19 mars 2011

St. Thomas de Villeneuve - Mon enfance

La petite fille, dont je vous ai parlé la dernière fois, a une année pour se faire à l'idée du pensionnat avant de faire connaissance avec la vie en communauté. Une année d'anxiété en se demandant comment c'était "ailleurs" que chez ses grands-parents ; l'idée d'être arrachée pour la seconde fois aux personnes qu'elle aime, lui fait beaucoup de mal.

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La fin du mois de septembre 1952 arrive vite. Elle se retrouve à Paris chez ses parents pour aller acheter le trousseau qu'il lui faut pour l'internat. Sa maman, aime les vêtements de qualité ; la petite fille lui a toujours reproché son manque d'affection, mais elle n'a jamais manqué de rien d'autre...

uniforme

mis à part la collerette petit bateau, l'uniforme ressemblait à ça.

Sa grand-mère, a déjà cousu sur tout son linge le numéro 97, qui lui permettra de retrouver ses affaires parmi celles des autres internes. Elle a choisi dans le service de table de ses grands-parents les assiettes, les couverts qu'elle emportera ; comme cela elle se sentira moins loin d'eux.

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Je suis conservatrice, j'ai retrouvé un porte serviette , des assiettes et des couverts de cette époque !

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Mais il reste à acheter l'essentiel : "l'uniforme bleu marine" manteau, jupe plissée, pulls, chaussures, corsages blancs, socquettes et chaussettes blanches. Pour cela, c'est dans un grand magasin parisien réputé pour sa qualité et pour la confection des uniformes : "La Belle Jardinière"  qu'elles iront.

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Le concept de ce magasin fondé à la fin du XIXème siècle, propose de la confection fine et en série. Les établissements scolaires y font faire leurs uniformes comme entre autre le collège Stanislas renommé à Paris. La Belle jardinière cesse son activité en 1970.

 

A la pension, elle recevra un magnifique beret bleu-marine aux armes de la ville de St. Germain en Laye, qui représente le berceau de naissance de Louis XIV

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Je regrette tellement de ne pas avoir conservé ce béret.

 

La petite fille, ne rentre pas dans n'importe quel pensionnat. Le sien a une histoire. Les premières religieuses de l'Institution St. Thomas de Villeneuve s'y installent en 1698. Au XVIIIème siècle on l'appelait "le Très noble pensionnat de la Reine". En 1700, il accueille les jeunes irlandaises et écossaises exilées avec Jacques II Stuart. C'est le premier établissement de la congrégation qui ne correspond pas tout à fait au désir du fondateur le Père Ange Pierre le Proust, qui voulait qu'il se consacre uniquement au service des pauvres.

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Il est né à Chatellerault en 1624. Il rentre ches les Augustins à Poitiers en 1640 y étudie la philosophie et la théologie. Il voue une grande admiration à Thomas de Villeneuve  évêque espagnol aux vertus religieuses et le prend pour modèle. Il est ordonné prêtre en 1649.

 

Mais pouvait-on résister au Roi Soleil ?

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 Malgré tout, pour sauver les apparences, afin de correspondre au souhait du fondateur très rapidement une petite école s'ouvre et accueille des orphelines pauvres.

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Malheureusement la révolution met un point final à la 1ère période de la maison de St. Thomas de Villeneuve de St. Germain en Laye. Elle rouvre ses portes pour la seconde période en 1808, elle n'acueille plus les filles de Roi, c'est le siècle du Grand Pensionnat. Les enfants bourgeois ont remplacé les filles nobles et ensuite les filles de familles aisées. A l'époque ou les filles apprennent la couture, la musique et les bonnes manières, il y a dans cette école un professeur de mathématique, des cours de philosophie et de sciences y sont donnés.

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Au moment de la séparation de l'église et de l'état, le pensionnat s'exile en Angleterre, seules restent les orphelines qui vont en classe à l'extérieur. Ce n'est qu'en 1941, que les enfants reviennent et que les soeurs ont à nouveau l'autorisation d'enseigner. L'école n'est plus le Pensionnat de la Reine, ni le Grand Pensionnat. A l'époque ou la petite fille y rentre il est une école et un collège d'enseignement général privé. Au XXIème siècle l'école existe toujours et c'est aussi un établissement supérieur privé ou les religieuses n'enseignent plus, mais ou la direction de la maison est encore tenue par un petit groupe de religieuses.

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La petite fille devenue grand-mère est repassée il y a quelques années à St. Germain en Laye et elle est allée rendre visite aux religieuses, elle est montée dans son dortoir transformé en plusieurs sales de classes, elle a reconnu l'endroit ou était son lit à cause des colonnes qu'il y avait dans la pièce.

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Les années passées à l'Institution Saint Thomas de Villeneuve à Saint Germain en Laye sont malgré tout de bons souvenirs. J'aime me rappeler les longues promenades en uniforme des jeudis après-midi dans le parc du château, où depuis la Terrasse on peut admirer l'ouest parisien.

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Je vais partager avec vous, un autre moment émouvant de mon passage dans cet établissement. Le jour de ma Profession de Foi le 4 juin 1954.

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La supérieure s'appelait "Mère Saint Maurice"

Le matin, avant  la cérémonie, les religieuses avaient réunis toutes les communiantes dans le grand parloir divisé en deux, d'un côté se trouvaient les petite filles agenouillées et de l'autre les parents. Elles ont ouvert la porte du milieu et tout le monde a écouté la prière qu'elles adressaient à leur famille pour demander pardon des petites fautes qu'elle avaient pu commettre. Cet instant émouvant 57 ans après je m'en souviens comme si c'était aujourd'hui.

 

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 Chateau de Bry sur Marne fréquenté entre 1957 et 1960

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Je n'étais pas avec mes parents chaque jour, il me manquait l'essentiel "le baiser du soir". Mais j'avoue que cette vie m'a apporté une solide et bonne éducation et m'a armée pour affronter la suite et je remercie toutes ces religieuses qui sont passées dans ma vie soit à Saint Germain en Laye ou a Bry sur Marne car grâce à Elles j'ai pu inculquer à mes enfants les vraies valeurs de la vie.

 

 

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12 mars 2011

L'enfance d'une petite fille

 

A notre époque, quant on attend un enfant, c'est une heureuse nouvelle, C'est la joie et toute la famille entoure la future maman.


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Pour cette petite fille là :

 

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en 1943, ce n'est pas la même chose, elle est comme on lui a dit souvent : "un accident". Pas de lit préparé à la maison, pas de jouets, pas de câlin. Née à Paris dans le petit pavillon d'une sage femme du côté de la Butte aux cailles.

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Dès sa sortie, la maman la dépose chez une nourrice à Herblay ; de braves gens Monsieur et Madame Parent, ils lui donnent certainement de l'affection. Ils ont une brave tête ces gens là.


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Le dimanche, la maman vient la voir, la promène, la photographie. Au bout d'une année, la grand-mère mise dans la confidence vient elle aussi lui rendre visite. Elle revient plusieurs fois, mais à chaque fois le grand-père n'est pas là ; il ne sait pas.

 

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Au bout de 24 mois ; un dimanche la grand-mère dit : "cette petiote, elle va bientôt dire papa et maman à des étrangers, ce n'est pas normal", c'est décidé, je la ramène chez moi. Le grand-père sera bien obligé de craquer, elle est si mignonne.

 

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Ni une, ni deux, la petite fille va effectuer son premier voyage par le train. Nous sommes les derniers jours de la guerre. Pendant le trajet une alerte, le train s'arrête, les voyageurs descendent, se blottissent dans le fossé. Sous le vacarme des avions et des bombes, la petite fille se serre contre sa grand-mère, tellement elle à peur ; longtemps après le tonnerre lui fera le même effet. L'alerte passée, le train poursuit son chemin.

 

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Le grand-père ne s'attend pas à voir rentrer sa femme de Paris, avec une si jolie petite fille dans ses bagages. Il tombe rapidement sous le charme et lui ouvre sa maison et son coeur.


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La maman continue à venir voir sa fille une fois par mois. Un jour elle vient avec le papa ; mais voyez-vous la photo familiale est coupée, car le papa n'est pas le bienvenu.

 

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La petite fille grandit, entourée de l'affection de ses grands-parents. Une seule fois elle revoit ses parents nourriciers qui viennent lui rendre visite. Ensuite, plus jamais. Elle ne sait pas ce qu'ils deviennent. Souvent, en grandissant elle se pose la question "que deviennent-ils" ?. Elle essaie d'en parler, mais bien vite elle comprend qu'il vaut mieux oublier. Il ne faut pas s'attacher à des étrangers.....

 

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Remarquez, la petite fille est toujours  souriante, tout comme la jeune femme d'hier, tout comme la grand-mère d'aujourd'hui.

 

Le papa est divorcé, il a un garçon un peu plus grand "Claude", une fois il vient  rendre visite à sa petite soeur ; mais lui non plus n'est pas le bienvenu, il ne reviendra jamais.


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Quand la petite fille a les oreillons, on immortalise l'évènement. Il faut savoir que dans cette famille on aime photographier.

 

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Il y a également la première photo de la fête de l'école. Les grands-parents confectionnent l'habit du jour, la grand mère se met à la couture et le grand-père aux armatures en fer, après tout c'est son métier le fer. Superbe n'est-ce-pas le joli papillon ?

 

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En 1949, la maman amène à la maison un nouveau papa. En 1951, ils se marient, elle n'est pas peu fière la petite fille d'aller au mariage de sa maman, le nouveau papa est gentil, et il est beau, il a même dit :"je prends la mère, je prends la fille" ; banal maintenant, sauf qu'à cette époque c'est loin d'être fréquent.

 

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Il a toujours été son papa, même si à un moment de sa vie elle a recherché son papa biologique.

 

La petite fille pense, qu'elle va aller vivre avec eux. C'est mal connaître sa maman, tous les deux travaillent et un enfant "soit disant" ne se fait pas garder dans la journée.... Donc la solution c'est : la pension.

 

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     Saint Thomas de Villeneuve à St. Germain en Laye

 

La petite fille n'a que 9 ans, pas facile de se retrouver entourée de petites filles du même âge, de religieuses qu'elle ne connaît pas ; obligée d'apprendre à faire son lit toute seule, à tout partager  en ne voyant ses parents qu'en fin de  semaine, et retourner aux vacances scolaires auprès de ses grands-parents.


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Soeur Jean Climaque, celle qui durant ces nombreuses années sera sa maman de substitution, à qui elle confiera beaucoup de ses secrets, qui chaque samedi à 16 heures conduira tous les enfants qui sortent chez leurs parents jusqu'à la gare St. Lazare et qu'elle reprendra le lundi matin.

 

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Un dimanche après-midi dans le parc du château de Versailles. La petite fille fière d'arborer la croix d'honneur.

 

Cette vie, loin d'une vie familiale comme elle souhaite, dure jusqu'à ses 18 ans.


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Entrecoupée de chaque année 3 semaines de grandes vacances avec ses parents, seuls moments de partage journalier avec eux. Un des moments précieux qu'elle garde au fond de son coeur.


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Alors, comment se construire une vie d'adulte toute lisse dans ces conditions ? Heureusement la petite fille en grandissant a du caractère, de l'ambition et apprend à se débrouiller seule. La seule chose qui la poursuit toute sa vie, c'est le manque d'amour visible, le manque de complicité avec sa maman, le manque d'être comme les autres petites filles.

 

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Rien n'est facile. Mais à l'automne de sa vie, la petite fille fait le bilan en regardant dans le rétroviseur et elle se dit : "Ma vie n'est pas celle que j'ai souhaitée, mais "Bon Dieu" comme elle est enrichissante cette vie, j'ai fait des choses sympas et maintenant je suis une femme épanouie et une grand-mère comblée". Alors que demander de mieux.

 

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 Je ne voudrais pas que l'on pense que je me plains et que j'ai eu une enfance malheureuse. Non mon enfance n'a pas été malheureuse, elle a seulement manquer des ingrédients essentiels pour avoir une vie équilibrée et heureuse.

Toutes nos vies sont différentes, il faut savoir en tirer le meilleur et toujours garder l'espoir.

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02 janvier 2011

Bilan de la première décennie après l'an 2000

Il est habituel pour certains de faire un bilan annuel pour l'année qui vient de s'écouler. Moi, je préfère faire celui de cette première décennie après l'An 2000.

Vous souvenez-vous, l'An 2000, devait être extraordinaire, on en a parlé très longtemps avant et voilà que maintenant  10 ans sont passés. Pour moi, ces 10 dernières années ont vu un tournant dans ma vie. J'ai laissé ma vie de mère et de femme au foyer derrière moi et je me suis jetée à corps perdu vers une nouvelle vie tranquille, faite de plénitude et d'amour pour mes petits enfants.

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En 1989

Au premier janvier 2000, je venais de perdre mon mari, après seulement 3 ans de vie commune. Trois années dirons-nous "passable", car l'alcool s'était invité dans mon nouveau foyer et pourtant j'en attendais tranquillité et bonheur !!!!!

2000 :

Comme pour tout le monde le 1er janvier 2000 représentait à mes yeux beaucoup plus qu'un simple jour de l'An. Ne voulant pas passer ce réveillon toute seule, personne ne m'ayant invitée, j'ai passé une petite annonce dans mon journal régional pour réunir deux ou trois dames seules afin de partager un bon restaurant. J'ai rencontré deux dames de Chantilly qui ont bien voulu se joindre à moi pour aller dîner dans un restaurant gastronomique 4 étoiles de ma région. Nous avons passé une soirée très agréable, dans un joli cadre et nous sommes rentrées bien sagement chez nous aux premières heures du matin. En octobre 2000, j'accueillais également mon quatrième petit garçon "Maxime".

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Le Verbois - Route Nationale 16 - Saint Maximin - 60

l'été 2000, je me suis aussi envolée pour 3 semaines en Chine, un périple qui m'a emmenée de Pékin à Hong-Kong.

Ayant beaucoup de difficultés à vivre seule (les enfants, vivant leur propre vie chacune de leur côté, je n'étais pas leur premier souci). Avoir toujours été entourée de beaucoup de monde depuis mes années "pension", je ne supportais pas la solitude. J'ai profité des débuts d'Internet pour m'inscrire sur un site de rencontre ; j'étais déterminée à rencontrer le dernier homme de ma vie qui me rendrait heureuse, je voulais y croire et j'ai persévéré car ce n'était pas possible que je meure sans avoir connu le bonheur et la plénitude. Les 38 précédentes années avaient plutôt été plus que moyennes du côté de ma vie de femme. J'ai toujours été une battante, j'y ai cru très très fort et le miracle est arrivé en mai 2001.

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en 2001, premier restaurant avec mon amoureux à

Gouvieux au Montvillargène à la semaine du goût

 

2001 :

Un Picard comme moi, lui du nord de la région à proximité de la capitale picarde, moi du sud à proximité de l'île de France. Très vite, notre histoire s'est avérée sérieuse et les projets en commun sont devenus réalité. Nous nagions dans le bonheur comme deux gamins de 20 ans, tout était rose. Au mois d'août je lui fais découvrir les voyages à l'étranger et nous nous envolons pour le Sénégal

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La photo qui était sur Internet, sympathique le picard !!.

 

2002 :

L'année qui aurait du être celle de la Joie et du Bonheur a commencé par un séjour à la montagne. Le jour de la St. Valentin nous nous sommes fiancés et nous avons décidé de nous marier en septembre. Tout semblait aller pour le mieux, sans se douter un seul instant que le destin allait nous jouer un très vilain tour. Début mars, j'ai décidé d'arrêter de travailler et d'aller m'installer chez l'homme de ma vie, fin mars j'apprends la terrible nouvelle : ma seconde fille Chrystel, est atteinte d'un cancer aux poumons et ses jours sont comptés. Néanmoins elle voulait que notre mariage prévu en septembre ait lieu et avait confié à une infirmière qu'elle espérait pouvoir y assister. Malheureusement une fois de plus le destin en a décidé autrement, Elle nous a quitté le 17 mai. Le grand mariage que nous souhaitions s'est transformé en un mariage simple autour de notre famille proche. L'année 2002 a été une année très difficile à passer comme si nous la traversions au ralenti. Nous sommes partis quelques jours à Venise et en rentrant un autre chagrin, ma petite chienne qui m'avait accompagnée pendant toute ma traversée du désert nous avait quitté dans des conditions atroces.

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Chrystel 6 mois avant son départ

2003 :

Je vends ma maison et j'achète un appartement à la montagne pour y passer plusieurs mois dans l'année. La vie continue mais plus jamais elle ne sera comme avant. Néanmoins une note joyeuse la naissance de deux de mes petites filles : Thaïs et Héloïse.

2004 :

Le jour anniversaire de la mort de ma fille, naît le 4ème petit enfant de "Petit n'Amour" : Nathan ; pour moi, un anniversaire que je ne pourrai jamais souhaiter. Nous partageons notre temps entre la Picardie et Pralognan, nous faisons des recherches généalogiques et nous partons sur les traces de mes ancêtres en Alsace et à Bordeaux.

2005 :

Annabelle termine ses études de médecine et s'installe dans un cabinet médical près de St. Omer. Grande fête pour célébrer sa nouvelle vie professionnelle et personnelle. Sinon rien d'autre à redire sur cette année sauf qu'elle s'est terminée par le décès de mon beau père que j'aimais beaucoup. Et par un évènement qui a compté pour moi, après plusieurs années sans avoir revu celui que j'ai toujours considéré comme mon papa, j'ai forcé le destin et je suis allée le voir à Nantes. (si je peux donner un conseil en passant : rien ou personne  ne doit vous éloigner ou vous faire éloigner d'un être cher et encore moins d'un de vos parents, car jamais vous ne pourrez rattraper le temps perdu et vous vous embarasserez de regrets inutiles lorsqu'ils n'y seront plus). Une note joyeuse la naissance d'Adeline  ma petite fille de coeur qui est arrivée après 9 mois de péripéties digne d'un vrai polar.

 

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2006 :

Au printemps 2006, dernière visite de papa. C'est pendant nos vacances à Pralognan que j'apprends son décès. Il a refait sa vie après le décès de maman en 1983 et il s'est éloigné de moi à cause de sa nouvelle compagne qui ne me considérait pas comme sa fille (pourtant je portais son nom). Fin 2006, nous reprenons le goût des voyages et nous décidons d'aller en Inde, visiter le Rajasthan. Quelques jours avant notre départ, j'ouvre mon premier blog et j'élargis mon univers pour donner et partager avec des inconnus ; expérience qui depuis continue à m'enrichir d'amitiés virtuelles.

2007 :

L'année du changement, nous décidons de nous rapprocher de Pralognan et d'Emilie qui vient de se séparer de son mari. Achat de la grande maison et emménagement en avril, qui verra chaque année le défilé de nos petits enfants. Premier grand projet en commun qui nous rapproche encore plus. Je profite beaucoup de Maxime et d'Héloïse tout en découvrant  notre nouvelle région.

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2008 :

Au début de l'été, deux bonnes nouvelles, le remariage d'Emilie avec Eric mais surtout l'annonce inattendue qu'Annabelle me fait le matin en me donnant un rébus à résoudre, qui me fait découvrir l'annonce de l'arrivée de mon dixième petit enfant,  petit enfant comme je l'ai déjà dit que je n'attendais pas. Je n'avais jamais envisagé un bébé de ce côté là. Mais voyez-vous les miracles arrivent. Découverte aussi du monde des croisières avec ses escales en Norvège et au Danemark.

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2009 :

Nous continuons à découvrir le monde des croisières, en sélectionnant celles qui nous plaisent le mieux. Mais l'évènement le plus important c'est l'arrivée de Théma 115 ans après mon grand père le 20 février. Son baptême et le rapprochement de toute la famille qui s'était éloignée par les aléas de la vie. Belle preuve pour constater que certaines douleurs s'effacent et que les relations peuvent s'établir autrement pour ne plus perdre le fil de la vie.

 

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2010 :

Ma belle-mère nous quitte fin janvier. Installation de mon premier petit fils à Lyon. Sa soeur Marie obtient son diplôme d'infirmière et se prépare à commencer sa vie professionnelle à l'hôpital de Toulon. Retour pour les vacances de mon fils de coeur Jean- Claude qui nous présente sa fiancée et nous annonce la naissance en 2011 de leur fils. Quant à nous, découverte de l'Opéra et de trois villes merveilleuses : Budapest, Vienne et Prague. Les derniers travaux d'embellissement de la grande maison se terminent et nous, nous  terminons l'année 2010 à Pralognan et nous embrassons 2011 tous les deux en amoureux.

 

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Pendant ce temps là, le monde a changé, il n'a pas évolué toujours dans le bon sens. La misère est toujours présente, l'incertitude du lendemain s'accentue de plus en plus. Le monde de consommation est Roi il accentue le mal être de ceux qui ne peuvent pas tout avoir en transformant les valeurs fondamentales en valeurs éphémères. "Avoir et posséder" sont la nouvelle façon d'exister et plus du tout pour ce que nous sommes. Il me reste un espoir enfin entendre les voix qui commencent à se réveiller en nous pour nous montrer de plus en plus que si nous continuons à ne plus rien respecter, nous allons droit dans le mur.

 

Alors, Bonne Année à Tous

et bonne nouvelle décennie.

 

Qui veut s'amuser à faire le bilan de ses 10 dernières années, je relève le défi....

 

 

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13 septembre 2010

Le Bon Pasteur - La Providence à Sanvic (Seine Inférieure)

Quand dans les années 1950 on parlait de "Bon Pasteur", bien souvent c'était pour nommer des maisons de redressement.

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Bien austère n'est-ce pas ! Celui-ci se trouvait à SANVIC près du Havre. Je vais vous raconter comment j'ai été amenée en 1947 à connaître cet établissement ; mais avant je vais vous faire une petite rétrospective  de la création du Bon Pasteur à Sanvic.

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En 1842, le Havre deuxième port de France attirait une population venue de la campagne environnante. Parmi les notables de la ville, il y avait la famille AUGUSTIN-NORMAND dont Jacques était le fondateur du chantier naval. Madame Augustin-Normand et plusieurs autres dames ont créé en 1842 la Société de la Providence, dans le but de sauver des femmes et des jeunes filles qui s'abandonnaient à la prostitution dans le port du Havre. Elles s'adressèrent au Soeurs du Bon Pasteur d'Angers qui s'en occupèrent jusqu'en 1902.

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En 1902, le Bon Pasteur fut confié aux religieuses hospitalières de la congrégation de Saint Thomas de Villeneuve. S'étant agrandi, cet établissement se voyait confier chaque année par les tribunaux plusieurs dizaines d'enfants pour y vivre et poursuivent leur scolarité. Vivant en totale autarcie, alors qu'aucune administration n'allouait d'aides pour leur action sociale.

Il faut dire que les religieuses de St. Thomas de Villeneuve étaient souvent des femmes venues d'un milieu aisé et quand leurs parents décédaient leur part d'héritage rentrait entièrement dans la congrégation. Les religieuses au nombre d'une trentaine et les pensionnaires assuraient elles-mêmes la culture du potager, le soin aux animaux et tous les ateliers d'entretien.

Après la guerre ma tante y était religieuse sous le nom de "Soeur Ernestine". En 1947, sa congrégation décidait de l'envoyer dans une autre de leurs maisons aux Etats Unis dans le Connecticut. Avant de partir, elle avait le droit de recevoir sa famille proche pendant plusieurs jours, comme j'habitais avec mes grands-parents, j'étais du voyage ; c'est lors de cette visite que j'ai vu la mer pour la première fois ; je n'avais que 4 ans mais je m'en souviens très bien.

    

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  Me voici dans les bras de mon grand-père entourés de ma tante, de ma grand-mère et d'une employée lingère de Sanvic, car parmi les jeunes filles recueillies, certaines sont restées toute leur vie avec les religieuses et elles ne manquaient pas de travail.

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Beaucoup d'entre-elles sont devenues "lingères, blanchisseuses" car l'établissement avait sa propre blanchisserie, qui se chargeait du linge des hôpitaux ainsi que des paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique, il y avait aussi l'entretien du linge des militaires du Fort de Tourneville et des particuliers, jusqu'en 1914/1918 on comptait jusqu'à 350 pensionnaires. En 1914, un arrêté de la préfecture autorisa l'association à recevoir des enfants délinquants, en danger moral et des pupilles de l'état.

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de 1921 à 1933, plusieurs bâtiments sont construits. Malheureusement, la grande guerre avait fait de nombreux orphelins et d'autres victimes de la misère.

En 1933, un pavillon spécialement dit des "toutes petites" réservée aux petites filles de 3 à 5 ans.

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Voici le réfectoire des petites, telle que je l'ai vu la première fois que je me suis rendue à la Providence.  Au début du siècle les amis de la maison qui faisaient parti des notables de la ville aidaient à améliorer les conditions de vie des enfants. Il y avait à la tête de la Providence, une mère supérieure dynamique, enthousiaste et surtout très moderne pour l'époque Mère St. Engelbert qui donna à l'établissement un tel essor qu'il était qualifié d'établissement pilote.

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Je me souviens très bien de l'immensité de ce domaine aux yeux d'une enfant, c'était comme un village dans la ville, on pouvait y trouver en plus de la blanchisserie, une boulangerie, un potager, un verger et au fond du domaine une ferme avec des animaux en liberté ainsi que des fleurs partout.

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300 à 350 enfants et jeunes filles jusqu'aux années 1970 de 2 ans à 21 ans apprennent à équilibrer leur vie, à tenir un intérieur et à travailler pour gagner leur vie. L'éducation est certes celle de l'époque, plus stricte et austère que celle d'aujourd'hui. Les sorties sont plus rares et surveillées, mais en compensation les anciennes disaient : " oui c'était dur mais tout cela s'efface dans le souvenir d'un climat exceptionnel, familial et joyeux". Je ne suis pas allée à la Providence de Sanvic, mais je peux témoigner car je suis allée toute ma scolarité en internat dans deux de leurs maisons  à St. Germain en  Laye et à Bry sur Marne entre 1953 et 1960 et l'ambiance était exactement la même.

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Les élèves montaient des spectacles et les grandes confectionnaient les costumes et les décors. De nombreuses représentations eurent lieu dans cette salle.

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Bien évidemment comme dans toutes maisons tenues par des religieuses, il y avait une superbe chapelle et à cette époque les enfants et les jeunes filles ainsi que le personnel allaient régulièrement à la Messe et en 1963, tous les soirs on allait encore au Salut.

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Je vous ai déjà parlé de la Colonie de Vacances qui faisait partie de la Congrégation et où les enfants de Sanvic se rendaient chaque été (un de mes billets :

Ma vie de châteaux du 8 novembre 2007..

 

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3 années de suite, j'ai partagé mes repas avec les petites de Sanvic dans ce réfectoire.

 

En 1978, les soeurs de St. Thomas de Villeneuve se retirent, le Bon Pasteur devient un établissement laïc. N'accepte plus que 50 pensionnaires, le grand dortoir est supprimé au profit de chambres traditionelles. Ainsi va la vie, les époques changent et nous passons à autre chose.

 

Après notre visite à Sanvic, ma tante a eu le droit de venir passer quelques jours chez mes grands parents avant son départ pour les Etats Unis. Voici la photo souvenir.

 

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dans les années 1960, les religieuses adoptèrent une tenue plus pratique, car la coiffe de cette photo était en gaze blanche et quand les religieuses étaient à la maison le voile noir était remplacé par un voile de gaze bien rigide blanc.

 

Beaucoup ont des souvenirs de pensionnat pas aussi idyllique que ceux que je viens de vous décrire, mais moi j'ai eu cette chance. Bien évidemment j'aurais préféré vivre avec mes parents, mais eux en avaient décidé autrement.

 

 

Je vous demanderai d'avoir la gentillesse de ne pas prendre mon blog pour un tchat, toutes les personnes qui ont mis un commentaire pour retrouver une ancienne du Bon Pasteur ne sont pas certaines d'avoir une réponse, car cet espace est un blog personnel d'une petite fille des années 1950, qui remonte ses souvenirs  d'enfance. Je décris suivant ma mémoire du temps de l'époque, quand je suis allez rendre visite au Bon Pasteur, pour dire aurevoir à ma tante religieuse dans cet établissement avant qu'elle ne parte dans un maison de St. Thomas aux Etats Unis. En aucun cas, je ne suis une ancienne du Bon Pasteur. Celles qui passent par ici et qui désirent se retrouver, ne prenez pas mon Blog comme support. Je n'accepterai plus de messages persos, je les retirerai.

Merci pour votre compréhension.

Cordialement à toutes

 

Manouedith

 

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05 décembre 2009

Mon plus beau Noël c'est aux Galeries Lafayette

Petits et Grands. Avez-vous le souvenir de votre plus beau Noël ?

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Quand j'étais enfant, je passais le Noël chez mes grands-parents. Il n'y avait jamais de sapin, sauf une seule fois. Pas de réveillon, je découvrais mes jouets en principe devant la cuisinière de la cuisine, le matin de Noël. En revanche, il me reste le souvenir magique des grands Noël à Paris. Maman travaillait aux Galeries Lafayette et chaque année j'avais le droit au Noël du personnel.

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Alors là, rêve et magie dont je me souviens encore, c'est ce souvenir de Noël que je garde à jamais dans ma mémoire. La devanture du magasin était illuminé pas autant que maintenant, mais quand même dans les années 50 elle était belle. Tout commençait par allez admirer les vitrines du boulevard Haussmann, chacune d'elles représentait des jouets articulés des automates, tout pour faire rêver les enfants.

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  A l'époque, nous ne prenions pas de photos, pour mieux vous faire comprendre j'ai emprunté celles-ci sur le net.

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C'est un maigre aperçu mais je vous assure les yeux des enfants étaient émerveillés. Ensuite nous rentrions pour admirer le grand sapin sous la coupole

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Le père Noël descendait le grand escalier pour nous distribuer notre jouet. Un spectacle dont je me souviens encore plus de cinquante ans après. J'aimerais savoir si le Noël du personnel des Galeries Lafayette est toujours le même ? J'adore ce magasin qui a su garder l'ensemble de ses galeries et n'a pas cloisonné certains de ses rayons comme au magasin du Printemps. Se promener aux Galeries Lafayette c'est naviguer au temple du luxe.

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Une lumière dorée s'échappe de la coupole de style Byzantin constituée de 10 vitraux peints pour inonder le hall et faire scintiller  les rayons. A chaque étage depuis les balcons vous pouvez admirez l'ensemble du magasin.

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Et vous, avez-vous des souvenirs magiques de vos Noëls ? Racontez nous.

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22 août 2009

Retrouvailles 47 ans après à Fontaine de Vaucluse

Retrouvailles 47 ans après ce n'est pas rien !

La dernière fois que nous nous étions vus c'était en 1962 et voici le dernier visage que Marcel et Danièle  avaient de moi.

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Et pourtant Marcel a fait parti de mes amis d'enfance, sa maman était une amie de la mienne, quand je venais chez mes grands-parents en vacances nous étions de la même bande.

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Maud, mon amie d'enfance avec Dani.

En grandissant, Marcel a rencontré Dani  et moi un copain de Marcel. Nous nous sommes fiancés chacun de notre côté, 47 ans après ils sont toujours ensemble, pas moi !

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Les aléas de la vie nous ont éloignés.

Maud qui habite Nouméa, vient en vacances tous les deux ans en France et cette année, elle avait décidé lors de son séjour, de réunir ses amis d'enfance. Par copains d'avant elle en avait retrouvé plusieurs. Cette année trop occupée pendant le mois de juillet je n'ai pas pu les rejoindre en Picardie. Mais au soir de leurs retrouvailles, elle m'a téléphoné pour me dire qu'un des couples qui m'avait bien connu, voulait me revoir et qu'elle leur avait donné mes coordonnées. Inutile de dire que le lendemain il y avait un petit mot dans ma boite émail. Plusieurs correspondances, des envois de photos ont été échangés dans la même semaine. Ils habitaient la région parisienne, mais ils descendaient en vacances à Aix en Provence.

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Nous n'avions plus de temps à perdre, nous avons décidé de descendre deux jours en Provence pour les rejoindre. C'est donc à Fontaine de Vaucluse que nous avons trouvé un joli hôtel de charme "l'Hôtel du Poète" dont je vous parlerai prochainement.

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Il faisait beau, même beaucoup trop chaud. Marc et moi nous avons décidé de trouver un endroit sympa pour passer l'après-midi à papoter à se retrouver et pour Marc à faire connaissance sans qu'il s'ennuie un peu, car ce n'est pas toujours drôle les retrouvailles avec des amis qui lui sont inconnus .

Notre Hôtel étant un ancien moulin restauré, avec de l'eau partout dans le parc, rien de plus agréable avec ce jour de canicule puisque c'était le jour le plus chaud de l'année pour nous retrouver.

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C'est à cette table que nous les attendions. Et je pensais à des retrouvailles surprises quand j'étais enfant. Un compagnon de guerre de mon grand père, (vous savez la grande guerre de "14"), était venu frapper à la porte de mes grands parents ; c'était moi qui avait ouvert, et je m'étais retouvée face à un couple de personnes "âgées" (ils avaient le même âge que moi aujourd'hui !!!) et ils m'ont demandé si c'était bien ici qu'habitait "Adrien Pascaut". Rien que d'y penser je souris, j'ai pourtant l'impression que c'était seulement avant hier....

11 heures 30, ils sont à la porte de l'hôtel. Emotion, je vous assure ça fait drôle de se retrouver 47 ans après. Mais après tout on est encore pas mal du tout !

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Nous avions été retenir une table dans  le jardin d'un  restaurant sympa du village. A l'hôtel c'est pratique dans le parc, il y a une porte  qui donne dans une ruelle au centre du village.

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on en avait des choses à se dire. Après le café, nous sommes repartis dans le parc de l'hôtel bien au frais si l'on peut dire et là, l'appareil photos à chauffé croyez-moi.

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Elles ne sont pas belles les comtesses  ?  comme a si bien dit Marcel !

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Dans un endroit aussi charmant, les retrouvailles étaient encore plus belles.

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Il y a encore un autre copain d'enfance " Marc Burren" que j'aimerais bien retrouver, on ne sait jamais si toi ou ton épouse passaient par ici, faites moi signe. 

 

 

 

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