Les souvenirs qui me reviennent à la mémoire
02 décembre 2016

Aidez à l'école ses petits enfants

 

Je vois sur vos blogs, la joie que vous avez encore de profiter de vos petits enfants. A tous, je dis : profitez-en au maximum. Car, quand ils arrivent à l’âge du collège, ils ont beaucoup moins besoin de vous. Ils commencent à rester seuls. Petit à petit, nos adorables bambins d’hier, s’éloignent doucement. Alors par exemple, les préparations de Noël, les coutumes, les traditions ne les intéressent plus autant. Vous semblez ne plus rien à avoir à leur apprendre.

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 Cette année, j’ai le droit à un sursis. Je vais pouvoir parler de nos traditions et raconter l’histoire des saints qui jalonnent notre mois de décembre. Adeline est là ! Elle aussi pour plus très longtemps, le collège pointe son nez ; déjà, elle préfère souvent rentrer chez elle après l’école, même si elle est seule. Sauf hier soir, ou elle avait un devoir à faire : Raconter une histoire du temps passé dans le Bugey. Mettre en forme un récit en vue de réunir plusieurs histoires et en faire un petit livre.

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Ah oui ! Manou, va pouvoir t’aider ma jolie. Sauf qu’elle n’est pas du Bugey et qu’elle n’a pas d’histoires croustillantes à raconter. D’un seul coup, j’ai réalisé que ça y est, aux yeux de mes petits enfants, je fais partie des « grands-mères » qui ont vécues « dans le temps jadis ».

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 Bon, nous allons nous y mettre. J’ai creusé ma mémoire qui n’est pas excellente et j’ai cherché dans tout ce que j’ai lu sur notre nouvelle région. Dix ans, que nous sommes ici. Je me suis confectionnée une petite bibliothèque régionale, alors comme disent les jeunes : cela peut se faire ! »

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Petite Adeline me dit : « Mais pourquoi, tu ne regardes pas sur Internet, c’est fait pour ça et l’on trouve tout. Oups ! Quelle belle idée toute faite vue par nos petits enfants du XXIème siècle. Avec cet outil magique à leurs yeux, il ne suffit que copier et coller. Sauf que contrairement à ce qu’ils pensent tout ne s’y trouve pas. Il est encore conseillé de faire des recherches personnelles et d’essayer de réunir des atouts plus personnels.

 

Ce n’est pas ma conception de la recherche. Alors, je vais lui raconter l’histoire du petit tramway du Valromey qui, de 1896 à 1933 desservait  nos villages entre Virieu le Grand et Ruffieu, il reliait la plaine à la moyenne montagne. Je l’ai aidé aussi à raconter avec des mots d’enfants. Elle a été effarée quand elle s’est aperçue que mon récit faisait une page 21x27, qu’elle allait être obligée de mettre en forme pour rendre à son Maître. Pour elle, trois lignes auraient suffit. Il faut dire que ma petite Adeline n’aime pas trop l’école et encore moins lire. Alors, lui demander un travail pareil, c’était vraiment un exercice au-dessus de ses habitudes.

 

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Nous y avons passé la soirée et nous y sommes arrivés. Quand elle a eu terminé, je lui ai demandé de fermer son cahier et de me raconter l’histoire comme elle l’avait comprise, puisqu’elle était censée la raconter à haute voie dans la classe. Je voulais m’assurer qu’elle avait tout compris surtout quand j’avais insisté sur les distances et les temps mis à cette époque pour relier un point à un autre, alors que maintenant par la route nous ne mettons qu’environ vingt minutes.

 

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Voici ce petit train passant devant la maison.

J’espère, que l’exercice qui a meublé plusieurs heures de notre soirée, sera considérée comme « une histoire d’avant ». J’ai insisté pour qu’elle n’oublie pas de dire, que nous n’étions pas de la région ; mais que s’il voulait que sa grand-mère lui raconte des histoires et des anecdotes, elle se ferait un plaisir de lui raconter celles qu’elle avait vécues en Picardie pendant son enfance.

 Avrechy Un mariage villageois vers 1900

 

Ouf ! Novembre est terminé. Place aux préparations de Noël et aux histoires anciennes sur le sujet, ainsi que les coutumes des différentes régions françaises. Là aussi, je possède plusieurs livres  à cet effet. Je vais me faire une joie de transmettre à Adeline ce que je sais.   

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01 juillet 2016

Souvenirs, souvenirs......

L'enfance est un sujet inépuisable pour moi. En fermant mes yeux, je me revois chez mes grands parents et je me remémore les plus merveilleux moments. Pourtant j'ai eu une enfance compliquée, mais, justement ces instants là, me sont encore plus précieux.

Au fond du jardin, il y avait un étang. En Picardie, après les marres à canards,

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les trous d'eau, s'appellent : des étangs. Ils sont plus ou moins grands. Ici, dans les prés-alpes, nous les appelons pompeusement des lacs. Et croyez-moi, il y en a partout ; même dans les endroits que l'on ne soupçonne  pas.

Mais revenons à mon étang. Le nôtre, était d'une superficie moyenne. Petit mari, aurait aimé le parcourir avec son canoë, il  en aurait fait très vite le tour. La barque qui s'y trouvait amarrée, servait à grand-père pour aller taquiner le goujon, certains après-midis d'été.

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Au bord de l'eau, il y avait une jolie petite construction aux vitres entourées de fer forgé, comme l'atelier de mon grand-père. Maintenant, à notre époque ces baies vitrées, servent de séparation entre une cuisine et un séjour et  donnent leur plus bel effet. Là, au fond du jardin, cette petite maison, servait de havre de paix, pour ceux et celles qui voulaient lire ou se reposer au bord de l'eau et à l'abri du vent.

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L'intérieur était assez rustique, mais il y avait une table que nous sortions pour nos pique niques, un buffet ancien et des fauteuils 1900 en rotin. Dans un coin plusieurs étagères, sur lesquels s'allignaient des livres pour enfants, des manuels de jardinage et d'appiculture, car Grand-père a eu sa période "abeilles", il faisait chaque année son miel. Et les petites travailleuses avaient leurs maisons à l'entrée du jardin.

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D'abord, j'ai aimé y venir jouer à la poupée et à la dînette, pendant que ma grand-mère jardinait tout en ayant un oeil sur moi. Un peu plus grande, j'ai installé une chaise longue et je venais  lire tranquillement dans ce petit coin de paradis. C'est là, que j'ai dévoré toute la littérature de la Comtesse de Ségur.

Mes grands-parents recevaient beaucoup l'été, famille et amis se succédaient. Quand le temps le permettait, nous allions pique niquer là bas. Ces jours là, grand-mère préparait la veille un repas froid. Ver 11h30, nous mettions tout dans la carriole (celle qui servait à aller ramasser du bois mort dans les bois environnants.) Il ne fallait rien oublier, car elle n'aimait pas avoir à faire des pas pour rien. De vrais festins.   Au dessert pépère poussait la chansonnette ou nous jouait de la mandoline.  Son air préféré , une chanson de Berthe Silva : "Du gris que l'on prend dans ses doigts." A chaque fois que j'entends cette chanson, je ne peux m'empécher de penser à lui. Des dimanches enchanteurs que ne connaîtront jamais les enfants de maintenant.

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Quand j'étais adolescente, c'est là, que je me réfugiais pour écrire mon journal intime, que je  cachais sous une latte du plancher. Premiers émois, premiers flirts, premiers sentiments. J'avais 16 ans, mon Dieu comme c'est loin et encore tellement présent ; j'ai toujours été une grande sentimentale et une grande romantique. J'avais baptisé mon refuge : "Refuge de la Marquise", en souvenir de la jolie maison de ma grande tante "La Duchesse", dont je vous ai déjà parlée.

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Les années ont passé et je m'en suis allée. Après le décès de ma grand-mère, j'ai vendu la maison. Pourtant elle comptait beaucoup pour moi. Mais mon mari, a  trouvé qu'il y avait trop de frais pour la rendre confortable et plus aux normes des années 1980. Dans cette petite ville, il ne me reste  que "notre résidence secondaire", comme disaient mes grands-parents, et elle se trouve au cimetière.   Je n'y vais plus très souvent. Mais un jour, je me suis payée de culot et j'ai sonné à la porte des propriétaires actuels. Ils m'ont reçu gentiment et m'ont fait découvrir avec fierté leur dernière rénovation au fond du jardin.

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Je suis restée ébahie en retrouvant mon refuge.

Le refuge de la Marquise, est maintenant un joli studio dans lequel on y a mis toutes les commodités : kitchenette, WC, douche et lavabo. Le restant de la pièce est décorée avec beaucoup de goût, des sofas et des fauteuils donnent à cet endroit un aspect encore plus chaleureux. Pas de télévision ni d'ordinateur. Les bords de l'étang et le jardin sont joliment aménagés. Une suspension en fer forgé retrouvée dans l'atelier est scellée dans le mur avec une jolie pancarte  : "Le Refuge de la Marquise."

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En quittant l'endroit de mes jeunes années, j'étais très émue et contente de voir que d'autres personnes ont continué à l'embélir, tout en faisant un clin d'oeil au ferronnier d'art qu'était mon grand-père. Ne dit-on pas : "que nous sommes sur terre, simplement des dépositaires de nos biens" ?

 

Les aquarelles ont été relevées sur le Net

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08 avril 2016

L'hospitalité et les secrets de famille

Je vais vous parler cette semaine du sens de l’accueil de mes grands-parents dont j’ai très certainement hérité. Toute leur vie, j’ai vu prendre place à notre table familiale des amis dans le besoin.  Parfois cela allait même plus loin, comme l’histoire que je vais vous raconter. Ma grand-mère disait toujours, quand il y  a à manger pour deux, il y en a pour trois.

 

Marcelle 1916 2

 

Dans les années 1900, tous les enfants d’un village ou d’une petite ville jouaient ensemble dans la rue ; tout le monde se connaissait.

Rue de Montdidier à St

Mon grand-père avait partagé toute son enfance avec la famille du cordonnier qui habitait à côté de chez lui. Une fratrie de 7 filles. Souvent elles venaient manger chez ses parents, certaines étaient amies avec ses sœurs. Parmi elles, deux sont restées présentes dans sa vie : Henriette et Emilienne et elles sont devenues les amies de ma grand-mère.

 

Emilienne Marville amie d'Adrien et Marcelle 2

 

Quand grand-père est revenu de la guerre de 1914, Henriette s’était mariée et elle avait une jolie petite fille « Paulette » qui est vite devenue par la suite amie avec, ma maman. Toutes deux avaient cinq ans d’écart ; bien vite l’une est devenue  la grande sœur de l’autre.

Renée 12 ans

Un jour Henriette se retrouva seule avec Paulette, son mari les avait  abandonnées en les laissant dans la misère. Ses maigres revenus de couturière  ne suffisaient plus pour manger tous les jours, elle a donc demandé de l’aide à ses sœurs, aucune ne lui a tendu la main. Heureusement chez Marcelle et Adrien il y avait toujours une place à table. Les années se sont écoulées et en 1933, Henriette a attrapé la tuberculose, et s’est retrouvée à l’hôpital de la ville voisine. Cet hôpital était tenu par les religieuses de St. Thomas de Villeneuve, elles ont  accepté de prendre dans leur communauté Paulette en attendant que sa maman guérisse, ce qui permettait à la mère et à la fille de ne pas se séparer.

clermont 

Malheureusement, Henriette ne s’en sortira pas. Quand elle a réalisé qu’elle allait mourir elle s’est tournée vers ma grand-mère et lui a fait promettre de s’occuper de sa fille et de finir de l’élever comme la sienne. C’est quelques jours avant Noël 1934  qu’Elle partira tranquille en sachant que son amie s’occupera de son bien le plus précieux. Sauf que l’avenir allait être tout à fait différent de celui auquel elle aurait pu penser.

 

Adrien et Marcelle vers 1920 2

 

Pendant son séjour forcé chez les religieuses, Paulette s’est découverte la vocation religieuse et rien n’y a fait pour la faire changer d’idée ; pourtant les vacances suivantes ma grand-mère a décidé qu’elle partirait avec sa marraine et ma maman en vacances dans le Jura à Arinthod, en espérant la distraire et lui  faire oublier ses "drôles d’idées", mais rien n’y a fait,  en rentrant de vacances, elle a demandé à rentrer à la maison mère de la Congrégation pour y faire son noviciat.

 

Paulette Lecomte Marville 1946 prenant le voile 2

 Mes grands-parents se sont inclinés et l’ont aidée dans sa nouvelle démarche, ils sont restés présents dans sa vie et l’ont accompagnée sur le chemin qu’elle s’était choisie. Jusqu’au décès de mes grands-parents elle les appellera « Petit Père et Petite Mère.

 

Le départ de Paulette en Amérique 2

 Son destin n’a pas été le même que celui de maman, différent et enrichissant aussi. Puisque après quelques années de noviciat à Sanvic au Bon pasteur  elle est partie une quinzaine d’années aux Etats Unis dans un séminaire que les religieuses avait dans le Connecticut. A partir des années 1948, une longue correspondance s’est échangée avec mes grands-parents ; à chaque fête religieuse et évènements familiaux. Je me souviens des belles cartes articulées avec de jolis motifs religieux ou pas, des cartes que nous n’avions pas en France à l’époque. C’est à Elle que je dois mes premières colonies de vacances à partir des années 1950 dans le château de St. Jouin en Normandie. Quand maman a décidé de me mettre en pension, c’est encore vers Elle que la famille s’est tournée pour que j’intègre l’internat de St. Germain en Laye et ensuite celui de Bry sur Marne. Pendant ses années américaines, elle n’est revenue qu’une seule fois en 1958 dans sa famille. Elle rentrera définitivement en France dans les années 1960.

 

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 Son influence a continué, elle viendra chaque année quelques jours en vacances à la maison. Quand ma grand-mère s’est retrouvée seule, elle la fait entrer dans la maison de retraite où elle exerçait. Ma grand-mère aura une fin de vie tellement différente de sa propre vie en province. Il faut savoir que cette maison de retraite se trouve dans l’annexe du Château de madame Adélaïde à Neuilly sur Seine, un endroit magnifique, que je connais bien et où je suis souvent allée, puisque c’est la maison mère des Religieuses de St. Thomas de Villeneuve.

 

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Petite anecdote dont je me souviens. Quand elle est arrivée là bas, Elle a demandé à ma maman de lui acheter une belle canne et un joli chapeau, car quand elle sortait dans Neuilly et qu’elle allait s’asseoir sur un banc du boulevard du Château ou d’Argenson elle parlait avec des dames « biens » comme elle disait et il fallait qu’elle soit à la hauteur.

 

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Malheureusement après le décès de maman et de ma grand-mère, quand Paulette a commencé à vieillir, les religieuses  l’ont transférée dans une de leur maison en Bretagne et je n’ai pas pu aller la voir. Cette période était celle de ma période noire. Elle est décédée en janvier 1995 et les religieuses ne m’ont même pas prévenue, je l’ai appris par le courrier du jour de l’an qui m’est revenu. J’avoue avoir été très peinée, car nous étions sa famille pendant tellement d’années. Je savais qu’elle avait renoué avec ses tantes, mais cela ne l’empêchait pas de toujours nous considérer comme sa famille aussi.

 

1958 au Péreu2

 Les moyens modernes actuels m’ont réservé la semaine dernière une sacrée surprise. Comme je vous l’ai dit je me suis remise à la généalogie et en fouillant sur un site auquel je suis abonnée je suis tombée nez à nez (c’est le cas de le dire) avec une photo de Paulette en religieuse, sur un arbre généalogique que je consultais et qui s’est avéré être l’arbre d’une de ses petites cousines.

1958 au Péreu

Je me suis empressée de la contacter, nous avons parlé au téléphone et elle m’a raconté justement sa fin de vie en Bretagne. Et cerise sur le gâteau j’ai appris également qu’elle aussi avait fait ses études chez les mêmes religieuses que moi au même endroit que moi, où elle était externe quand j’étais interne et surtout  en même temps.

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Alors pour ma conclusion, je dirai que Sœur Ernestine « alias » Paulette, celle que j’ai toujours considérée comme ma tante et que j’aimais beaucoup,  était une bonne VRP pour sa Congrégation Religieuse, car en plus de la cousine et moi qui étions au même endroit sans le savoir. Mes séjours à la colonie de vacances que j’ai fréquentée à la fin des années 1940. Ensuite, ma grand-mère et celle de la petite cousine, qui ont rejoint la même maison de retraite aux mêmes années. Ça aurait valu une promotion !

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Et tout ça sans le dire aux unes et aux autres. Ma grand-mère à l’époque aurait certainement été contente de savoir que parmi les autres colocataires de la maison de retraite il y en avait une qui avait partagé l’enfance de son mari et dont-elle aurait pu par la force des choses se sentir plus proche !! Bon, je pense que ma tante avait peur que certains griefs ressortent et mettre le désordre dans la communauté.

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 Mais il est vrai, chez nous les Secrets de famille ont toujours été bien gardés.

 

Si vous êtes autant passionnés que moi pour la généalogie et l'Histoire des familles, je vous invite tous les lundis sur mon autre blog consacré uniquement à ma passion :

Manouedith 3

 

 

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11 mars 2016

Les trésors enfouis

 

Quand j’étais enfant. Certains dimanches d’hiver, ma grand-mère descendait la grande boîte en carton de La Belle Jardinière, célèbre magasin parisien du début du XXème siècle. Dans cette boîte, elle y rangeait toutes les vieilles photos ayant appartenu à différentes personnes de la famille. Elle avait aussi récupérées celles de ses parents et de ses grands-parents.

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Une vraie mine de souvenirs, inlassablement elle me présentait toutes les personnes qui avaient traversé sa vie et qui pour certaines s’étaient envolées depuis longtemps. Seulement, au dos elle n’inscrivait pas les noms, dommage ! Néanmoins comme elle ressortait souvent sa grande boîte, ma mémoire enfantine inscrivait dans un coin de mon cerveau le nom de l’inconnu et sa parenté avec moi. J’aimais ces journées de  retrouvailles familiales, si l’on peut dire.

Louise Morel Fernande Pascaut Marcelle Bourcy

par exemple la personne âgée au milieu, c'était sa grand-mère Louise Bourcy-Morel (1842/1932)

Etant fille unique comme je vous l’ai déjà dit, maman aussi  étant partie avant ma grand-mère ; c’est moi, qui ait hérité de tous ces trésors d’un autre temps. Très sensibilisé depuis toujours par l’histoire de notre famille, j’ai conservé ces veilles photos et depuis, j’ai mis au dos les noms que je me souvenais.

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Je suis très conservatrice, ça aussi je vous l’ai déjà dit.  Chez moi, tout est rangé consciencieusement, pas de photos qui traînent dans les tiroirs. Toutes sont regroupées dans des albums de l’époque. A mon grand désespoir, ces albums aux supports collants sont très mauvais pour la conservation dans le temps ; il est souvent impossible d’y retirer une photo sans l’endommager. Le tout est rangé dans l’armoire de la chambre reconstituée de mes grands-parents, elles sont donc en terrain de connaissance.

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Cet hiver, j’ai repris la généalogie ! Soit, avec un autre esprit. Mais avec le souci d’agrémenter l’histoire de  mes ancêtres avec les photos et les cartes anciennes que je possède. Inutile de vous dire que le scanner fonctionne beaucoup en ce moment à la maison, doublé par Picasa pour rendre leur éclat aux photos jaunies par le temps.

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Les cartes postales, sont toutes dans des albums à pochettes plastiques, donc absolument pas endommagées. Dans une vingtaine d’albums se trouvent presque la France entière ; un vrai trésor de brocante. J’ai mis à jour mon logiciel « Généatique », j’ai repris un abonnement « premium » à Généanet   et avec joie, j’ai découvert les nouvelles fonctions bien améliorées par rapport à mes versions 2009.

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Parmi ces nouvelles fonctions, une qui me plaît beaucoup. Le partage des actes, des cartes, des blasons et des documents avec ceux qui passent par là. J’ai donc décidé de faire profiter un maximum les internautes qui font des recherches ; car je doute que mes enfants après moi aient le même don de conservation de leurs ancêtres.

 

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 Trop plongés dans le monde actuel, ils sont bien loin de la conservation des patrimoines familiaux. Pourtant, ces racines, ce sont celles qui font le monde d’aujourd’hui. Je ne voudrais pas que mon travail généalogique de toute une vie se retrouve après moi sur les brocantes. J’envisage donc, s’il n’intéresse pas mes proches, d’en faire dons aux archives d’associations généalogiques. Je reste convaincue que c’est un patrimoine qui doit se conserver.

 

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 La boite qui a remplacé celle de la Belle Jardinière

Trop de photos, de documents, d’actes notariés et même de registres paroissiaux se trouvent sur les brocantes partout en France. A chaque fois que je vois des cartons de  photos d’inconnus sur un étalage, cela me fait mal.  Quelque part, c’est un manque de respect de la part des familles qui s’en séparent parce qu’ils ne savent pas quoi en faire. En cherchant bien on peut trouver des organismes d’histoire, de généalogie, de conservation de photographies anciennes qui commencent à récolter ces biens précieux. Donc, si un jour vous débarrassez une maison familiale avec de tels trésors essayez de trouver une autre issue que les brocantes ou la poubelle.

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Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote vécue dernièrement. Dans ma famille, on m’a toujours connue comme celle qui s’intéressait à la mémoire familiale et à l’histoire en général.

 

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 En l’An 2000, quand le cousin germain de maman est décédé, n’ayant pas de descendance et comme il aimait les mêmes choses que moi, sa compagne m’a donné toutes ses photos familiales et papiers qui pouvaient m’intéresser, même ses vieux appareils photos, lui aussi était un mordu de photographie, il a été un des premiers à faire des diapositives. Je les ai rangées soigneusement sur une étagère de mon armoire et je les ai laissé dormir jusqu’à ce mois-ci.  J’ai décidé d’y jeter un œil et de les répertorier avec les autres.

 paul bernard

 

 Là, qu’elle a été ma surprise d’y découvrir certaines photos qui m’étaient inconnues et pourtant elles me touchaient de très près, puisqu’elles concernaient mon père biologique, ainsi j’ai découvert les pieux mensonges que l’on m’avait racontés sur ma filiation et une autre version du secret de famille qui n’en était plus un, mais largement édulcoré. Eh bien ! Je peux vous assurer que, passée 70 ans, cela fait tout drôle. Ne mentez jamais, même par omission, la preuve, tout se sait un jour ou l’autre et ça peu faire mal.

 

marcel, edith, paul

 

 Merci Paul.

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04 mars 2016

Les Jardins de Verderonne au temps de Henri Cassoly

Ici, je vous ai déjà montré de beaux jardins. Je les aime autant que les châteaux. Dès que les beaux jours sont là, je me mets en chasse et je n'ai pas peur de parcourir des kilomètres, pour m'émerveiller devant de jolis endroits. Il y a des saisons plus propice que d'autres. Le printemps est la meilleure.

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Dans une autre de mes vies, quand j'habitais en Picardie ; près de chez moi il y avait un village "Verderonne", célèbre dans la région parce que Juliette Gréco y habitait. Mais pour moi, ce n'était pas Juliette qui m'intéressait. C'était plutôt les "communs" du château, comme on appelait à cette époque toutes les dépendances de châteaux. Justement dans  ce petit village, il y avait un château aux allures bien tristes.

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Dominique Webb, y habitait, il avait l'ambition d'y créer son "château magique", il  donnait quelques spectacles dans le parc. Il paraîtrait qu'il avait trouvé dans les archives un vieux jeu de tarot du XVIIème siècle. Pendant longtemps, on pouvait voir de drôles d'engins accrochés dans les arbres. On le voyait souvent passer dans les villages voisins au volant d'une vieille voiture américaine qui ne passait pas inaperçu, en revanche les années où il a habité ce château ne sont pas restées mémorables. 

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Mais bien avant lui, plusieurs propriétaires se sont succédés. C'est en 1725 que le nouveau château se termine, c'est un descendant du propriétaire de l'ancien château Claude de l'Aubespine, qui a obtenu le marquisat de ses terres de Verderonne pour avoir été fidèle au roi pendant la Fronde.  Son descendant, le marquis Etienne Louis de Beaumont et de Verderonne porta ce château au sommet de son apogée en 1733. 

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Après lui, le château passe dans les mains du Comte d'Andlau et cette famille s'en sépare qu'en 1884. Le nouveau propriétaire banquier parisien l'achète et garde la totalité sans séparer : La baptiste par elle même de ses nombreux communs du XVIIème siècle : anciennes écuries, grange dans laquelle est caché un ravissant théâtre aux machineries du XVIIIème siècle, un colombier octogonale, une laiterie, un pédiluve pour les chevaux, des chenils et des serres hollandaises.

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Malheureusement bien vite tout ce domaine tombe en décrépitude, c'est à la fin des années 1960, qu'il connaîtra le plus bas de sa déchéance. Les communs furent vendus en plusieurs lots. En 1978, un Ophtalmologiste de l'hôpital de Creil, Henri Cassoly passionné de jardins et amoureux de la nature achète : La tour, la laiterie, le pédiluve, les serres hollandaises. Pendant des années il rénove l'ensemble ouvre ses portes aux amoureux de la nature et commence à organiser des expositions et des soirées culturelles dans le théâtre avec son ami Serge Bourguignon.

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Dès les années 1985, j'ai assisté régulièrement à des concerts et des pièces de théâtre dans ce jardin  classé jardin remarquable. J'y ai pris mes habitudes, souvent à la saison des roses, et des iris, l'après-midi j'allais me reposer et lire au bord de l'étang, pour un droit d'entrée modique, je passais de délicieux moments au calme et baigné par la beauté, bien loin de mes soucis de cette époque. Parfois, le propriétaire qui était toujours dans un de ses parterres, venait m'offrir une boisson et bavarder avec moi. Le plus beau de mes souvenirs, c'est quand il a organisé une exposition de fuchsias dan le colombier, dommage à cette époque je n'ai pas pu prendre de photos, mes pellicules n'étaient pas assez sensibles pour couvrir cet endroit très sombre.

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Monsieur Cassoly, nous a quitté. mais en fouillant sur Internet, j'ai pu voir, que les nouveaux propriétaires avaient réuni tout l'ensemble en créant le Domaine du château de Verderonne et qu'ils ont encore plein de projets pour le rendre encore plus beau. Ils ont 4 jolies chambres d'hôtes dont une suite dans les écuries et reçoivent séminaires et mariages dans leur belle propriété. Faire des photos d'un jour inoubliable dans les serres hollandaises et y recevoir ses amis doivent être des moments privilégiés. 

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Pour partager avec vous ce bel endroit, je vous ai concocté un beau diaporama, mettez le en grand et vous y serez presque..

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Saviez-vous, que la Picardie possède de nombreux jardins remarquables ? Allez les voir dès le mois de mai.

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19 février 2016

La Duchesse

 

Il y a dans la vie des gens ou des choses qui nous marquent à tout jamais. Je suis pourtant dans la dernière partie de ma vie et jamais cette maison ne s’est estompée de ma mémoire, au contraire elle s’y est inscrite comme un rêve, jamais exaucé. C’était celle de ma grande tante Aurélie et de son mari Georges. Un couple dont je vous parlerai un jour au destin particulier et différent de ceux de notre famille.

 Elle est située dans les faubourgs d'une belle ville impériale, tout près d'un haras. Avec un nom peu commun « La Duchesse », construite très certainement au milieu du XIXème siècle pour le grand-père de Georges, une famille de banquiers de père en fils.

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elle ressemblait beaucoup à celle-ci.

La première fois que je l’ai visitée, je devais avoir 12 ans. Je me souviens encore que je me suis dit, elle est drôlement belle, quand je serai grande, j’aimerai en avoir une comme celle-ci. Aurélie et Georges, en rentrant d’Indochine en 1954, l’ont complètement remaniée et dotée du confort du XXème siècle et même plus

 

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Georges en 1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans chaque chambre, il y en avait 5, ils ont fait installer une douche et un lavabo ainsi qu’une grande salle de bains dans la leur. Pour moi qui me lavais dans la cuisine à l’époque, c’était vraiment le luxe incarné et le rêve. Leur chambre avait des allures de boudoir ; tapissée d’un joli rose moiré, pas de voilages à la fenêtre pour ne pas empêcher la nature de rentrer, comme ma grande tante disait. Mais en revanche des doubles rideaux étaient assortis  au dessus de lit  en toile de Jouy d’un rose plus soutenu (c’est à partir de là, que j‘ai découvert et aimé la toile de Jouy et je n’ai jamais changé, ma chambre actuelle en est pourvue).

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le sujet du tissu était exactement celui-ci.

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Notre chambre, il n'y avait pas de voilage jusqu'à dernièrement, pas pour laisser rentrer la nature puisque nous sommes sur la rue, mais parce que bébé Igor grimpait aux rideaux. 

 

Deux fauteuils de type confortable  habillés du même ton et pour moi la petite jeune fille coquette, je restais en admiration devant  la coiffeuse aux triples glaces, sur laquelle trônait des flacons de verre très jolis, desquels  s’échappaient d’agréables parfums. Au-dessus du lit, une peinture asiatique, représentant de dos une femme allongée sur un lit, habillée de son  Ao Daï blanc, elle semblait admirer le jardin par une fenêtre ouverte. Adossée au mur de la salle de bains, une armoire asiatique incrustée de laque.

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 Parmi les 5 chambres, il y en avait une dont la décoration n’avait pas beaucoup changée depuis la construction de la maison, mis à part les commodités d’une petite salle d’eau installée derrière un paravent chinois, un lavabo des années 1930 qui semblait être là depuis longtemps et dans le placard à côté une douche récemment installée). C’était la chambre des premiers propriétaires qui avait fait construire la maison, les murs étaient recouverts d’un papier fané, parsemé de bouquets de fleurs bleues, des meubles d’un autre temps et devant la fenêtre, une méridienne tout aussi fatiguée. J’étais surprise de voir cette pièce dans son jus qui faisait un drôle de contraste avec les autres pièces de la maison si élégamment agencée. Aurélie m’expliqua, que c’était celle où était né le père de Georges et lui même était né aussi dans cette pièce et que de son vivant, jamais elle ne changerait.

 

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Deux  autres chambres avaient été refaites pour mes cousines et la troisième aménagée en chambre d’amis, avec un lit à baldaquin immense, le tout en grande partie, meublé de meubles en bois exotiques rapportés de Saïgon. Toutes les chambres donnaient sur une galerie aménagée de fauteuils, de 2 petites tables juponnées, sur chacune d’elle trônait une lampe à l’abat jour assorti à la couleur des fauteuils. Dans un coin une table de jeux entourés de deux chaises capitonnées. Près de cette table, une porte était dissimulée dans le mur et donnait vers l’étage supérieur où se trouvait un grenier rempli de trésors. 

 

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On redescendait un large escalier et on arrivait dans un grand hall d’entrée très éclairé par la porte vitrée habillée de fer forgé, que mon grand-père avait faite dans les années 1930 et qui desservait une belle salle à manger aux meubles anciens, en face on trouvait un salon d’une grande superficie avec des boiseries aux couleurs miel qui recouvraient les murs avec 4 belles portes fenêtres donnant sur un parc arboré. Dans un coin de cette pièce, un grand piano, demi queue qui avait servi à la maman de Georges au début du vingtième siècle. Encore un meuble dont il n’était pas pensable de se séparer. Deux autres pièces, une, servant de bureau et l’autre de bibliothèque aménagée de grandes vitrines dans lesquelles on pouvait trouver tous les livres de la famille et beaucoup d’objets asiatiques. Une cuisine assez spacieuse et réaménagée entièrement aux goûts et au confort du XXème siècle, une arrière cuisine où se trouvait la machine à laver dernier cri, ce qui ne se trouvait pas encore dans tous les intérieurs à cette époque. Le mur du fond à gauche était habillé de placards jusqu’au plafond ; on y trouvait également tout le nécessaire pour repasser.

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Sur le côté de la maison donnant dans le hall,  un jardin d’hiver entièrement vitré de petits carreaux de toutes les couleurs. Dans lequel se trouvait un salon en rotin très « belle époque » tout autour de la pièces de jolies plantes digne d’une serre. Cette véranda comme on l’appellerait de nos jours avait été juxtaposée à la maison dans les années 1900.  Aurélie depuis son retour  l’avait aménagée avec beaucoup de goût, c’était la première fois que je voyais ce genre de pièce dans une maison. 

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En dessous de l’escalier du hall il y avait les toilettes et une porte qui descendait à la cave et à d’autres pièces dans lesquelles, personne n’allait, beaucoup de vieilles choses y était entreposées depuis des lustres. Cette jolie maison est entourée d’un parc d’environ 2000 m² entretenu par un jardinier ainsi qu’une dépendance aménagée de deux garages et d’une pièce pour ranger  tondeuse, et outils de jardin ainsi qu'un grenier au-dessus avec deux lucarnes.

 

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De nos jours, cette maison est encore habitée par ma petite cousine Françoise, son mari et son amie vietnamienne « Dung » arrivée en France avec eux en 1954. Nous ne nous fréquentons plus du tout, hormis quelques vœux de circonstances chaque année au 1er janvier. Ma petite cousine a eu un destin beaucoup plus agréable et surtout moins mouvementé que le mien ainsi qu’une enfance dorée, un jour, elle a décrété que nous n’étions pas du même monde et nos relations se sont estompées.

 

chinoiserie

 

Alors voyez-vous, cette maison m’a beaucoup marquée, toute ma vie ne pouvant avoir la même, je me suis inspirée de beaucoup de ses particularités, je pense que le bon goût et l’amour des belles chose, je les dois à ma grande tante Aurélie, qui toute sa vie a été une femme différente et très cultivée  et comme disait mon grand-père : « ma petite sœur a toujours été une privilégié ! ».

 

 

certaines photos ont été prises sur internet

 

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13 novembre 2015

La dynastie

 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une dynastie provinciale. Bien souvent on pense qu’à notre époque il n'y en a plus, ou chez les riches. Moi, j’en connais une, qui depuis 100 ans s’évertue à exister  avec l’esprit de « clan » même profession de père en fils et filles et surtout même lieu d’habitation. A l'évocation du mot dynastie, on pense tout de suite à celles des feuilletons américains.

 

les dynasties

 

  

Il y a quelque temps,, je faisais la queue aux caisses dans une grande surface. Je n’avais pas fait attention aux personnes qui attendaient derrière moi. J’entends une voie dire : ah ! c’est Edith. Je me retourne, Je remarque une dame élégante accompagnée d’un jeune homme,  ils me semblent tous les deux inconnus, je me retourne et je lui dis : « on se connaît ». Mais oui, tu ne te souviens pas de moi ?, je suis Marie-France, la fille de Maître B... Ben non  ! je ne l’avais pas reconnue. Il faut dire que la dernière fois que nous nous étions vues nous avions 18 ans. Moi, je venais de quitter la pension et Elle, commençait ses études pour devenir notaire. C’est la seconde fois qu’une personne me reconnaît dans un super marché. Alors, dites-moi vraiment je n’ai pas  changé ? j’avoue que je m’interroge.

Edith de 2 a 72

En l’espace de quelques secondes, je me suis retrouvée dans mon enfance. L’étude de son père et de son grand-père et même de son arrière grand-père m’est revenue à la mémoire. Cette étude était celle de mes grands-parents, de mes arrières grands-parents et a été la mienne pendant longtemps. J’ai même travaillé ponctuellement pour eux quand je faisais des recherches généalogiques. Enfant, nous nous sommes côtoyées car mon grand-père ferronnier d’art, travaillait souvent  pour sa famille. Dans les années 1950, la mode était revenue au fer forgé. Il nous arrivait donc d’aller l’une chez l’autre. Ensuite, nous nous sommes perdues de vue car nos chemins se sont séparés. Nos vies n’étaient pas les mêmes. Mon avenir n’était pas tracé, mais le sien l’était.

notaire

 Quelques semaines après cette rencontre, nous sommes allés déjeuner chez elle lors d’une virée dans le Nord. Et là, pas de grandes surprises, tout semblait être resté à la même place. La propriété avait été construite dans les années 1920 par son aïeul. La maison familiale trônait au milieu d’un immense parc et l’entrée n’était pas la même que celle de l'étude.  Celle-ci,   se faisait par une rue différente,  à l’autre bout du parc, une autre rue donnait sur l’autre entrée. Mon grand-père disait toujours, Maître B. a su marier l’utile et l’agréable », deux maisons bourgeoises bien distinctes et bien séparées l’une de l’autre, mais aux mêmes aspect. Je ne suis pas souvent rentrée par l’entrée principale. Enfant, je me souviens, quand nous allions dans cette petite ville de province, nous aimions aller nous promener dans ce quartier, car il était celui « aux belles maisons » en un mot celui des notables de la ville. Toutes les maisons environnantes avaient autant d’allure que celle de Marie-France.

dynastie 4

 

Quand j’étais adolescente, le rez-de-chaussée était habité par ses grands-parents et son arrière grand-père, les deux premiers notaires de la famille. Marie-France et son petit frère Henri, occupaient le premier étage avec leurs parents. Elle ressemblait à celle-ci que j'ai prise sur Internet.

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l'entrée de l'étude ressemblait à celle-ci.

 

Elle m’a raconté, quand elle est, elle-même devenue Notaire, ses parents lui ont fait aménager l’appartement au-dessus de l’Etude. Elle s’est mariée avec le premier clerc de son père et ils n’eurent qu’une seule fille qui a embrassé la même profession et ils ont habités dans cet appartement jusqu’au décès des grands-parents. Et la hiérarchie a continué dans la grande maison. L’appartement de l’Etude est resté inoccupé pendant plusieurs années, jusqu’à ce que son frère se marie, mais très vite, il a fait construire une grande maison dans un autre endroit du parc, car très vite sa famille s’est agrandie.

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Les époux et épouses souvent venant de la même profession se sont associés.

Les affaires de cette étude provinciale ont beaucoup progressées. Au fil des années,  ils ont racheté d’autres études des environs et se sont partagés le travail, mais ils ont toujours vécus groupés dans la maison familiale et ses annexes. En 2014,  La relève est assurée. Sa petite fille « Caroline » vient de terminer son notariat et deux de ses neveux Vincent et Charles sont sur le même chemin. Jusqu’à présent tout le monde a réussi à continuer à habiter dans le même environnement. Caroline vient d'emménager dans un studio, toujours sur la propriété.

 

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J’avoue que son histoire m’a laissé dubitative. C’est presque parfait, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander  comment se déroulait cette cohabitation depuis sa création ?  D’après Elle, pas plus mal qu’ailleurs. Personne ne se marche sur les pieds, la propriété est assez grande pour que chacun puisse avoir son intimité. Deux règles imposées par l’arrière grand-père et qui ne semblent n’avoir jamais été transgressées ou très occasionnellement :

  1) Une fois que l’Etude est fermée, personne ne doit parler de travail à la maison, ni dans les réunions familiales. Cette règle a toujours été préservée et tenue, c’est arrivé qu’il y ait eu une ou deux fois un dérapage mais très vite la conversation  a pris fin et s’est continuée ailleurs que sous le toit familial.  

 

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2) Au travail personne ne doit faire ressentir qu’il est de la même famille et doit faire son travail comme s’il travaillait ailleurs. Et surtout pas de passe droit. Pour la petite anecdote, il parait qu’à chaque fois qu’un jeune rentre dans le système, il essaie d’enfreindre les règles mais bien vite il a compris les règles ancestrales de la maison. Régulièrement il y a des réunions qui déterminent qui fait quoi et le partage des affaires est respecté. Quand l’un à un problème particulier il en parle aux autres pendant ces réunions et tout le monde essaie de l’aider.

 

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Chapeau tout ça parait idyllique et cela donne l’envie  d’un bonheur familial comme celui là. C’est le rêve quand même et le plus beau dans l’histoire c’est que les conjoints sont bien rentrés dans le moule. 

Marie-France me disait aussi qu'en dehors du bureau, tout le monde fait ce qu’il veut et ils se reçoivent comme dans toutes les familles, ils gèrent tous ensemble la propriété qui a été mise en  société civile familiale.

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Quand je suis repartie, j’ai continué à me poser des questions, mais néanmoins j’en suis restée admirative. C’est vraiment un idéal parfait ! Une dynastie, une castre, un clan cela peut encore exister au XXIème siècle la preuve que oui, mais pour combien de temps ? 

 

les photos sauf une ont été prises sur Internet.

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14 mai 2015

Charlotte de........ Mon amie de pension

 Parfois un rêve, réveille des souvenirs enfuis au plus profond de vous !

 

rêver

 

 Dernièrement, j’ai rêvé de mon amie de pension Charlotte. Le matin en me levant, j’ai décidé de faire un billet sur les vacances passées dans sa famille trois étés de suite. Il y avait longtemps que j’avais enfoui tous ces souvenirs et maintenant, ils me semblent si lointains. Après nos années d’abord à St. Germain en Laye, ensuite à Bry sur Marne, chacune de nous avons continué notre route et nos chemins se sont séparés, nos vies étaient tellement différentes. Je regrette de ne pas avoir de photos de cette époque là. Maintenant, un jeune qui part en vacances loin de chez lui, emporte soit un appareil photo ou un téléphone portable avec lequel il peut immortaliser les bons moments  de ses vacances.

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la propriété ressemblait à celle-ci 

 Charlotte de…. Etait ma confidente, ma grande amie, la sœur que je n’avais pas eue. Pendant plusieurs années nous avons tout partagé ; trois étés de suite, je suis allée passer 15 jours chez ses grands-parents avec Elle et ses deux soeurs dans un grand  relais  de chasse aux allures de château, aux portes de la Sologne.

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Elle avait une vie particulière et privilégiée par certains côtés. Elle était née, en Indochine comme on disait à cette époque. Son père était Officier Supérieur comme tous les hommes de sa famille depuis Napoléon. Elle avait passé toute son enfance à Saïgon et elle en gardait de merveilleux souvenirs qu'elle me racontait et je pense que c'est à cause d'Elle que j'ai aimé découvrir le Vietnam et l'Asie. En 1954, après Dien Bien Phu, ses parents rentrèrent en France et s’installèrent quelque temps en Sologne dans la propriété familiale jusqu’à la nouvelle affectation de son papa.

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Quand en 1955, ils repartirent vers d’autres cieux, ils décidèrent de laisser leurs filles en France afin qu’elles aient une vie plus stable et puissent suivre des études avec plus de facilité. C’est ainsi qu’ils décidèrent de mettre Charlotte chez les religieuses de St. Thomas de Villeneuve avec ses sœurs jumelles : Pauline et Louise  d’un an ses aînées. Chaque fin de semaine, elles rentraient chez leurs grands-parents à Paris où ils avaient un grand appartement Haussmannien  avenue Wagram.

avenue Wagram 

A l’époque, les religieuses de Saint Thomas de Villeneuve possédaient dans la région parisienne 2 grandes maisons bourgeoises « Chaville et St. Germain en Laye » et un château à Bry sur marne, tous transformés en pension pour jeunes filles de bonne famille. J’étais l’une des rares dont la famille n’était ni bourgeoise ni aristocratique, si j’avais atterri dans deux de ces établissements, c’était uniquement parce que ma tante était religieuse dans cette congrégation.

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En 1956, Charlotte m’invita pour la première fois à passer les vacances chez ses grands-parents. Nous étions en septembre et je devais rester 15 jours. Je me souviens la première fois que j’ai découvert cette grande propriété avec des cachettes partout, je n’en revenais pas, j’avais déjà connu le château de St. Jouin quand j’y allais en colonie de vacances, mais là, c’était la maison de quelqu’un, pas une institution religieuse.

grande propriété

Quand j’ai découvert ma chambre, là aussi j’ai été émerveillée. Elle était  le double de celle que j’avais chez mes grands-parents, il y avait deux grands lits, une jolie commode ancienne au-dessus de laquelle trônait un miroir immense ; dans un coin   une cheminée en marbre rose, et à côté un  lavabo derrière un paravent, la salle de bains commune était sur le palier. A gauche du lit, s’ouvrait une porte qui donnait sur un cagibi éclairé par un œil de bœuf, et qui faisait office de dressing comme on dirait maintenant.

cheminee-ancienne

 La veille  de mon arrivée,  les deux cousins et la cousine de Charlotte,  Phlippe 10 ans, Marie, 9 ans et le petit Bertrand 4 ans étaient arrivés pour le dernier mois de vacances. Charlotte et ses sœurs étaient déjà là, depuis le début des vacances. Chaque année, les grands-parents recevaient tout l’été leurs enfants, leurs petits enfants ainsi que leurs neveux et nièces.  A cette époque, nous reprenions tous l’école le 1er octobre, nous avions donc trois mois de vacances.

 grande famille

Quand nous rentrions dans la propriété après avoir passé la grande grille, sur la gauche il y avait une maison de gardien occupée par un couple d’une cinquantaine d’années. Jacques, faisait office d’homme à tout faire et de jardinier, Jacqueline, son épouse était la cuisinière, mais aussi la femme de ménage et à l’occasion Sylvie, leur fille de 18 ans surveillait pendant les vacances les enfants des propriétaires.

 

maison de gardien

 

 elle nous faisaient déjeuner chaque midi et chaque soir, elle donnait le bain aux plus jeunes. Elle organisait régulièrement de supers jeux de piste parfois son frère en vacances chez eux, l’aidait à poser les indices dans toute la propriété. Dans la journée, nous faisions ce que nous voulions, à sept, nous trouvions toujours quelque chose à faire. Il y avait des balançoires, des agrès, une corde lisse (j’ai jamais été bonne pour monter à la corde). Il y avait également des vélos, certains semblaient d’un autre âge, il y en avait carrément un du début du XXème siècle tout noir et haut perché,  une vraie antiquité cet objet la.

 

vélo

 

Dans une des dépendances , une salle de jeux était aménagée, avec des jeux anciens que je ne connaissais pas comme la grenouille, les jeux de palets, un baby foot et même pour les adultes un billard. A l’extérieur un terrain de tennis un peu fatigué, mais qui reprenait du service pendant tout l’été, même les amis du village venaient  s’entraîner. Souvent l’après-midi Madame de…. Que j'appelais Simone (ses petits enfants l'appelaient bonne-maman), organisait des sorties dans les bois et nous faisait découvrir un tas de choses. Nous étions en septembre, le début des mûres . C’est la première fois que je découvrais la bruyère qui formait de jolis tapis de couleurs sous les arbres et qui éclairait les sous-bois. Ce château devait être un ancien relais de chasse, car dans l’entrée, nous étions accueillis par deux têtes de sangliers. C’était la seule chose que je n’aimais   pas.

 

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 Monsieur de….. semblait  moins accessible que son épouse, il s’enfermait souvent dans la bibliothèque. Lui aussi, ancien militaire de carrière, faisait un peu peur. Quand je suis arrivée, Jacqueline nous avait fait une grande tarte aux prunes, que nous avions partagée avec les grands-parents, ils m’ont tout de suite mis à l’aise en m’indiquant et en rappelant à tous leurs petits enfants quelques petites règles élémentaires pour eux, afin que notre séjour se déroule bien.

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 Monsieur de…. Nous a dit comme ça : Vous savez mes enfants, ici il y a du personnel, ils ont beaucoup à faire dans la grande maison, il faut donc  alléger leurs tâches comme vous le pouvez, ils ne sont pas à votre disposition. Ils ne rentreront jamais dans vos chambres, c’est donc à vous d’en prendre soin, tous les jours, vous n’oublierez pas de faire votre lit, de passer l’aspirateur au milieu de la semaine et la veille de votre départ et de ne pas oublier les poussières sur les meubles. Sinon, vous ne saurez plus faire quand vous rentrerez à la pension ; c’est vrai à St Germain en Laye, comme à Bry nous étions responsable de notre lit et de notre table et nous faisions la vaisselle par table, chacune notre tour .avec la maîtresse d’internat. Et une fois par semaine le jeudi matin, nous avions chacune de nous, un ménage attribué à une partie du château. Je me souviens, une année j'étais chargée avec 6 autres filles du parquet du parloir, un salon dans lequel nous allions quand nous avions une visite ou une réception. Nous mettions une paille de fer à notre pied droit et l'on frottait toute en avançant dans le même sens, ensuite une grande, balayait la poussière (pas d'aspirateur à l'époque) et ensuite on se remettait  toutes les six à côté l'une de l'autre et avec des patins on patinait ; le meilleur moment de la séance ménage, des glissages et des fous rire. Une autre année, j'étais chargée,  de balayer le grand escalier

faire le ménage 3

  Monsieur de... a continué, en précisant, toute la semaine sauf le samedi et le dimanche, vous mangerez avec Sylvie dans la cuisine, mais avant de repartir jouer, vous devrez l’aider à débarrasser la table et à laver la vaisselle. Le samedi et le dimanche, vous déjeunerez et vous dînerez avec nous dans la salle à manger, le soir vous vous changerez et vous arriverez à table après la douche, correctement habillés pour 19h30. Chaque soir à 22 heures vous descendrez nous dire bonsoir et vous irez vous couchez sagement dans vos chambres. Quand il s’est levé, Charlotte est montée avec moi pour m’aider à défaire ma valise, je me souviens, je venais d'avoir mes 13 ans, la veille et je me suis dit : oups ! C’est  l’armé ici.

 

laver la vaisselle

  Mis à part ces quelques mises au point militaire. Je repartais toujours ravie de mon séjour. je peux dire qu’à chaque fois, j’ai passé 15 jours de rêve. Monsieur de… nous a appris à faire un herbier, il nous emmenait dans les bois environnants et il nous apprenait les plantes, la botanique était sa passion. La première année, nous sommes d'abord allés en forêt pour cueillir des feuilles et des fleurs. En rentrant à la maison, nous avons répertorié, le tout en les mettant sécher dans de gros volumes reliés de l'Illustration sans oublier de noter la page dans laquelle nous les avions mis à sécher ainsi que le nom de la plante. Et l'année suivante à l'aide de notre répertoire ou tout était noté, nous les avons collés dans un cahier.  C'est une activité que des années plus tard j'ai repris avec les enfants plusieurs fois.

 

herbier de famille

 

. Simone, Madame de… était très gentille, douce, quand elle nous parlait c’était toujours gentiment sans nous donner d’ordre. Charlotte disait toujours : ma grand-mère c’est le gant de velours de mon grand-père. Elle nous apprenait à faire des tartes avec les fruits que nous rapportions. C’est Elle qui m’a appris à faire des sablés et à me servir d’un verre pour faire les formes ainsi que d’une  bouteille pour rouler la pâte.

 

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 Chaque année, les grands-parents arrivaient pour Pâques et repartaient à la Toussaint.  Quand Charlotte et ses soeurs étaient à la pension, le gardien venait les chercher chaque samedi midi et il les ramenait chaque lundi matin.  L’hiver, tout le monde rentrait avenue de Wagram. La propriété n’avait pas de chauffage central et c’était mieux ainsi.

 

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 Entrée du Parc Monceau XVIIème arrondissement de Paris

 Quand j’ai quitté la pension à mes 18 ans, et que je suis venue habiter chez mes parents à la porte d’Asnières, les deux premières années nous nous sommes revues souvent car nous habitions pas très loin l’une de l’autre et c’est quand elle est partie étudier en Angleterre que nous avons commencé à nous perdre de vue, ensuite je me suis mariée et mes parents sont  partis habiter en banlieue. Monsieur et Madame de….  Eux aussi ont quitté le 17ème arrondissement.

 

perdue de vue

 Quelques années plus tard, quand Internet s’est développé, j’ai essayé  de retrouver mon amie Charlotte par l’intermédiaire de « Copains d’avant » et là, j’ai retrouvé une autre interne de Bry qui m’a appris qu’elle était décédée dans un accident de voiture avec l’une de ses sœurs en  1970. J’avoue, j’ai été très peinée. J’ai réalisé à ce moment là, que notre lien était définitivement coupé.  Ma vie compliquée de l’époque a pris le dessus, je n’ai plus pensé à Elle, il a fallu ce rêve pour que tout un pan de ma vie remonte à la surface et me donne l’envie d’en parler. Bizarre quand même les rêves ! Pourquoi le subconscient travaille-t-il autant la nuit et vous fait revivre des évènements enfouis au plus profond de vous-même, aussi longtemps après ?

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12 septembre 2014

Les Interrogations de la Vie

 

Une des internautes que je visite régulièrement a fait cette semaine un billet ou Elle s'interroge pour savoir si Elle est passée à côté de sa vie ? C'est souvent quand nous arrivons entre 60 et 70 ans que nous nous posons cette question. On devrait pouvoir avoir une seconde chance.

 

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Je pense que la façon dont on vit certains évènements dans son enfance est souvent liée aux choix que nous faisons par la suite. Mais là, est toute la question : Faisons-nous les bons choix, ? car inévitablement ils influent sur notre vie entière.

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Par exemple, je suis certaine que si j'avais eu une enfance différente, entourée d'amour et d'affection par une maman et un papa autre, mes choix n'auraient pas été les mêmes. Ma sensibilité n'aurait pas été pareille.

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Je l'ai déjà raconté. Dès ma naissance, j'ai été rejetée. Plusieurs fois dans mon enfance, j'ai été abandonnée, brinqueballée à droite à gauche. Ce qui a fait que toute ma vie, j'ai couru après l'amour, l'affection des autres. J'en ai fait ma priorité.  Je voulais donner et recevoir de l'amour, ce qui explique la vie compliquée que j'ai eue.

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Alors, oui en quelque sorte, je suis passée à côté de ma vie. Dès 15 ans, je voulais me marier  avoir au moins 4 enfants, ne pas travailler et  élever mes enfants en leur donnant une qualité de vie différente à la vie que je pourrais leur donner si je travaillais. (Pour celles qui liront ce billet, je précise que nous étions dans les années 1960/70).

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Je reste convaincue, que tout se joue dans notre enfance. Un foyer équilibré avec une stabilité, entourée de parents qui nous protègent. Un foyer dans lequel nous nous trouvons à l'abri tout en ayant des règles à respecter et des barrières à ne pas franchir. Tel était à cette époque mon objectif. C'est exactement ce que j'ai fait. Sauf qu'avec le recul du temps, je me suis rendu-compte que je me suis oubliée. Je suis passée à côté de beaucoup de choses. Je n'ai pas fait de grandes études, je ne me suis pas réalisée dans une vie professionnelle. Je n'ai pas tenu compte de ce que j'aurais aimé faire.

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Je ne regrette rien, mais j'avoue m'être laissée "bouffer" par les sentiments et l'amour que l'on ne m'avait pas donnés. Effectivement je suis passée à côté de ma vie. Alors si je peux donner un conseil : allez jusqu'au bout de vos rêves et donner à vos sentiments la place qu'ils doivent avoir. 

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18 avril 2014

Meubles et objets ont une histoire, sachez les faire parler.

Aujourd'hui, je vais faire parler meubles et objets qui m'entourent. Vous le savez, beaucoup d'entre eux appartenaient à différents membres de ma famille et certains font l'objet d'un souvenir particulier. C'est aussi pour cela que je les aime tant.


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J'ai environ 5 ans, à côté du jardin de mes grands parents se trouve une jolie petite maison, occupée par une vieille dame que j'appelle "Mély". Elle vit seule et ses enfants habitent une ville voisine,  ils ne viennent que le dimanche. Ils ont chargé ma grand-mère de surveiller chaque matin les volets de la maison de leur maman pour voir s'il n'y a pas eu de problèmes la nuit. Chaque matin, ma grand-mère m'envoie dire bonjour à Mély. Je frappe à sa porte, j'entre et avec le naturel et la candeur de la petite fille que je suis, je crie : "Bonjour Mély, je viens voir si tu n'es pas morte !". En souvenir de ces moments délicieux de mon enfance "Irène, sa fille" m'a offert quand je me suis mariée un service à dessert assez banal, mais tellement riche à mes yeux. A chaque fois que je regarde ces assiettes, c'est à Mély que je pense.  

 

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Vers 1930, mon grand-père fait ses factures sur cette étrange machine à écrire "Mignon", elle a toujours été sur son bureau. Dans les années 1950, c'est moi qui joue avec, c'est très amusant pour la petite fille que je suis. Elle n'a pas de clavier, on déplace manuellement un stylet sur un alphabet numérique  relié à un cylindre et l'on clique sur une touche, la lettre voulue tape sur le ruban et s'imprime sur la feuille de papier. Je suis certaine que ma vocation de secrétaire me vient de cette machine. 

 

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Une autre machine à écrire est à l'honneur dans une autre pièce de la maison.

Mes grands-parents louent quelques chambres chaque année aux saisonniers de la campagne sucrière du nord de la France. Quand le 1er janvier, les chauffeurs repartent ; en payant leur chambre, ils n'oublient pas de laisser un petit billet pour "la petite". Pas question de le dépenser. Ma grand-mère le met sur mon livret. Au fil des années ces petits billets se multiplient.  A 16 ans, je souhaite m'acheter une machine à écrire. Mon cousin Paul complète la somme et se la procure d'occasion à la secrétaire du Général de Gaule. Cette magnifique "Royal de luxe" sert depuis des années à taper toute la correspondance  du Général quand il est en déplacement. Impressionnant quand même.

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Ce fauteuil Voltaire offert à  mes grands parents en 1917 pour leur mariage, par l'oncle tapissier de Bordeaux, je ne l'ai jamais vu autrement qu'éventré et servant pour la chatte  quand elle a  ses petits. La première chose que je fais quand on me le donne avec son semblable, c'est de le faire refaire. Depuis plus de cinquante ans tous les deux ont été refaits plusieurs fois au gré de mes goûts et de mes intérieurs.

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Ma grand-mère, n'est pas coquette ; elle ne se met sur le visage qu'une crème de jour et rien d'autre, sauf qu'elle n'oublie jamais de se parfumer. Quand j'hérite de sa chambre à coucher, je trouve ce flacon à moitié rempli " Soir de Paris" de chez Bourgeois. Dans ma maison, je reconstitue sa chambre à coucher avec ses meubles et je n'oublie pas de faire, trôner sur la coiffeuse son eau de cologne préférée avec quelques objets qui lui sont personnels.

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Il est difficile de faire comprendre à nos jeunes enfants, que quand j'étais petite, la télévision et les ordinateurs n'existent pas. Il faut occuper nos soirées d'hiver autrement. Grand-père joue de la mandoline. Son beau-frère italien, lui offre celle-ci. Je ne sais pas pourquoi, il ne l'aime pas. Il préfère celle qu'il se fabrique dans de vieux bidons laissés par les allemands en 1945.

 

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Maman, habite Paris, elle vient voir mes grands-parents régulièrement, à chaque fois elle  apporte des partitions des chansons modernes de l'époque, pour que grand-père s'entraine avec sa mandoline et pour que grand-mère l'accompagne. Alors je peux vous dire, que Petit papa Noël de Tino Rossi, Étoile des Neiges, Les escaliers de la butte de Cora Vaucaire bercent mes jeunes années.

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Il y a aussi, ce vieux poste de radio à lampes, où chaque soir,  la famille assise autour de la table de la cuisine, écoute le célèbre feuilleton : "La famille Duraton". C'est certainement pour cela que j'aime toujours autant les feuilletons télévisés. 

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Dans l'atelier de ferronnerie de grand-père, il y a une comtoise. Elle appartient à son beau-père qui la reçoit à son mariage en 1894.  A la fin de sa vie quand il revient vivre chez sa fille et son gendre, celle-ci, atterrît dans l'atelier, près de la forge, tantôt à la chaleur, tantôt à l'humidité, ce qui ne lui fait pas de bien ; sa carcasse en pin s'abîme beaucoup ; néanmoins plus tard, elle orne et elle fonctionne dans mes différentes salle à manger, jusqu'au jour ou  trop abîmée, elle prend place sur le secrétaire du palier. Chaque jour, quand je sors de ma salle de bains , je lui jette un coup d'oeil et je regrette qu'elle se soit arrêter définitivement.

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Dans la chambre de mes grands-parents, il y a un coffre-fort. Souvent ma grand-mère l'ouvre devant moi, pour me faire admirer sa jolie montre en or qu'elle a reçue pour ses 20 ans et dont elle ne se sert plus depuis bien longtemps. Il y a également son collier d'ambre que j'ai toujours et que je mets encore. Dans un  coffre en bois fleuri venant de Nice,  protégés dans une pochette en cuir, trois louis d'or de l'époque de Napoléon III  précieusement conservés  pour que je les transmettre à mes enfants. Ma grand-mère m'a toujours appris qu'il fallait savoir transmettre certains objets pour qu'ils restent dans les familles et qu'ils fassent revivre ceux qui les ont possédés. 

 

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Je suis certaine que vous allez être étonnés, que toute ma vie j'ai gardé précieusement ces objets. "Il y a de tout dans nos vastes magasins !"

 

 

Alors voyez-vous à travers ces objets, je vous ai raconté leur histoire. Ne croyez pas que je ne vis qu'avec le passé. Non j'aime, le passé, le présent et l'avenir. Dans chaque époque on peut tirer des leçons sans avoir à dire : "C'était mieux avant". En revanche, je suis très attachée aux différents patrimoines, qu'il soit aussi bien matériel, que culturel.

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