J'oubliais de vous dire, il y a aussi les coups de téléphone de nos amis lointains auxquelles on pense et pour certains il y avait longtemps que nous nous étions perdus de vue. Alors là, c'est le graal pour la bavarde que je suis, n'est-ce-pas Aline ! Je continue également à m'occuper de ma décoration, il y a toujours un objet à changer de place et je prends des photos de mes fleurs, de ma maison, de mon chat, de mon chien. 

 

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Ainsi va la vie d'une grand-mère confinée. Alors me direz-vous : qu'elle est la chose que vous ferez quand le gong de la sortie sonnera ? Tout simplement, je monterai dans mon auto avec petit mari et nous filerons vers le plateau du Retord, j'ai loupé les jonquilles, j'espère arriver à temps pour les narcisses.

Et vous ?

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12 avril 2020

Pâques 2020. MAIS AUSSI REFLEXION SUR CE QUE NOUS VIVONS. BEAUCOUP LE PENSE, MAIS PERSONNE N'OSE LE DIRE.

Etrange Fêtes de Pâques 2020. Cette année pas de chasse à l'oeufs. J'espère que tout le monde a marqué malgré tout ce jour. Il faut savoir profiter de tous les instants. Nous ne savons pas ce que demain nous réserve. 

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Comme toutes les personnes raisonnables, nous n'étions que tous les deux. Il faisait beau. J'ai préparé une belle table et petit mari a fait un repas délicieux. Pourtant ce n'était pas la forme du tout. Je ne suis pas sortie depuis plus d'1 mois, petit mari faisait les courses seul. Nous avions la chance d'avoir des masques. Je suis quelqu'un de très prévoyant. J'essaie de tout prévoir.  Je fais tout ce que l'on me dit et pourtant, je semble ne pas avoir été épargnée.  

5Depuis mercredi dernier, j'ai eu tous les symptômes de la grippe : fièvre, courbatures très fortes, maux de tête, mal dans les jambes, dans le dos, pas de rhume, ni de toux , pas de problèmes respiratoires. Cela m'est tombé dessus sans crier gare, la veille je faisais encore un grand ménage de printemps dans ma buanderie. Le lendemain matin en me réveillant mal partout, très vite mis sur les efforts de la veille, mais tout s'est compliqué dans la journée avec les joues rouges, les yeux qui me piquent et l'impossibilité de rester debout une fatigue bizarre, lourde.

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J'ai consulté mon médecin privé, qui m'a donné des efféralgans, prescrit un grand repos et surtout surveiller ma tempétarure et réagir au quart de tour si ma respiration  change et si je m'essouffle. Pour l'instant de ce côté tout va bien, je n'ai plus de température, mais toujours mal dans le dos et surtout une très grande fatigue. Si j'ai été contaminé comme nous le pensons par la dernière sortie de petit mari, le jour de ses dernières  courses du vendredi 9 avril,  je ne suis pas sortie des 14 jours ! Alors je croise les doigts jusqu'à jeudi prochain. J'ose encore espérer être dans les 85% de cas bénins !

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Inutile de vous dire, que je suis furax, quand je vois tous ces inconscients qui ne se protègent pas, moi qui suis tout le contraire et qui pense si souvent, que les choses n'arrivent pas qu'aux autres. Je suis souvent de celles qui n'ont pas de chance malgré toutes mes précautions. Exemples : de toute ma vie, je me suis rarement exposée au soleil, comme j'en vois chaque année rôtir sur les plages et pourtant il y a trois ans j'ai eu un cancer de la peau au niveau de l'omoplate, bénin semblerait-il, mais enlevé quand même. Toutes les personnes qui fument depuis leur jeunesse et continuent pendant leur vieillesse n'ont pas de cancer. Chez nous, sur mes 4 filles la seule qui fumait depuis lâge de 17 ans, a été emporté en 55 jours à l'âge de 34 ans par un cancer du poumon. Et beaucoup d'exemples du même ordre jalonnent ma vie depuis mon enfance. Alors n'allez pas me dire, que ce n'est peut être pas le Covid 19 ! Si ce n'est pas cela, ça y ressemble étrangement. 

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Malgré tout, je ne me suis pas laissée aller, j'ai préparé les fêtes de Pâques, comme chaque année. Même si nous n'étions que tous les deux. Chaque matin, je me lève, je fais ma toilette , mon lit et je me maquille ; en revanche ma coupe de cheveux comme certainement pour beaucoup n'a plus de forme et chaque jour je joue du babyliss. Je fais un peu de ménage, car mon aide ménagère ne vient plus. Mais l'après-midi, je me repose et je bouquine toute la journée. J'évite de plus en plus les informations, souvent contradictoires et bien trop détaillées pour nous faire garder le moral.

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A-t-on besoin de nous montrer chaque jour le décompte, les cas graves, des photos identiques à celles de la veille. Et le comble du raffinement journalistique c'est en plein épidémie ou tout le monde s'inquiète plus ou moins et ne va pas bien, les SDF américains enterrés dans des fausses communes ? Je sais cela fera partie de l'Histoire de chaque pays, mais nous le montrer après quand tout redeviendra plus ou moins normal, ce serait plus décent.

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J'admire, tous ces médecins, ces infirmières, ce personnel hospitalier en première ligne qui sauvent des vies en faisant leur métier.  Mais j'admire aussi tous ceux qui sont dans l'ombre des hôpitaux les aides ménagères qui sont les dernières à recevoir des masques et des protections, j'admire tous ces médecins à qui l'on donne royalement une dizaine de masques par semaine, à cause de l'incapacité de certains d'avoir préféré se séparer des réserves que nous avions encore il y a 10 ans ! J'admire toutes ces vendeuses, ces caissières aussi en première ligne pour que nous ayons à manger tous les jours, j'admire toutes les personnes qui aident les autres pour leurs courses, qui se mobilisent pour occuper leurs journées à fabriquer des masques de protection et des casques plastiques pour les hôpitaux et autre. J'admire les policiers et les pompiers qui sont aussi en première ligne et sont pour certains obligés de faire respecter les ordres donnés un peu tard soit, mais donnés quand même, alors que ce ne sont que des consignes de bon sens, que chacun devrait faire naturellement. Nous sommes tous dans le même bateau, ne l'oubliez pas. Je pense également à tous les sans domicile fixe et les immigrés qui se cachent dans les bois et ailleurs.

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 En revanche, je n'admire pas du tout les services postaux, qui se sont retirés très vite, alors que le début du mois arrivait et que pour beaucoup c'était le seul endroit où ils touchaient leurs indemnités, leur salaire. Tout le monde n'a pas de smarphone et d'Internet. Le courrier postal existe encore et parfois est aussi le seul moyen  pour régler ses factures. Recevoir des colis indispensables quand on ne trouve plus dans les commerces de proximités dans les petites villes et villages, certaines choses de première nécessité. J'admire moyennement ceux qui chaque soir applaudissent le corp médical, quand je vois que d'autres, (qui applaudissent peut être du reste), mais qui volent dans les voitures des infirmières libérales le peu de masques ou de gels qu'elles ont, cela ressemble beaucoup à ceux qui ont glorifié l'année dernière les policiers et les pompiers en première ligne dans les nombreuses manifestations difficilement gérables et qui après leur envoyaient des cailloux en les insultant. 

 

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Alors  sortons couverts d'une façon ou d'une autre, en pensant aux autres, respectons les consignes le mieux que nous pouvons ; n'attendons pas les représailles, votre vie est en jeu. Croyez-moi, cela n'arrive pas qu'aux autres. A moins que ce soit la solution pour élliminer les plus faibles ! La suite va être encore plus difficile, de nombreuses personnes courageuses vont payer et se retrouver sur le carreaux. Tous ces petits commerçants malmenés déjà l'année dernière par les gilets jaunes, et aussi les autres qui ne pourront pas se relever dans toutes les professions libérales. C'est bien beau d'être solidaire maintenant, mais continuez car les mois suivants vont être encore plus difficiles d'une autre façon.  Alors courage à Tous. Après toutes les guerres nous nous en sommes remis mais après de longs mois d'efforts.

roses

un grand merci à mes filles et à mon fils qui nous aident à leur façon, par leur soutien, leur coups de téléphone réguliers, leur affection ; même de l'autre bout du monde. Cela fait chaud au coeur.

 

Posté par manouedith à 19:54 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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