Les souvenirs qui me reviennent à la mémoire
24 juin 2020

La vie de mon Grand-Père Adrien PASCAUT de Saint Just en Chaussée (Oise)

 

Il y a quelques jours, nous fêtions la fête des pères. Il y a belle lurette que "mes pères" nous ont quitté. Oui, moi je ne suis pas comme tout le monde j'en ai eu 3. 

Mon père biologique je ne l'ai connu qu'aux environs de mes 30 ans. Une longue histoire de famille que je raconte dans mes mémoires. 

Il s'appelait : Jean-Baptiste PIAT

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Nous ne pouvons jamais rattraper le temps perdu, trop de différences entre nous, mais je l'ai accompagné jusqu'à ses derniers jours. Le lien d'Amour, n'est pas automatique, il se construit.

00Papy et Edith 20 septembre 2005

Michel Helmer : Mon second papa, qui a essayé de le remplacer à partir de mes 9 ans, Il m'a offert son nom de famille quand il s'est marié avec maman, un homme  gentil, qui ne demandait pas mieux de remplir ce rôle de papa qui me manquait tellement, mais  trop souvent freiné par ma maman, Il a compté pour moi, je l'aimais, car il a partagé mes jeunes années, c'était lui qui était là, chaque samedi quand je rentrais de la pension en deux mots,  c'était un homme bien, 

Adrien 60 ans 2

 

Mais celui, qui a compté le plus pour moi et qui a toujours eu la place de "papa" c'est mon grand-père maternelle, celui qui m'a donné ses valeurs et m'a tracé le chemin à suivre. Je vais aujourd'hui vous raconter sa vie, en hommage à tout ce qu'il m'a transmis et donné et qui a fait la femme que je suis devenue.

Adrien Pascaut,

 Mon Grand-Père, le premier homme de ma vie à qui je dois beaucoup de choses. Un homme sensible, intelligent, courageux, créatif, fort caractère, forte personnalité, un homme du partage. Il a secouru beaucoup de personnes, une assiette était souvent rajoutée pour celui qui n'avait pas baucoup à manger.  En un mot un Homme Très bien.

 

Il est Né en 1894 le 20 février. Adrien est le premier enfant de ses parents, arrivé après 10 ans de mariage. Sa soeur « Fernande » a pointé le bout de son nez  juste 3 ans après sa naissance, pour lui tenir compagnie. Ils seront toujours très proches et pourtant ils n’auront pas le même parcours. Adrien n’a jamais été le dernier  pour faire quelques bêtises. Une de celle-ci, qu’il aime nous raconter. IL doit avoir trois ans et joue  souvent dans le salon de coiffure auprès de son papa qui coupe les cheveux et de sa maman qui fait les barbes. Un jour, une envie pressante se fait ressentir, ne trouvant pas son petit pot, il prend tout naturellement  la soupière qui sèche sur l’évier de la cuisine proche du salon de coiffure. Il joue souvent aux jeux de société avec Fernande, il n’aime pas perdre, j’ai retrouvé certains jeux de leur enfance : jeu d’oie, petits chevaux, dame, solitaire, morpion et des jeux de cartes. Tous les deux ont eu une enfance heureuse, aimante et affectueuse. Grand-père un passionné  de tout.

Adrien et ses cousins Edmond et André

 Adolescent, il aime faire du vélo. Tous les dimanches de printemps, si le temps le permet, il enfourche sa vieille bécane ; avec quelques copains, direction : Le Tréport. Les kilomètres ne leur font pas peur. Pour relier la première plage picarde Mers les Bains, mitoyenne au port du Tréport qui lui se trouve en terre normande. Ils partent de bon matin dès le lever du jour et rentrent tard avant la nuit.  La bicyclette n’est pas très confortable, la selle lui rentre dans les fesses et elle n’est pas rembourrée. Mais que ne ferait-il pas pour aller se baigner dans la Manche.

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Nous pouvons dire qu’ Adrien a eu une jeunesse pleine d’insouciance et très heureuse jusqu’au cataclysme qui allait s’abattre sur la France quelques années plus tard.

Adrien 1914 2

 En attendant,  un bon bain sur la plage du Tréport, rien de tel pour effacer les marques de fatigue et refaire le soir le retour en sens inverse. Le Tréport est à 150 kilomètres de chez lui,  cette route,  n’avait plus de secrets pour lui, ni toutes les petites routes empruntées, il sait nous dire qu’à partir de Forge les Eaux, il vaut mieux prendre la vallée de la Bresle que la route plus directe. Celle-ci est plus romantique et bucolique, la vallée de la Bresle ressemble à la Suisse, c’est pourquoi elle s’appelle : La Suisse normande.

Guerre 1914/1918 sur scène 

             C’est le  le 31 août 1914 qu’Il est mobilisé pour le grand départ, qui durera 4 ans, adieu les plus belles années de sa jeunesse. Il est incorporé le 13 septembre au 269ème Régiment d'artillerie. Sous le commandement du Lieutenant Colonel CHARDON, son certificat de bonne conduite note « il a été maintenu pendant deux mois, sans aucun répit, sur un champ de bataille où se sont livrés des combats très durs et il a largement contribué au succès des opérations qui ont obligé l’ennemi  à battre en retraite. Par le courage et l’esprit de sacrifice des cadres et de la troupe, s’est   acquis  la  confiance  de  L'infanterie et les éloges des Troupes alliées. Le soldat de 2ème classe Pascaut Adrien, a participé aux opérations de juin et juillet 1918 ». Par la suite, Il refuse toutes les médailles, la seule qui lui est remise à la fin de la guerre, il ‘l’a jette dans une mare en regagnant son domicile. Pour lui, ce n’est pas un honneur que d’avoir été obligé de tuer.

  Médaille Militaire Bronze Argenté

 C’est pendant une  permission, qu’ Il se marie : le 22 novembre 1917, avec Marcelle Bourcy. Qu’il rencontre à la fête du village d’Avrechy, pas très loin de chez lui.

 

mariage Adrien et Marcelle mariage 22 novembre 1917 2

 

 

Dans les années 1918/1920.

En rentrant de la Grande Guerre,  il entreprend des études à l'Institut Normal Électrotechnique de Paris et il décroche son diplôme d'Ingénieur électricien le 21 septembre 1920. Le diplôme en poche, Il postule auprès de la ville de St. Just en Chaussée comme responsable des Services des eaux de la Ville, son contrat stipule qu'il gagnerait 6.000 francs par an et qu'il serait logé, c'est dans cette maison en plein champ que sa fille voit le jour le 25 mai 1922.

 

Service des eaux

 

 Après quelques années au service de la mairie, il veut s’installer comme serrurier-ferronier d’art, afin de réaliser son vœux de toujours, créer de ses mains et travailler le fer forgé.    Le 15 avril 1926, il dépose au Greffe du Tribunal de Commerce, une déclaration d'inscription au Registre du Commerce, inscrite sous le numéro 178 pour l'année 1926. Il s'installe comme Serrurier, Ferronnier d'Art ; ses parents lui donnent une grande parcelle de terrain qui leur servait de jardin rue du Ban St. Pierre, sur laquelle il fait construire un baraquement dans lequel il logera et commencera son activité.

 

Adrien Pascaut 1949

 

Quelques années plus tard, il achète en face du jardin, deux maisons mitoyennes  avec dépendances à un cousin éloigné Monsieur Edmond Portemer qui est : marbrier. Cette maison donne d'un côté sur la rue du Ban St. Pierre et de l'autre, elle occupe les 15 et 17, rue de Montdidier. N'aimant pas être commandé et ayant un caractère bien trempé,  il travaille seul avec un apprenti Arthur Miné, son épouse de temps à autre l'aide à la perceuse électrique. Son Entreprise devient vite florissante, car partout il y a besoin de reconstruire. Son activité en plus des serrures, c'est aussi la ferronnerie, il excelle  dans les portes et portails en fer forgé, passe son permis de conduire en 1929 et s’achète  une voiture ainsi, il peut  se déplacer dans tout le département. L'art déco bat son plein il s'en inspire.

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Pendant la seconde guerre mondiale, trop âgé pour être mobilisé, il continue son activité. En juin 1940, il évacue avec sa famille, son chat et son chien vers Bordeaux, chez ses cousins, ils y restent plusieurs mois et ils ont une vie beaucoup plus calme.

 

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Après quelques mois de tranquillité, ils décident de remonter chez eux. Au moment de partir « Minette » s’est sauvée, après l’avoir recherchée en vain, ils décident de partir sans savoir, que plusieurs mois après à St. Just un matin en ouvrant la porte, elle serait là, maigre, moche, sale et fatiguée ; mais c’est bien Elle, car elle se dirige directement à l’endroit où sa gamelle se trouvait avant leur départ. Petite joie simple de l’amour d’une chatte qui n’a pas oublié sa maison et ses maîtres.

Mais avant ce retour inattendu, le bonheur  de retrouver la maison encore debout, celle des voisins n’y est plus, la leur est en triste état mais ils vont pouvoir reprendre leur vie.

  Après la seconde guerre mondiale, la paix revenue grand-père, le bonheur retrouvé occupe   ses moments libres en jouant de la mandoline. Dans un premier temps il joue sur une mandoline des années 1906, Offerte par son beau-frère italien Pierre Chiari. Très habile de ses mains, il s’en construit une  autre, avec de vieux bidons laissés par les allemands dans sa cour.

 

0chemin des dames famille

à gauche la fameuse mandoline mode ; "grand-père"

Une famille heureuse un dimanche après-midi de ma jeunesse.

  Il n’a pourtant pas du tout l’oreille musicale, il, arrange ses accords et demande à sa fille de lui rapporter de Paris,  des partitions modernes de la fin des années 40, il s’entraîne avec  tous les succès à la mode de Charles Trenet, Edith Piaf, Tino Rossi.   Au coin du feu les soirées d’hivers sont, simples, agréables, bon enfant ;  mais surtout musicales.

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 Étoile des Neiges et Les escaliers de la butte n’ont  plus de secrets pour toute la famille et sans arrêt, les refrains de l’une ou l’autre  se font entendre dans toute la maison. Chaque soir, à l’écoute de son vieux poste de TSF nous écoutons : La Famille Duraton. Chaque matin quand il fait sa toilette il ne loupe pour rien au monde la chronique politique de Geneviève Tabouis. Le dimanche les Chansonniers, sans compter les pièces de théâtre. C’est un curieux de tout, il m'a transmis cette curiosité. Quand mes grands-parents reçoivent à déjeuner certains dimanches grand-père y va  de sa chansonnette à faire pleurer tout le monde. Je me souviens en particulier de deux interprétations de Berthe Sylva : « Les Roses Blanches et Du gris que l’on prend dans ses doigts ». Je ne parle pas de quelques chansons paillardes pas tout à fait pour les oreilles chastes de sa petite fille qui est toujours dans les parages.

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 Mais, c'est aussi  un coléreux genre soupe au lait. Il n’hésite pas à balancer dans le jardin,  le morceau de viande qui se trouve dans son assiette et qui n’est pas assez tendre à son goût. Ou bien, de retourner l’assiette de soupe sur ma tête si je ne veux pas manger.  Il y a eu aussi, la fessée mémorable parce que je me suis sauvée de l’école quand j'étais en cours préparatoire  (ne vous offusquez pas, c’était d’usage à l’époque de recourir à ce genre de châtiment, je n’en suis pas morte et je ne lui en ai jamais tenu rigueur). Mais ce grand-père là, je l’adorai et il ne se passe pas une journée sans que je pense encore à lui. 

 

première fois à la mer St

ma première fois à la mer 

La mode du fer forgé à l'intérieur des maisons est à son apogée après la seconde guerre mondiale. Dans les années 1950 il se spécialise, dans les rampes et les écrans de salon qui séparent deux pièces. Toutes les maisons bourgeoises de la région en sont pourvues ; Sa fille et sa petite fille auront le droit chacune en souvenir un beau lampadaire et une table de salon. Il travaille jusque dans les années 1970. Sans jamais avoir eu une vie de riche, il peut dire que sa vie est confortable et elle lui donne un statut de notable, respectable dans sa petite ville de province. Il termine ses jours en étant un peu moins aisé, avec une simple  retraite d'artisan,  Il n’a jamais quitté Saint Just en Chaussée. Il nous tire sa dernière révérence : le 25 juillet 1974 à l'hôpital de Compiègne ; Il est enterré au cimetière de sa ville, comme il disait : « sa résidence secondaire ».  Sur sa tombe, il a apposé de son vivant, une clef représentant sa corporation.

 

mes parents3

 Dans mon cœur reste gravé cette phrase que tout le monde disait :

 

Ah ! Sacré « Père Pascaut », nous ne l’oublierons jamais.

 

 

 

 


07 décembre 2019

Mes Noëls d'antan.

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Remontons le temps. Et revenons d’abord  aux années  1948. Enfant, je me souviens, des cadeaux de  Noël que je recevais ; mais rarement des préparatifs.  Dans ces années là, ce n’était pas très courant de décorer sa maison. Et pourtant après les années de guerre qui n’étaient pas encore très loin, mettre du soleil chez soi, aurait fait du bien. Sauf, qu’il y avait encore tellement de choses à racheter. Décorer devenait futile.

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Une seule fois, j’ai vu un sapin chez nous. Il était à la place de la chaise de mon arrière grand-père Désir, dans la cuisine près de la cuisinière au charbon, le seul chauffage de toute la maison. Il n’était pas grand, planté dans un baquet avec de la terre tout au tour, garni de boules multicolores, de sujets argentés et de guirlandes scintillantes : il donnait un air de fête à la cuisine familiale. Le matin de Noël tous mes cadeaux étaient déposés au pied du sapin. Maman travaillant à Paris elle ne venait jamais ce jour là, c’était avec mes grands-parents que je les découvrais.

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Ils avaient été pour la plupart achetés par maman  dans la capitale et elle venait  le dimanche précédent les apporter. Je me souviens cette année là, d’une jolie robe de chambre en laine des Pyrénées rouge avec de gros pois blancs, j’étais contente, j’allais ressembler au Père Noël. J’avais toujours de jolies choses, maman parisienne dans l’âme, choisissait les dernières nouveautés.

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 Plus tard, quand j’étais en pension à Saint Germain en Laye, les préparatifs de Noël étaient différents, les religieuses décoraient la chapelle avec une grande crèche installée sous une grotte, nous y allions chaque soir faire notre prière avant de remonter au dortoir. Elles faisaient également un grand sapin et une autre crèche dans le parloir, pour les enfants qui ne rentraient pas chez elle ce jour là ; oui, malheureusement il y en avait toujours quelques unes dont les familles habitaient à l’autre bout du monde.

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 Moi, j’ai toujours eu la chance  de rentrer chez moi. Papa, venait me chercher au train à la gare Saint Lazare et nous allions chercher maman aux Galeries Lafayette où elle travaillait jusque 19h30, en l’attendant, il m’emmenait faire les vitrines des deux grands magasins  du boulevard Haussmann., rien de plus beau  pour l’enfant que j’étais.  Tout comme la distribution des jouets pour les enfants du personnel, une fête comme je n’en avais jamais vue, Le majestueux sapin différent  chaque année s’élançait depuis le pied des grands escaliers  vers la célèbre verrière voûtée que l’on doit au Maître Verrier  Jacques Gruber. Avec la distribution magique de jouets par un père Noël aux allures de vieux bonhomme très sympathique.

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 Le soir, nous allions réveillonner chez les parents de papa. Nous y retrouvions le frère de papa Maurice et sa famille. Papy et Mamy, n’étaient pas de vrais grands-parents car je n’étais pas vraiment leur petite fille, mais ils ont toujours été d’une grande  gentillesse avec moi, je me souviens de leur premier cadeau de Noël après le mariage de mes parents, une jolie montre, ma première montre de grande, je l’ai toujours gardée, elle trône maintenant dans l’armoire de mon cabinet de curiosité.

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Voici donc mes souvenirs des Noëls de mon enfance, même s’il n’y avait pas de sapin, ni de décorations c’était de beaux Noël. A  l’adolescence, ils se passaient à Saint Just en Chausssée chez mes grands-parents maternels. L’évènement supplémentaire à cette époque là, nous allions à la messe de minuit qui se déroulait bien à minuit. En rentrant on dégustait un bon chocolat chaud et nous découvrions nos cadeaux.

 

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Il a fallu que maman soit grand-mère pour acheter son premier sapin de Noël et c’est avec mes deux premières filles que nous allions l’admirer et découvrir les cadeaux. Quant à moi, dès mon premier Noël d’adulte en 1963, j’ai fait pour mon mari et moi mon premier sapin et chaque année  depuis, jamais je n’ai oublié de le décorer ; toujours un sapin naturel jusqu’aux années 2005  ou j’ai opté pour un artificiel, mais certaines années comme cette année je succombe au sapin naturel. Beaucoup plus vrai, avec une odeur agréable même s’il perd ses aiguilles.

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Comme tout le monde, j’ai suivi notre époque et chaque année de plus en plus j’ai décoré ma maison, au début avec de nombreux père Noël pour voir les yeux émerveillés de mes petits enfants. Maintenant, toujours des décorations pour l’ambiance  du mois de décembre, mais beaucoup plus raffinées et élégantes, maintenant les yeux qui admirent sont ceux de grands. Je pense que ce sera ainsi jusque mon dernier Noël. Pour l’installation petit mari m’aide, son aide m’est précieuse, nous passons souvent les réveillons seuls, ou en décalés, car les enfants et petits enfants doivent se partager. Mais même seul tous les deux, il y a toujours un bon repas en habit de fête. Car dans le long chemin de ma vie, j’ai eu aussi des Noëls  seule avec pour toute compagne : la solitude, donc je sais ce que cela peut être pour les gens qui sont oubliés. Mais, même pour ces Noëls là, ma maison était décorée.

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 Une petite précision, pendant des années, je n’achetais pas de nouvelles décorations, depuis ma dernière vie  et surtout depuis que je suis grand-mère, je succombe et il m’arrive d’en acheter de nouvelles.

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Nous sommes prêt....

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24 mai 2019

La Boite à photos

Qui, à la suite d’un héritage, n’a pas retrouvé une boite, cachée dans un grenier qui contenait de vieilles photos familiales !

 

 Pour la plupart, aucun nom ne figure au dos. Que de mystères et de suppositions concernant les personnes qui y sont représentées. Souvent, par désintérêt, elles terminaient leur vie dans une poubelle et même elles étaient  brûlées. Parfois, nous les retrouvons sur un stand de brocante, triste fin, mais pas perdues à jamais. Maintenant, il y a des gens qui les achètent et qui les publient sur des réseaux sociaux de généalogie, avec l’espoir que quelqu’un reconnaîtra peut être sa famille. Belle initiative de partage. D’autres par souci de l’ancien, décorent leur maison avec, car souvent ce sont  de jolies photos. Alors, pour moi c’est un moindre mal. Mais évidemment quand ce sont nos ancêtres, c’est encore mieux.

Adrien PASCAUT école St

1897 - Adrien mon grand-père à l'école 

 C’est certainement ma passion généalogique qui à chaque fois se réveille. Car, pour les généalogistes, les photos sont des biens extraordinaires et précieux. Elles peuvent se dater et nous donner des renseignements intéressants, en nous donnant approximativement l’année ou elles ont été prises et par déduction les personnes qu’elles représentent. Même le support en carton sur lesquelles elles sont collées  nous parle. Cela, nous indique si elles ont été réalisées tout au  début de la photographie avant 1840 ou après. Elles deviendront fréquentes dans les familles aisées entre 1860 et 1890.

Marcel Bourcy 20 ans

Au début, sauf les gens riches ou les aristocrates possédaient des tableaux peints représentant leur famille. La photographie s’étant démocratisée rapidement, nos aïeux ont voulu fixer l’instant présent dans leur plus bel habit. C’est pourquoi ces photos bien souvent semblent tristes et sans sourire, il ne fallait pas bouger d’un rictus au risque que le sujet soit flou.

Famille Mullier 2

Chez nous, dès le début du  20ème siècle, mon grand-père s’est intéressé à ce nouvel art. Il a été, de ceux qui possédait un appareil photographique et pourtant il habitait une petite ville de province. Dans notre grenier familial, il y avait un carton rempli de personnages inconnus. Pourtant, il aurait été facile d’y mettre un nom derrière, mais ce réflexe n’était pas habituel, très peu de personnes ont pensé à le faire et c’est pourquoi, nous nous retrouvons avec des dizaines d’inconnus sous nos yeux.

appareil photo 1900 

 Dans les années 1950, nous n’avions pas la télévision. Les jours de mauvais temps les distractions, souvent se cantonnaient aux jeux de société. Chez nous, nous avions aussi un autre rituel qui allait porter ses fruits  des dizaines d’années plus tard. Au grenier, certains se souviennent le lieu magique des enfants de mon époque ou l’on pouvait trouver de tout et de rien, parmi la poussière tombée depuis des lustres. C’était un lieu dans les maisons de famille, propice aux souvenirs cachés.

grenier_maison_jules_verne_© s_crampon 

Dans le nôtre, il y avait un grand carton du célèbre magasin parisien « Le Printemps » qui était rempli de vieilles photos d’inconnus et de moins inconnus, des photos regroupées par ma grand-mère, souvent retrouvées dans un tiroir ou ailleurs et même sur le sol, elle les remettait soigneusement dans ce carton, qui dans une autre vie avait servi à rapporter à la maison de belles tenues de ce grand magasin célèbre. Je me souvenais que ma grand-mère disait aussi, que quand ils son rentrés de l’exode après 1940, une de ses premières tâches a été de sauvegarder ces souvenirs éparpillés partout dans la maison malmenée pendant ces tristes moments.

Edmont Pascaut communion 2

 Leur maison était dans un triste état, le toit voyait le jour à cause des tuiles envolées sous les déflagrations des bombes, (région très touchée par les deux guerres). Pendant longtemps, des bassines peuplaient le grenier en attendant les dommages de guerre pour pouvoir refaire la toiture.

Avant les dommages de guerre 1948 1950 2

 Alors, l’occupation de certains dimanches maussades de mon enfance, c’était de descendre ce vieux carton entreposé sur le dessus de l’armoire Louis Philippe dans le grenier, je me souviens également, j’aimais fouiller dans cette armoire. Nous nous installions ma grand-mère et moi à la table de la cuisine et les photos défilaient une par une et elle me nommait les personnes qu’elles représentaient sans avoir jamais eu l’idée d’inscrire le nom C’est moi, qui des années plus tard, quand j’ai hérité de cette maison familiale qui ai inscrit les noms dont je me souvenais. Noms, répétés inlassablement quand nous piochions dans cette boite. 

Adrien et ses cousins Edmond et André

 J’avoue que ma mémoire étant encore bonne, j’ai pu illustrer de nombreuses fois mes travaux généalogiques, qui serviront peut-être un jour à mes petits enfants ou arrières petits enfants ; sait-on jamais ! C’est une chance de pouvoir transmettre aux siens l’histoire de ceux qui nous ont précédé, c’est notre histoire et la leur. Voyez-vous cela sert d’être conservatrice. Certains me diront, oui mais, je n’en ai pas la place ! Justement, je vais vous raconter une anecdote qui m’a été confiée par un historien. Pendant les deux dernières guerres, sa famille, trimballait toujours une valise de documents et de photos de familles au détriment d’une valise supplémentaire de vêtements. Aux yeux de ces personnes attachées à leurs ancêtres et à leur histoire familiale,  leurs souvenirs étaient plus précieux que quelques robes, pantalons ou caleçons.

Solange Devillers et ses parents pour ses 10 ans juillet 1931

Alors, voyez-vous dans le monde actuel, ou tout se jette ou on se moque des personnes conservatrices, même si nous manquons de place, nos choix sont une question de priorité. Au lieu de jeter, transmettez les à des personnes intéressées ou à des archives privées, elles peuvent servir à ‘histoire de l’humanité. Même mon mari peu sentimental, garde précieusement albums et photos transmises par ses parents, pour certaines, des photos mises dans des albums réalisés amoureusement par son père. Il faut dire que nous avions lui et moi la chance d’être enfant unique ; donc pas d’obligations de partage. Mais après nous, qu’adviendront tous ces souvenirs ? Dieu seul le sait.

Adrien et Marcel Devillers 2

 

Les commentaires semblent ne pas passer. J'essaie de rémédier à ce problème mais je n'-y arrive pas.

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10 mai 2019

La secrétaire des Années 1960 !

Attention, il semblerait que le billet soit difficile à lire ! bug informatique ? Alors surlignez les paragraphes si vous rencontrez ce phénomène.

Vous souvenez-vous des années avant l’arrivée de l’ordinateur ? Et ensuite d’Internet.

 

Du plus loin que je me souvienne, je voulais être secrétaire.

Enfant, je jouais avec la drôle de machine à écrire de mon grand-père dont il se servait pour faire ses factures. Vous, vous souvenez, je vous ai déjà raconté qu’il était : Serrurier, ferronnier d’Art. Dans les années 1930, il avait acheté une Mignon qui n’avait pas de clavier comme ceux des machines à écrire suivantes. Ce qui servait de clavier était un pavé de lettres sous un mica sur lequel on promenait un stylet, qui faisait positionner un cylindre allongée où étaient les lettres correspondantes.

 

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 Mon Dieu, que j’ai pu jouer avec cet engin, je me voyais déjà secrétaire.  Quand j’ai eu 15 ans, j’ai appris la sténo et la dactylo. Mon grand-père avait appris lui aussi la sténographie avec la Méthode Duployé, souvent je m’exerçais avec son livre. Mais à l‘école où j’étais, nous apprenions, avec la méthode de Prévost Delaunay, inventée en 1878. Pour mon anniversaire suivant, mon cousin Paul m’a offert une jolie petite machine portable qui avait servi à la secrétaire du Général de Gaulle pendant la dernière guerre. Une Royal, qui allait me changer de la Mignon de Grand-Père.

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A partir des années 1965, les machines deviennent électriques et se dirigent allègrement vers les traitements de texte. Une révolution pour les secrétaires. Mais avant d’en arriver là, la dactylo tapait fort sur ses touches à une belle cadence de 75 mots à la minute dans un bruit de mitraillette, une bonne secrétaire devait taper sans faire de fautes de frappes ni de fautes d’orthographe, ne pas louper une seule ligne  et il fallait connaître les touches par cœur sans les regarder. Il y avait même à la foire de Paris des concours de vitesse. Je ne vous raconte même pas l’ambiance et le bruit cadencé quand nous rentrions dans un bureau de plusieurs dactylos. On les entendait depuis le bout du couloir. Alors souvenez-vous : en dactylo 75 mots à la minute, en sténo 150 !

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Dans les années 1970, sont apparus les machines électriques Japy, je peux dire une belle invention, plus la peine de taper comme des malades, il suffisait de frôler les touches, le bruit n’était plus celui de bulldozers. Mais à chaque faute de frappe la gomme était toujours en service. Une autre invention est arrivée, le papier pour corriger les fautes que l’on mettait entre le papier et le bras des lettres et l’on retapait sur la lettre désirée.

 

japy 2

  A l’étape suivante, nous avons vu apparaître la machine électrique IBM, alors là, la rolls des machines à l’époque. Chez Verger Delporte (grande entreprise électrique parisienne) seul notre chef Madame Leroy en avait une, nous dans notre pool de dactylos de 6 ou 8 secrétaires, nous nous contentions de nos Japy mécaniques. C’était même très drôle ce pool, Chacune de nous était alignée l’une à côté de l’autre face au mur de droite et de gauche. Et la chef, le dos au mur de côté, face à nous pour surveiller notre cadence et éviter les papotages. Oui, c’était cela les bureaux de dactylos ou de secrétaires dans les grandes entreprises des années 1960/1980.

 

Bien vite, je me suis mariée et j’ai eu ma première fille, il n’était pas pensable que je ne l’élève pas, alors, je me suis achetée une belle Japy électrique et pendant plusieurs années, j’ai travaillé chez moi, en allant chercher chaque semaine chez Verger-Delporte,  des devis et des factures à taper.

japy 2 

Quand les ordinateurs sont arrivés dans les années 1980, très vite j’en ai eu un à la maison et très vite aussi les logiciels de traitements de texte qui ont révolutionné le métier de secrétaire. Plus de fautes de frappes à gommer, des courriers parfaits, des mises en page élégantes suivant les règles élémentaires des cours que j’avais eus à mes débuts. Nous avions le choix également dans le du mode d’écriture. Les tableurs sont apparus. Enfin tout ce que connaît la secrétaire du 21ème siècle. Nous nous sommes éloignés des machines à écrire de nos grands-mères des années 1900.

1980s computer 

Pour complément aux machines de bureau de ces années là, il y avait également le fameux duplicateur « Gestetner » Ah ! Je suppose que les secrétaires de mon âge et celles plus jeunes se souviennent des mains pleine d’encre que nous avions quand nous changions le tuner. Ainsi que ces longs stencils qu’il fallait remplir à la mode des imprimeurs et qu’ensuite il fallait accrocher sur la machine reproductrice. L’arrivée de la photocopieuse a été la bienvenue.

pam thomas pointed out it was the ditto machine that used alcohol to copy gestetner was ink based school memories 

En comptabilité c’était pareil, j’ai connu aussi le temps, ou l’on remplissait des journaux de compte de notre plus belle écriture et que nous alignions les chiffres dans les marges débit/crédit, avec la machine à calculer à portée de main, pour faire les totaux en bas de pages. Oui, tout cela c’était hier et même pas avant-hier.

presque ça, en écriture normale  

Bienheureuses les secrétaires de nos jours. Le progrès n’a pas toujours que du bon, mais heureusement qu’il est là, pour nous faire avancer. J’ai toujours suivi le progrès et les nouvelles inventions. Quant Internet est apparu, j’ai été une des premières à l’utiliser, je ne voulais pas louper le train et rester sur le quai ; tout de suite j’ai réalisé qu’il fallait s’occuper de ce nouvel outil, si nous ne voulions pas être trop dépassés par nos petits enfants. Et je ne le regrette pas, quand je vois que maintenant on arrive presque à vous obliger à l’avoir chez vous pour vivre. Toutes les taches administratives se font maintenant par obligation sur Internet, sans penser aux personnes plus âgées qui ont loupé le train ou qui n’ont pas eu l’opportunité et l’argent pour acheter un ordinateur. Cette année pour remplir ma feuille d’impôts nous avons un peu galérés, comme disent les jeunes pour remplir le document pour ceux qui ont un bien en location et qu’ils veulent bénéficier soit disant de l’année blanche. On n’arrête pas de nous dire que l’on simplifie, soit mais parfois on ne comprend pas du premier coup. Nos neurones ne sont plus ceux de nos technocrates.

1980s computer 

Merveilleux outil Internet, mais à double  tranchants, il a autant de bon que de mauvais. Il faut savoir le maîtriser et faire des choix pour s’en servir. Se rappeler qu’avant il y avait d’autres méthodes qui ne sont pas toujours aussi obsolètes que ça. Savoir également que n’importe qui peut se cacher  derrière un clavier et que des prédateurs s’y trouvent à l’affût des plus faibles.

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Quand on reste vigilant et que l’on maîtrise l’emploi de la bête, on découvre l’autre bout du monde, on partage avec lui, on multiplie ses connaissances, on entretient ses passions. On parle avec des gens que l’on n’aurait jamais rencontrés. Oui, l’évolution du secrétariat et des contacts humains sont une bonne chose, mais à condition de rester vigilants.

 

N’oublions jamais : Souvenons-nous d’où l’on vient.

26 février 2019

Les sentiments.

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Quand nous  analysons le mot : sentiment, il semble complexe. En un mot je dirai, que les sentiments sont la composante de l’émotion. Le dictionnaire dit aussi que c’est une tendance affective durable ; liée à des émotions, des représentations, des sensations, à l’état qu’il en résulte. C’est aussi un état affectif d’origine moral.

Aujourd’hui je vous parlerai du sentiment affectif et du sentiment d’amour, très proche l’un de l’autre, sans lequel je ne peux vivre. Et pourquoi j’en suis autant tributaire.

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Pourquoi ai-je un sentiment affectif ou amoureux à fleur de peau ? Je ne peux vivre sans et je suis de plus en plus triste par le monde qui m’entoure et qui de plus en plus est entrain de donner raison à la citation de George Orwell : Dans notre monde, il n’y aura plus de sentiments sauf la peur, la rage, le triomphe et l’auto humiliation. Tout le reste nous le détruirons, TOUT. 

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Même nos jeunes ne croient plus à ce beau sentiment, qu’est celui de l’amour. Se protègent-ils ? Dès notre toute petite enfance, il est indispensable pour grandir. Si vous n’avez pas été cajolé, vous aurez beaucoup de mal à aimer. Saviez-vous, que tout se joue avant 5 ans. C’est pendant cette période que l’humain installe inconsciemment  ses prédispositions pour sa vie d’adulte. Souvent, je me pose la question : Comment serai-je devenue si pendant les premières années de mon enfance j’avais été câlinée, choyée, si j’avais été entourée d’amour et que je n’aurais pas vécu plusieurs abandons ? Certainement plus équilibrée et mes choix n’auraient pas été les mêmes.

 

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Maxime, Héloïse et Thaïs il y a 12 ans environ

 Pour mieux comprendre, pourquoi toute ma vie, j’ai couru après ce sentiment d’amour et d’affection, je n’en serai jamais rassasiée. Revenons, sur ce qu’ont été mes premières années et ensuite mes choix.

Quand je suis née, aucun lit ne m’attendait chez mes parents. Je suis née à Paris  en 1943, chez une sage-femme. Quand maman est sortie, aussitôt elle m’a confiée à des parents nourriciers : Monsieur et Madame Parent à Herblay,  de braves gens, chez qui je devais être bien.

 

Edith 4 ans 4 2

 

 Maman venait me voir le dimanche, une fois par mois ma grand-mère l’accompagnait. Mon père je n’ai jamais su s’il me rendait visite, pourtant il vivait avec ma mère. Elle m’a raconté, que parfois j’allais chez elle mais assez rarement, elle me faisait dormir sur deux chaises mises bout à bout, appuyée  contre le mur, sur lesquelles elle mettait une grosse couverture. Je n’ai jamais eu de lit chez elle, plusieurs années après quand je venais lui rendre visite avec ma grand-mère et qu’elle vivait seule, je couchais à leurs pieds.

 

Edith chez M et Mme Parent

 Un dimanche qui n’a pas été comme les autres. Grand-mère ne supportant plus de voir que je commençais à m’attacher à mes parents nourriciers et à leur dire « papa et maman », sans aucune préparation sur un coup de tête, elle a décidé de me ramener chez elle et mettre mon grand-père devant le fait accompli, car il ne savait pas que j’existais. Je ne reverrai plus Monsieur et Madame Parent, sauf deux fois quand ils sont venus me voir et à la seconde fois, on leur a fait comprendre qu’il  ne fallait pas qu’ils reviennent.

Edith 20 mois Mai 1945 2b

 J’ai vécu 7 ans chez eux, j’ai grandi gentiment jusqu’au jour ou maman a refait sa vie et s’est mariée. Je n’ai jamais revu mon père, alors j’étais heureuse d’en avoir un nouveau, je m’entendais bien avec lui  je pensais qu’ils allaient me reprendre pour vivre avec eux.  Mais non, ils ont décidé de me mettre en pension chez les religieuses, je rentrerai chez eux le samedi en fin d’après-midi et je repartirai le lundi matin. Toutes les vacances scolaires, je les passais chez mes grands-parents, quelquefois en juillet je partais 3 semaines avec eux.  Une banquette d’une personne, que l’on ouvrait dans la salle à manger me servait de lit. L’année de mon certificat d’études primaires, nous avons fait un essai de cohabitation pendant deux ans, cela ne s’est pas très bien passé, je suis donc repartie en pension jusqu’à mes 18 ans.

 

bry sur marne

le château de Bry sur Marne ma seconde pension 

A 19 ans, j’ai commencé à travailler comme sténodactylo et aide comptable, dans une grande entreprise d’électricité. J’habitais chez mes parents, ils avaient déménagé afin que je puisse avoir ma chambre. Mais les relations étaient toujours les mêmes. Je n’avais qu’une seule hâte partir et pour cela la seule solution à l’époque, me marier pour avoir ma liberté. Il n’était pas question de m’en aller sans avoir ce sésame.  J’ai très vite rencontré mon premier mari. Je ne sortais pas, mais j’ai eu l’autorisation d’aller à un dîner organisé par le bureau d’études de ma société qui fêtait la fin des installations électriques dans le château de Versailles, nous étions dans les années 1960. Après le dîner, nous avons également visité les coulisses du château pour voir nos installations.  Belle soirée, qui changera le cours de ma vie. Quelques mois après je me suis mariée et enfin « vive la liberté. » 14 mois après, l’arrivée de mon premier bébé

Un mariage heureux pendant 10 ans. Mais malheureusement un mariage programmé, pas vraiment un mariage d’amour.

3 août 1963 Edith et Philippe

 Il y aura encore plusieurs autres abandons, de grandes périodes sans affection, de mauvais choix, une vie pas très heureuse dans l’ensemble. Pour arriver  à 57 ans et avoir enfin une vie stable et équilibrée. Je suis convaincue que mes premières années d’abandons et de manque  d’amour  ont été déterminants pour le reste de ma vie. J’ai eu la chance malgré tout d’avoir du caractère, d’être une battante et de tout faire pour devenir la femme que je suis. Alors toutes les femmes qui comme moi ont eu un parcours chaotique, il ne faut jamais perdre espoir et prendre pour devise : Après la pluie, le beau temps revient toujours. 

 

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17 février 2019

Souvenir d’enfance : Le Chemin des Dames.

Aujourd’hui, petit retour sur mon enfance : Une balade en 2 CV dans les années 1950.

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J’ai 8 ans  environ. J’habite chez mes grands-parents dans l’Oise à Saint Just en Chaussée. C’est la partie de mon enfance ou je suis heureuse.

Ma grand-mère, est une femme au grand cœur, discrète, aimante, soumise.

Mon grand-père, affectueux, intelligent, connaissant beaucoup de choses, mais très soupe au lait et marqué par  la guerre de 1914. Il en parle tout le temps. Contrairement à d’autres qui restent silencieux sur ce sujet. Lui a besoin d’en parler. Je peux dire que mon enfance est bercée par ce douloureux évènement qui a tant endeuillé la France au début du XXème siecle.

 

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Mes grands-parents n’ont eu qu’un enfant ma mère. Mais ils se sont beaucoup occupés de leur neveu Paul, le fils de la sœur de grand-père et ils  sont restés toute leur vie très attachés à lui. Pour mon grand-père, c’est le fils qu’il n’a jamais eu. Délaissé par ses parents trop souvent absents il en a beaucoup souffert. A vingt ans, il est comptable dans une grande société et tombe en amour pour une secrétaire de 30 ans sont aînée. Pas du tout dans la « normalité » de l’époque. Marguerite sait se faire une place dans sa nouvelle vie, elle est aimée par la plupart des gens de la famille, elle est très intelligente, le cœur sur la main. Mes grands-parents l’ont beaucoup appréciée et moi je l’ai beaucoup aimée ; je garde d’Elle un souvenir d’une femme gentille qui aime partager et m’a beaucoup appris. Ils  se marient en 1942 et n’auront pas d’enfants, mais ils auront une vie heureuse pendant 32 ans, très soudés l’un à l’autre, partageant les mêmes goûts.

 

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Ils voyagent beaucoup à travers la France ; au début avec une moto et dans les années 1950, ils achètent une 2 CV première génération. Inutile de vous dire que pour cette voiture mythique, le confort n’est pas la première de ses qualités. On la nomme même : la boîte à sardines. A l’avant le tableau de bord est simple, les deux sièges aux armatures en fer  et à la toile sont  peu confortables  pour les passagers. A l’arrière une banquette deux places de la même structure que les sièges de devant. Il n’est pas envisageable d’y mettre trois personnes. Le tout est recouvert d’une capote imperméable mais l’été très souvent roulée et mise en fonction décapotable pour mieux profiter de la nature et des petits oiseaux. 

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 Paul et Marguerite sont très fiers de leur acquisition. Ils viennent  à St Just la montrer à toute la famille. Grand-père l’inspecte sur toutes ses coutures  et la trouve bien légère : lui qui a possédé plusieurs voitures avant la guerre, beaucoup plus confortables et aux allures plus sérieuses. Il reste dubitatif en la découvrant. Paul a la bonne idée de lui dire : je vous invite un dimanche de printemps à faire une grande balade pour que vous puissiez vous faire une idée. Mon oncle, où veux tu aller ?

 

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Grand-père a répondu aussitôt. Tu sais ce qui me ferait plaisir : c’est de revoir le Chemin des Dames, celui dont je parle si souvent. D’ici il y a environ 200 kilomètres à peine ! Si nous partons le matin, nous aurons une pleine journée  de découverte et pour moi, ce sera un beau pèlerinage sur le lieu de mes vacances forcées ! Ni une ni deux, ils décident tous que le jour de la Pentecôte est l’idéal.

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Le jour arrive. Tout le monde est prêt à l’heure convenue. Grand-père assis à côté du chauffeur, règne en prince. Pendant  tout le trajet il nous raconte inlassablement ce qu’il a vécu là bas. Quant à moi, bien calée sur un oreiller en plume, entre ma grand-mère et Marguerite deux femmes de bonne corpulence, je n’ai pas beaucoup de manœuvre    pour bouger quand la barre de fer commence à me faire mal aux fesses. Le lendemain, mon postérieur s’en souviendra.

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Pour rafraîchir la mémoire de tous. Revenons un peu sur le Chemin des Dames. Pourquoi s’appelle-t-il comme cela, où se trouve-t-il et pourquoi est-il si célèbre ? C’est en Picardie que nous le trouvons, sur la départementale 18 CD dans le département de l’Aisne, entre Laon, Soisson et Reims. Il doit son nom au chemin surplombant la vallée de l’Aisne que les filles de Louis XV « Adélaïde et Victoire » Dames de France, empruntaient pour aller rende visite à leur gouvernante au château de la Bôve près de Vauclair, ce chemin avait été empierré à cette occasion. Et malheureusement il est devenu célèbre pour avoir été le théâtre de plusieurs batailles meurtrières de la première guerre mondiale.

 

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 Notre premier arrêt eut lieu à Liesse, pour assister à la messe et visiter la basilique, construite au 11 et 12ème siècle, dédiée à Notre Dame et représentée par une superbe vierge noire en référence à la fille du Sultan du Caire El-Afdhal, qui s’est converti à la religion catholique après avoir sauvé la vie de chevaliers français pendant les croisades,. Ce lieu devient lieu de pèlerinage. Louis XIII et Anne d’Autriche y viennent souvent pour implorer la vierge noire afin qu’elle leur envoie un  héritier le futur Louis XIV.

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 Paul est un amateur d’art, d’histoire de la France. C’est à lui que je dois mon amour pour les châteaux. l’architecture, les vieilles pierres et la photographie ainsi que tant d’autres choses ; car n’ayant pas d’enfants, sa femme et lui me font découvrir tous les endroits historiques de la Picardie. Ils aiment également s’arrêter dans de bons restaurants, dans toutes ses voitures par la suite il y a toujours un guide touristique et le guide Michelin pour les étapes gourmandes. Ce jour là, il est fier aussi de faire découvrir  à son oncle et à sa tante un gastronomique de l’époque.

 

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 le premier château qu'il me fait découvrir celui de Compiègne

L’après-midi ce sera sur les lieux de batailles que nous arpenterons en essayant de retrouver le moindre indice laissé par cette ignoble guerre. Une belle journée bien remplie, dont je me souviens encore 67 ans après. Même si pour moi le voyage était loin d’être confortable, il restera un souvenir précieux à ma mémoire.

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Avec mes grands-parents, Paul et Marguerite sont les seuls de mon enfance qui ont compté autant pour moi. 

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 Doux instants. Un dimanche après-midi musique et diaporama

Mes parents - Mes grands-parents - Marguerite et sa belle mère.

 

 

 

 

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02 décembre 2016

Aidez à l'école ses petits enfants

 

Je vois sur vos blogs, la joie que vous avez encore de profiter de vos petits enfants. A tous, je dis : profitez-en au maximum. Car, quand ils arrivent à l’âge du collège, ils ont beaucoup moins besoin de vous. Ils commencent à rester seuls. Petit à petit, nos adorables bambins d’hier, s’éloignent doucement. Alors par exemple, les préparations de Noël, les coutumes, les traditions ne les intéressent plus autant. Vous semblez ne plus rien à avoir à leur apprendre.

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 Cette année, j’ai le droit à un sursis. Je vais pouvoir parler de nos traditions et raconter l’histoire des saints qui jalonnent notre mois de décembre. Adeline est là ! Elle aussi pour plus très longtemps, le collège pointe son nez ; déjà, elle préfère souvent rentrer chez elle après l’école, même si elle est seule. Sauf hier soir, ou elle avait un devoir à faire : Raconter une histoire du temps passé dans le Bugey. Mettre en forme un récit en vue de réunir plusieurs histoires et en faire un petit livre.

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Ah oui ! Manou, va pouvoir t’aider ma jolie. Sauf qu’elle n’est pas du Bugey et qu’elle n’a pas d’histoires croustillantes à raconter. D’un seul coup, j’ai réalisé que ça y est, aux yeux de mes petits enfants, je fais partie des « grands-mères » qui ont vécues « dans le temps jadis ».

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 Bon, nous allons nous y mettre. J’ai creusé ma mémoire qui n’est pas excellente et j’ai cherché dans tout ce que j’ai lu sur notre nouvelle région. Dix ans, que nous sommes ici. Je me suis confectionnée une petite bibliothèque régionale, alors comme disent les jeunes : cela peut se faire ! »

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Petite Adeline me dit : « Mais pourquoi, tu ne regardes pas sur Internet, c’est fait pour ça et l’on trouve tout. Oups ! Quelle belle idée toute faite vue par nos petits enfants du XXIème siècle. Avec cet outil magique à leurs yeux, il ne suffit que copier et coller. Sauf que contrairement à ce qu’ils pensent tout ne s’y trouve pas. Il est encore conseillé de faire des recherches personnelles et d’essayer de réunir des atouts plus personnels.

 

Ce n’est pas ma conception de la recherche. Alors, je vais lui raconter l’histoire du petit tramway du Valromey qui, de 1896 à 1933 desservait  nos villages entre Virieu le Grand et Ruffieu, il reliait la plaine à la moyenne montagne. Je l’ai aidé aussi à raconter avec des mots d’enfants. Elle a été effarée quand elle s’est aperçue que mon récit faisait une page 21x27, qu’elle allait être obligée de mettre en forme pour rendre à son Maître. Pour elle, trois lignes auraient suffit. Il faut dire que ma petite Adeline n’aime pas trop l’école et encore moins lire. Alors, lui demander un travail pareil, c’était vraiment un exercice au-dessus de ses habitudes.

 

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Nous y avons passé la soirée et nous y sommes arrivés. Quand elle a eu terminé, je lui ai demandé de fermer son cahier et de me raconter l’histoire comme elle l’avait comprise, puisqu’elle était censée la raconter à haute voie dans la classe. Je voulais m’assurer qu’elle avait tout compris surtout quand j’avais insisté sur les distances et les temps mis à cette époque pour relier un point à un autre, alors que maintenant par la route nous ne mettons qu’environ vingt minutes.

 

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Voici ce petit train passant devant la maison.

J’espère, que l’exercice qui a meublé plusieurs heures de notre soirée, sera considérée comme « une histoire d’avant ». J’ai insisté pour qu’elle n’oublie pas de dire, que nous n’étions pas de la région ; mais que s’il voulait que sa grand-mère lui raconte des histoires et des anecdotes, elle se ferait un plaisir de lui raconter celles qu’elle avait vécues en Picardie pendant son enfance.

 Avrechy Un mariage villageois vers 1900

 

Ouf ! Novembre est terminé. Place aux préparations de Noël et aux histoires anciennes sur le sujet, ainsi que les coutumes des différentes régions françaises. Là aussi, je possède plusieurs livres  à cet effet. Je vais me faire une joie de transmettre à Adeline ce que je sais.   

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01 juillet 2016

Souvenirs, souvenirs......

L'enfance est un sujet inépuisable pour moi. En fermant mes yeux, je me revois chez mes grands parents et je me remémore les plus merveilleux moments. Pourtant j'ai eu une enfance compliquée, mais, justement ces instants là, me sont encore plus précieux.

Au fond du jardin, il y avait un étang. En Picardie, après les marres à canards,

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les trous d'eau, s'appellent : des étangs. Ils sont plus ou moins grands. Ici, dans les prés-alpes, nous les appelons pompeusement des lacs. Et croyez-moi, il y en a partout ; même dans les endroits que l'on ne soupçonne  pas.

Mais revenons à mon étang. Le nôtre, était d'une superficie moyenne. Petit mari, aurait aimé le parcourir avec son canoë, il  en aurait fait très vite le tour. La barque qui s'y trouvait amarrée, servait à grand-père pour aller taquiner le goujon, certains après-midis d'été.

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Au bord de l'eau, il y avait une jolie petite construction aux vitres entourées de fer forgé, comme l'atelier de mon grand-père. Maintenant, à notre époque ces baies vitrées, servent de séparation entre une cuisine et un séjour et  donnent leur plus bel effet. Là, au fond du jardin, cette petite maison, servait de havre de paix, pour ceux et celles qui voulaient lire ou se reposer au bord de l'eau et à l'abri du vent.

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L'intérieur était assez rustique, mais il y avait une table que nous sortions pour nos pique niques, un buffet ancien et des fauteuils 1900 en rotin. Dans un coin plusieurs étagères, sur lesquels s'allignaient des livres pour enfants, des manuels de jardinage et d'appiculture, car Grand-père a eu sa période "abeilles", il faisait chaque année son miel. Et les petites travailleuses avaient leurs maisons à l'entrée du jardin.

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D'abord, j'ai aimé y venir jouer à la poupée et à la dînette, pendant que ma grand-mère jardinait tout en ayant un oeil sur moi. Un peu plus grande, j'ai installé une chaise longue et je venais  lire tranquillement dans ce petit coin de paradis. C'est là, que j'ai dévoré toute la littérature de la Comtesse de Ségur.

Mes grands-parents recevaient beaucoup l'été, famille et amis se succédaient. Quand le temps le permettait, nous allions pique niquer là bas. Ces jours là, grand-mère préparait la veille un repas froid. Ver 11h30, nous mettions tout dans la carriole (celle qui servait à aller ramasser du bois mort dans les bois environnants.) Il ne fallait rien oublier, car elle n'aimait pas avoir à faire des pas pour rien. De vrais festins.   Au dessert pépère poussait la chansonnette ou nous jouait de la mandoline.  Son air préféré , une chanson de Berthe Silva : "Du gris que l'on prend dans ses doigts." A chaque fois que j'entends cette chanson, je ne peux m'empécher de penser à lui. Des dimanches enchanteurs que ne connaîtront jamais les enfants de maintenant.

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Quand j'étais adolescente, c'est là, que je me réfugiais pour écrire mon journal intime, que je  cachais sous une latte du plancher. Premiers émois, premiers flirts, premiers sentiments. J'avais 16 ans, mon Dieu comme c'est loin et encore tellement présent ; j'ai toujours été une grande sentimentale et une grande romantique. J'avais baptisé mon refuge : "Refuge de la Marquise", en souvenir de la jolie maison de ma grande tante "La Duchesse", dont je vous ai déjà parlée.

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Les années ont passé et je m'en suis allée. Après le décès de ma grand-mère, j'ai vendu la maison. Pourtant elle comptait beaucoup pour moi. Mais mon mari, a  trouvé qu'il y avait trop de frais pour la rendre confortable et plus aux normes des années 1980. Dans cette petite ville, il ne me reste  que "notre résidence secondaire", comme disaient mes grands-parents, et elle se trouve au cimetière.   Je n'y vais plus très souvent. Mais un jour, je me suis payée de culot et j'ai sonné à la porte des propriétaires actuels. Ils m'ont reçu gentiment et m'ont fait découvrir avec fierté leur dernière rénovation au fond du jardin.

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Je suis restée ébahie en retrouvant mon refuge.

Le refuge de la Marquise, est maintenant un joli studio dans lequel on y a mis toutes les commodités : kitchenette, WC, douche et lavabo. Le restant de la pièce est décorée avec beaucoup de goût, des sofas et des fauteuils donnent à cet endroit un aspect encore plus chaleureux. Pas de télévision ni d'ordinateur. Les bords de l'étang et le jardin sont joliment aménagés. Une suspension en fer forgé retrouvée dans l'atelier est scellée dans le mur avec une jolie pancarte  : "Le Refuge de la Marquise."

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En quittant l'endroit de mes jeunes années, j'étais très émue et contente de voir que d'autres personnes ont continué à l'embélir, tout en faisant un clin d'oeil au ferronnier d'art qu'était mon grand-père. Ne dit-on pas : "que nous sommes sur terre, simplement des dépositaires de nos biens" ?

 

Les aquarelles ont été relevées sur le Net

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08 avril 2016

L'hospitalité et les secrets de famille

Je vais vous parler cette semaine du sens de l’accueil de mes grands-parents dont j’ai très certainement hérité. Toute leur vie, j’ai vu prendre place à notre table familiale des amis dans le besoin.  Parfois cela allait même plus loin, comme l’histoire que je vais vous raconter. Ma grand-mère disait toujours, quand il y  a à manger pour deux, il y en a pour trois.

 

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Dans les années 1900, tous les enfants d’un village ou d’une petite ville jouaient ensemble dans la rue ; tout le monde se connaissait.

Rue de Montdidier à St

Mon grand-père avait partagé toute son enfance avec la famille du cordonnier qui habitait à côté de chez lui. Une fratrie de 7 filles. Souvent elles venaient manger chez ses parents, certaines étaient amies avec ses sœurs. Parmi elles, deux sont restées présentes dans sa vie : Henriette et Emilienne et elles sont devenues les amies de ma grand-mère.

 

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Quand grand-père est revenu de la guerre de 1914, Henriette s’était mariée et elle avait une jolie petite fille « Paulette » qui est vite devenue par la suite amie avec, ma maman. Toutes deux avaient cinq ans d’écart ; bien vite l’une est devenue  la grande sœur de l’autre.

Renée 12 ans

Un jour Henriette se retrouva seule avec Paulette, son mari les avait  abandonnées en les laissant dans la misère. Ses maigres revenus de couturière  ne suffisaient plus pour manger tous les jours, elle a donc demandé de l’aide à ses sœurs, aucune ne lui a tendu la main. Heureusement chez Marcelle et Adrien il y avait toujours une place à table. Les années se sont écoulées et en 1933, Henriette a attrapé la tuberculose, et s’est retrouvée à l’hôpital de la ville voisine. Cet hôpital était tenu par les religieuses de St. Thomas de Villeneuve, elles ont  accepté de prendre dans leur communauté Paulette en attendant que sa maman guérisse, ce qui permettait à la mère et à la fille de ne pas se séparer.

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Malheureusement, Henriette ne s’en sortira pas. Quand elle a réalisé qu’elle allait mourir elle s’est tournée vers ma grand-mère et lui a fait promettre de s’occuper de sa fille et de finir de l’élever comme la sienne. C’est quelques jours avant Noël 1934  qu’Elle partira tranquille en sachant que son amie s’occupera de son bien le plus précieux. Sauf que l’avenir allait être tout à fait différent de celui auquel elle aurait pu penser.

 

Adrien et Marcelle vers 1920 2

 

Pendant son séjour forcé chez les religieuses, Paulette s’est découverte la vocation religieuse et rien n’y a fait pour la faire changer d’idée ; pourtant les vacances suivantes ma grand-mère a décidé qu’elle partirait avec sa marraine et ma maman en vacances dans le Jura à Arinthod, en espérant la distraire et lui  faire oublier ses "drôles d’idées", mais rien n’y a fait,  en rentrant de vacances, elle a demandé à rentrer à la maison mère de la Congrégation pour y faire son noviciat.

 

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 Mes grands-parents se sont inclinés et l’ont aidée dans sa nouvelle démarche, ils sont restés présents dans sa vie et l’ont accompagnée sur le chemin qu’elle s’était choisie. Jusqu’au décès de mes grands-parents elle les appellera « Petit Père et Petite Mère.

 

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 Son destin n’a pas été le même que celui de maman, différent et enrichissant aussi. Puisque après quelques années de noviciat à Sanvic au Bon pasteur  elle est partie une quinzaine d’années aux Etats Unis dans un séminaire que les religieuses avait dans le Connecticut. A partir des années 1948, une longue correspondance s’est échangée avec mes grands-parents ; à chaque fête religieuse et évènements familiaux. Je me souviens des belles cartes articulées avec de jolis motifs religieux ou pas, des cartes que nous n’avions pas en France à l’époque. C’est à Elle que je dois mes premières colonies de vacances à partir des années 1950 dans le château de St. Jouin en Normandie. Quand maman a décidé de me mettre en pension, c’est encore vers Elle que la famille s’est tournée pour que j’intègre l’internat de St. Germain en Laye et ensuite celui de Bry sur Marne. Pendant ses années américaines, elle n’est revenue qu’une seule fois en 1958 dans sa famille. Elle rentrera définitivement en France dans les années 1960.

 

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 Son influence a continué, elle viendra chaque année quelques jours en vacances à la maison. Quand ma grand-mère s’est retrouvée seule, elle la fait entrer dans la maison de retraite où elle exerçait. Ma grand-mère aura une fin de vie tellement différente de sa propre vie en province. Il faut savoir que cette maison de retraite se trouve dans l’annexe du Château de madame Adélaïde à Neuilly sur Seine, un endroit magnifique, que je connais bien et où je suis souvent allée, puisque c’est la maison mère des Religieuses de St. Thomas de Villeneuve.

 

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Petite anecdote dont je me souviens. Quand elle est arrivée là bas, Elle a demandé à ma maman de lui acheter une belle canne et un joli chapeau, car quand elle sortait dans Neuilly et qu’elle allait s’asseoir sur un banc du boulevard du Château ou d’Argenson elle parlait avec des dames « biens » comme elle disait et il fallait qu’elle soit à la hauteur.

 

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Malheureusement après le décès de maman et de ma grand-mère, quand Paulette a commencé à vieillir, les religieuses  l’ont transférée dans une de leur maison en Bretagne et je n’ai pas pu aller la voir. Cette période était celle de ma période noire. Elle est décédée en janvier 1995 et les religieuses ne m’ont même pas prévenue, je l’ai appris par le courrier du jour de l’an qui m’est revenu. J’avoue avoir été très peinée, car nous étions sa famille pendant tellement d’années. Je savais qu’elle avait renoué avec ses tantes, mais cela ne l’empêchait pas de toujours nous considérer comme sa famille aussi.

 

1958 au Péreu2

 Les moyens modernes actuels m’ont réservé la semaine dernière une sacrée surprise. Comme je vous l’ai dit je me suis remise à la généalogie et en fouillant sur un site auquel je suis abonnée je suis tombée nez à nez (c’est le cas de le dire) avec une photo de Paulette en religieuse, sur un arbre généalogique que je consultais et qui s’est avéré être l’arbre d’une de ses petites cousines.

1958 au Péreu

Je me suis empressée de la contacter, nous avons parlé au téléphone et elle m’a raconté justement sa fin de vie en Bretagne. Et cerise sur le gâteau j’ai appris également qu’elle aussi avait fait ses études chez les mêmes religieuses que moi au même endroit que moi, où elle était externe quand j’étais interne et surtout  en même temps.

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Alors pour ma conclusion, je dirai que Sœur Ernestine « alias » Paulette, celle que j’ai toujours considérée comme ma tante et que j’aimais beaucoup,  était une bonne VRP pour sa Congrégation Religieuse, car en plus de la cousine et moi qui étions au même endroit sans le savoir. Mes séjours à la colonie de vacances que j’ai fréquentée à la fin des années 1940. Ensuite, ma grand-mère et celle de la petite cousine, qui ont rejoint la même maison de retraite aux mêmes années. Ça aurait valu une promotion !

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Et tout ça sans le dire aux unes et aux autres. Ma grand-mère à l’époque aurait certainement été contente de savoir que parmi les autres colocataires de la maison de retraite il y en avait une qui avait partagé l’enfance de son mari et dont-elle aurait pu par la force des choses se sentir plus proche !! Bon, je pense que ma tante avait peur que certains griefs ressortent et mettre le désordre dans la communauté.

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 Mais il est vrai, chez nous les Secrets de famille ont toujours été bien gardés.

 

Si vous êtes autant passionnés que moi pour la généalogie et l'Histoire des familles, je vous invite tous les lundis sur mon autre blog consacré uniquement à ma passion :

Manouedith 3

 

 

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11 mars 2016

Les trésors enfouis

 

Quand j’étais enfant. Certains dimanches d’hiver, ma grand-mère descendait la grande boîte en carton de La Belle Jardinière, célèbre magasin parisien du début du XXème siècle. Dans cette boîte, elle y rangeait toutes les vieilles photos ayant appartenu à différentes personnes de la famille. Elle avait aussi récupérées celles de ses parents et de ses grands-parents.

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Une vraie mine de souvenirs, inlassablement elle me présentait toutes les personnes qui avaient traversé sa vie et qui pour certaines s’étaient envolées depuis longtemps. Seulement, au dos elle n’inscrivait pas les noms, dommage ! Néanmoins comme elle ressortait souvent sa grande boîte, ma mémoire enfantine inscrivait dans un coin de mon cerveau le nom de l’inconnu et sa parenté avec moi. J’aimais ces journées de  retrouvailles familiales, si l’on peut dire.

Louise Morel Fernande Pascaut Marcelle Bourcy

par exemple la personne âgée au milieu, c'était sa grand-mère Louise Bourcy-Morel (1842/1932)

Etant fille unique comme je vous l’ai déjà dit, maman aussi  étant partie avant ma grand-mère ; c’est moi, qui ait hérité de tous ces trésors d’un autre temps. Très sensibilisé depuis toujours par l’histoire de notre famille, j’ai conservé ces veilles photos et depuis, j’ai mis au dos les noms que je me souvenais.

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Je suis très conservatrice, ça aussi je vous l’ai déjà dit.  Chez moi, tout est rangé consciencieusement, pas de photos qui traînent dans les tiroirs. Toutes sont regroupées dans des albums de l’époque. A mon grand désespoir, ces albums aux supports collants sont très mauvais pour la conservation dans le temps ; il est souvent impossible d’y retirer une photo sans l’endommager. Le tout est rangé dans l’armoire de la chambre reconstituée de mes grands-parents, elles sont donc en terrain de connaissance.

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Cet hiver, j’ai repris la généalogie ! Soit, avec un autre esprit. Mais avec le souci d’agrémenter l’histoire de  mes ancêtres avec les photos et les cartes anciennes que je possède. Inutile de vous dire que le scanner fonctionne beaucoup en ce moment à la maison, doublé par Picasa pour rendre leur éclat aux photos jaunies par le temps.

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Les cartes postales, sont toutes dans des albums à pochettes plastiques, donc absolument pas endommagées. Dans une vingtaine d’albums se trouvent presque la France entière ; un vrai trésor de brocante. J’ai mis à jour mon logiciel « Généatique », j’ai repris un abonnement « premium » à Généanet   et avec joie, j’ai découvert les nouvelles fonctions bien améliorées par rapport à mes versions 2009.

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Parmi ces nouvelles fonctions, une qui me plaît beaucoup. Le partage des actes, des cartes, des blasons et des documents avec ceux qui passent par là. J’ai donc décidé de faire profiter un maximum les internautes qui font des recherches ; car je doute que mes enfants après moi aient le même don de conservation de leurs ancêtres.

 

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 Trop plongés dans le monde actuel, ils sont bien loin de la conservation des patrimoines familiaux. Pourtant, ces racines, ce sont celles qui font le monde d’aujourd’hui. Je ne voudrais pas que mon travail généalogique de toute une vie se retrouve après moi sur les brocantes. J’envisage donc, s’il n’intéresse pas mes proches, d’en faire dons aux archives d’associations généalogiques. Je reste convaincue que c’est un patrimoine qui doit se conserver.

 

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 La boite qui a remplacé celle de la Belle Jardinière

Trop de photos, de documents, d’actes notariés et même de registres paroissiaux se trouvent sur les brocantes partout en France. A chaque fois que je vois des cartons de  photos d’inconnus sur un étalage, cela me fait mal.  Quelque part, c’est un manque de respect de la part des familles qui s’en séparent parce qu’ils ne savent pas quoi en faire. En cherchant bien on peut trouver des organismes d’histoire, de généalogie, de conservation de photographies anciennes qui commencent à récolter ces biens précieux. Donc, si un jour vous débarrassez une maison familiale avec de tels trésors essayez de trouver une autre issue que les brocantes ou la poubelle.

 y valise

 

Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote vécue dernièrement. Dans ma famille, on m’a toujours connue comme celle qui s’intéressait à la mémoire familiale et à l’histoire en général.

 

EDITH arrivée à St

 En l’An 2000, quand le cousin germain de maman est décédé, n’ayant pas de descendance et comme il aimait les mêmes choses que moi, sa compagne m’a donné toutes ses photos familiales et papiers qui pouvaient m’intéresser, même ses vieux appareils photos, lui aussi était un mordu de photographie, il a été un des premiers à faire des diapositives. Je les ai rangées soigneusement sur une étagère de mon armoire et je les ai laissé dormir jusqu’à ce mois-ci.  J’ai décidé d’y jeter un œil et de les répertorier avec les autres.

 paul bernard

 

 Là, qu’elle a été ma surprise d’y découvrir certaines photos qui m’étaient inconnues et pourtant elles me touchaient de très près, puisqu’elles concernaient mon père biologique, ainsi j’ai découvert les pieux mensonges que l’on m’avait racontés sur ma filiation et une autre version du secret de famille qui n’en était plus un, mais largement édulcoré. Eh bien ! Je peux vous assurer que, passée 70 ans, cela fait tout drôle. Ne mentez jamais, même par omission, la preuve, tout se sait un jour ou l’autre et ça peu faire mal.

 

marcel, edith, paul

 

 Merci Paul.

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