24 novembre 2011

CHANEL, j'aime !

Ce blog est intitulé : "Manouedith et ses passions". Depuis 5 ans, je partage avec vous tout ce que j'aime. Aujourd'hui, je vais vous parler d'une grande dame que j'apprécie beaucoup. Née, dans la seconde partie du XIXème siècle dans une famille très modeste et qui a malgré tout,  fait tout pour faire une grande carrière dans la mode elle a révolutionné le début du XXème siècle, je veux parler de : Gabrielle Chanel dite "Coco Chanel"

chanel a

Si j'avais les moyens ; c'est chez Chanel que je m'habillerai. Mon admiration pour Coco date des années 1960 quand elle est revenue dans le monde de la mode à plus de soixante dix ans, après 14 années d'absence. En 1956, elle lance son célèbre tailleur en tweed gansé aux quatre poches et fermé par de jolis boutons bijoux. Je trouve ces "costumes" (comme elle disait) d'un goût exquis, indémodables et qui donne à la femme un look d'une grande élégance. Quelques années plus tard, ces tailleurs sont copiés et vendus dans le prêt à porter pour tous. Je garde précieusement l'un d'eux dont j'aime encore porter la veste sur un pantalon noir. Ne disait-elle pas : "ne pas succomber à l'idée de mode qui change sans arrêt" , mais il faut avoir un style. Pour moi, le style Chanel me conviendrait parfaitement.

chanel veste

chanel_veste_2

J'ai toujours aimé les personnes qui ont de l'ambition et qui sont des battantes. Je suis admirative pour ceux et celles qui grimpent l'échelle sociale par la réussite de leur travail et qui ne se contentent pas de la médiocrité parfois dans laquelle malheureusement ils sont nés. Gabrielle  Chanel est l'une de celle là. Née en 1883, dans une famille dont le papa Albert Chanel sillonne les routes d'Auvergne en vendant des costumes de travail, des sous vêtements, des camisoles et des bonnets de nuit. La maman, fatiguée par les grossesses à répétition meurt de la tuberculose quand Coco a 12 ans.

chanel_colporteur

les colporteurs existent depuis le moyen-âge.

Gabrielle Chanel que son papa appelle "Coco" aime profondément ce premier homme de sa vie, pourtant il va lui jouer un vilain tour.  Elle en restera marquée à jamais. Au lendemain du décès de sa maman, il les conduit ses deux soeurs Julia-Berthe, Antoinette et Elle dans un orphelinat bien austère, une forteresse glaciale tenue par des religieuses à Aubazine en Corrèze ; en les quittant il les embrasse en leur disant : " je viendrai vous rechercher"; une promesse qu'il ne tiendra pas, elles ne le reverront jamais.

chanel_b

chanel monastère d'aubazine

Le monastère d'Aubazine

Après Aubazine, ce sont les dames chanoinesses de l'Institut Notre Dame de Moulins qui lui apprennent le métier de "couseuse". A Notre Dame, elle y retrouve sa tante "Adrienne" du même âge qu'elle,  qui se trouve là en tant que pensionnaire. Elles ne se quitteront plus. Toutes les deux ont la même ambition, Elles veulent se sortir de leur milieu et ne pas rester toute leur vie de simples cousettes. A deux c'est beaucoup plus facile pour se tenir les coudes et Elles font tout pour atteindre leur objectif.

chanl d adrienne

Adrienne

De 1903 à 1906, elles sont employées dans une maison de confection pour dames à Moulins. En 1906, Coco rencontre un riche bourgeois Etienne Balsan, qui lui fait découvrir la vie de château à Compiègne. Au bout d'un certain temps, Elle s'ennuie un peu et décide de transformer d'abord ses chapeaux ensuite les vêtements. Elle se lie d'amitié avec les dames qui passent à Royallieu chez Balsan les jours de fêtes. L'idée lui vient d'enlever toutes les fanfreluches sur les chapeaux et transforme les robes  en en créant des nouvelles dans des tissus simples comme le jersey. Contrairement aux autres grandes couturières  Elle opte pour un style différent complètement décalé et qui donne une nouvelle allure aux femmes. Ses créations avant gardistes, très sobres, sont l'inverse de ce que porte les élégantes de l'époque.

              chanel c 20 ans chanel d boy

En 1908, Elle rencontre l'homme qui sera son plus grand Amour "Boy Capel" ; en 1909 sous ses conseils elle débute son artisanat de modiste dans la garçonnière parisienne de son ami Etienne Balsan et profite de son carnet d'adresses. Ainsi le pied à l'étrier, Elle n'arrêtera plus de grimper les échelons de la célébrité. Malgré tout, Elle s'arrêtera pendant la période de la seconde guerre mondiale, fermera sa maison de couture en septembre 1939 et ne la ré ouvrira qu'en 1954. Pendant la guerre, seuls les départements parfums et accessoires resteront ouverts.

chanel e chapeaux

chanel 2

 Mon parfum préféré, vous l'avez peut être deviné, c'est un Chanel et pas des moindre le N°5 ; parfois je lui fais des infidélités pour quelques "Guerlain" ; mais le N°5, reste le privilégié.

chanel parfum

Dans les années 1920, un de ses amis proche Dimitri de Russie lui fait connaître le chimiste Ernest Beaux et c'est avec lui qu'elle suit sa seule intuition, sa seule inspiration ; Elle veut un parfum qui lui corresponde, qui concentre et recèle tous les mystères, toute la séduction féminine, une abstraction parfaite et stable à l'heure ou les parfums ne sont que de simples senteurs florales et éphémères. Elle donne ses indications et Ernest Beaux ne tarde pas à lui présenter deux séries d'échantillons numérotés de 1 à 5 et de 20 à 24. Après avoir hésité sur plusieurs, c'est le N°5 qui l'emporte ; Elle demande à Ernest Beaux de le transformer jusqu'à ce qu'elle le reconnaisse comme le parfum de femme à odeur de femme, la fragrance quasi primordiale et parfaite dont Elle a l'intuition. Ainsi, en 1921 Elle lance son premier parfum.

chanel f 1920

Elle a choisi de l'appeler N°5 parce que c'était la cinquième proposition d'Ernest Beaux et que le n° 5 a toujours été son chiffre de chance. Il faut savoir que Coco Chanel aime les symboles. De la même  manière Elle choisit un flacon d'une parfaite transparence parce que d'après Elle, c'est le parfum qui doit être mis en valeur et non son contenant. Depuis, seul le bouchon à légèrement changé le cabochon était plus plat. Savez-vous que depuis 1959, le flacon de N°5 est exposé au Musée d'Art moderne de New  York.

        chanel parfum n°5chanel parfum n°5chanel parfum n°5chanel parfum n°5chanel parfum n°5

Parfois, je me surprends à regarder sur ebay les sacs "vintage" de chez Chanel, d'autant plus que je les aies vu fabriquer dans le village où j'habitais dans une autre de mes vies.

                        

chanelsac-du-soir-chanel-vintage-cuir-noir-3

C'est en 1955, qu'Elle créa un sac matelassé avec une bandoulière en chaîne qui devint emblématique du style Chanel au même titre que la petite robe noire sortit en 1926 et ses "costumes". Les premiers sacs matelassés dont Elle eut l'idée étaient comme celui, ci-dessous en tissu et non en cuir. Je trouve que posséder un de ces sacs met en valeur un beau manteau ou une jolie robe, pour moi, c'est d'un chic...

 

chanel i sacchanel k sacchanel i sac

 

Durant sa carrière, Coco Chanel a également mis à la mode les bijoux fantaisies, grandes chaînes, sautoirs en perles. Bijoux ornés de pierres  semi-précieuses. Elle n'aime pas les bijoux discrets, Elle préfère les broches volumineuses, les lourds bracelets et les colliers à profusion.

 chanel mosaique

 Elle a également créé un département joaillerie ou Elle laisse aller son imagination certains soirs de solitude et souvent ses créations ont l'allure byzantine.

chanel h bijioux

 Coco Chanel, a traversé le XXème siècle en étant l'amie des Grands de ce monde, l'amie des Artistes ; plusieurs de ses grands mannequins sont devenus célèbres. Elle a travaillé avec acharnement jusqu'en 1970. Elle meurt seule dans sa chambre d'hôtel du Ritz ou Elle loue le 7ème étage de ce palace préférant se sentir entourée car la solitude lui est devenue insupportable depuis qu'Elle n'a plus d'hommes à aimer. Dans la journée Elle occupe ses appartements de la rue Cambon et fréquente toujours aussi assidûment ses ateliers, toujours présente jusqu'au dernier jour, ses ciseaux attachés à un bolduc  pendait toujours à son cou . Elle nous quitte le 10 janvier 1971 et repose maintenant au dessus du lac Léman dans un cimetière de Lausanne. Une stèle surmontée de 5 Lions surveille un parterre de fleurs blanches, sur le côté un petit banc en pierre pour que l'on vienne parler avec Elle ou l'écouter. 

En conclusion : les deux grands malheurs de sa vie : l'abandon de son père et le départ de sa mère en ont fait une battante déterminée à échapper à la médiocrité dans laquelle Elle est née. Ce qui renforce ma conviction depuis toujours : quand on veut on peut, la seule chose c'est de se donner les bons moyens pour s'en sortir et de ne jamais désespérer.   

 

Mes sources sont les deux livres d'Isabelle Fiemeyer

Un parfum de mystère et Chanel Intime

Posté par manouedith à 00:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :


20 janvier 2011

Madeleine Castaing

Quand j'étais enfant, en face de chez mes grands-parents, il y avait une jolie propriété genre manoir , les occupantes de l'époque, deux vieilles filles  laissaient le parc ouvert et les dépendances pour  que les enfants du quartier puissent y jouer, nous étions dans une petite ville et la verdure dans la rue de Montdidier il n'y en avait pas beaucoup.

6_rue_montdidier

 

Un terrain de jeu incroyable pour nous, des cachettes et des dépendances qu'il ne peut y avoir que dans les grandes maisons. Je devais avoir 8 ans, je me souviens je lisais les "Petites Filles Modèles" et je m'identifiais à Sophie à qui il arrivait toujours des choses extraordinaires dans une belle maison. 

6_rue_montdidier_2

 

je pense que le goût des belles maisons a commencé par celle-ci. Je disais à ma grand-mère : quand je serai grande j'achèterai cette maison.

 

Un jour, elle m'a répondu, tu sais quand j'étais petite, j'avais une amie de mon âge "Madeleine" qui passait souvent devant une belle maison abandonnée avec un jardin aux herbes folles ; Comme toi, elle en était tombée amoureuse et elle s'était jurée qu'un jour elle lui appartiendrait. Quand elle a eu 15 ans, elle a rencontré son futur mari "Marcellin Castaing" qui avait 20 ans de plus qu'elle et qui était riche. Quelques années après son mariage, elle a voulu lui montrer cette maison qui l'avait tellement fait rêver. Celle-ci était toujours à l'abandon. Pour lui faire plaisir il l'a achetée. Alors vois-tu ce qu'il te restera à faire : trouver un mari riche.

 

Maison_de_Madeleine_Castaing

à Lèves près de Chartres

 

C'était dans les années 1920, Marcellin et Madeleine la gardèrent jusqu'à la guerre. Pour des raisons financières ils la revendire, ce jour là, Madeleine en a beaucoup voulu à son mari et a décidé à son tour de travailler pour un jour la racheter, ce qu'elle a pu faire quelques années après la guerre.  L'histoire pourrait s'arrêter là. Ma grand-mère a perdu de vue son amie après son mariage et n'a jamais su qui elle était devenue.

 

Parmi mes très jolis livres de déco j'en ai un "l'Esprit des lieux" ou l'on peut découvrir de jolis intérieurs de personnes célèbres. A la dernière présentation, je tombe sur celle de la plus grande décoratrice de la seconde partie du xxème siècle à la fois antiquaire, collectionneuse, mais d'une excentricité incroyable.

 

6_A_Castaing

 

jolie femme me direz-vous, eh ! bien après quelques recherches suite à l'histoire que l'on racontait au début de la présentation j'étais à peu près certaine qu'elle était l'amie d'enfance de ma grand-mère. J'ai voulu en savoir plus j'ai acheté sa biographie et je l'ai dévoré en un dimanche, je vous assure je me suis régalée et bien amusée. La femme célèbre qu'elle était devenue s'appelait :

 

Madeleine Castaing. 

 

un personnage à elle toute seule à la foi fantasque et romanesque. Elle a été à l'origine de la première boutique de déco en France. Dès 1942, elle crée des mises en scène comme dans sa maison, la boutique dans laquelle elle vit ce n'est qu'un simple lieu où sont entassé des objets tout y est organisé poétiquement, de façon à ce que le mélange des genres et des époques parvienne à faire vibrer l'atmosphère.

 

5_MADELEINE_CASTAING_5_001___Copie___Copie

 

son nom est associé au bleu turquoise, aux rayures bayadères (du reste les tissus et motifs "Castaing" sont encore édités de nos jours) aux sièges gaînées de léopard et aux moquettes parsemées de lierre.

 

Madelein_Castaing_living_room

MadeleineCastaing_salon

 

Dans le grand salon rond de Lèves, une borne Napoléon III est posée sur une moquette à motifs panthère.

 

Madeleine__Castaing_d_apr_s_Modigliani_en_1929

 

Amis des plus grands Picasso, Satie, André Malraux, Sagan et j'en passe. Son mari "l'amour de sa vie" Marcellin et Elle ont aidé Chaïm Soutine et ont contribué à sa célébrité. Un portrait de Madeleine en 1929 peint par Soutine.

 

MadeleineCastaing_p073

aa_castaing_bathroom_240es091509

 

Malgré toutes ses excentricités, c'était une femme de lettres, très cultivée ; elle recevait dans sa boutique (sa dernière boutique : rue Jacob, maintenant Salon de Thé Ladurée) autour d'un thé  et pouvait parler de littérature pendant des heures.

 

Madeleine_castaing_bbbbbbbbb

 

Elle était connue avant la guerre de 1939 et jusqu'au décès de son mari par ses chapeaux  tous plus extravagants les uns des autres. Ensuite la peur du ridicule ne la touchant absolument pas, elle portait des perruques tenues par un élastique sous le menton et elle reproduisait ses cils avec un pinceaux sous ses yeux, mais néanmoins élégante femme qui portait les plus grandes marques.

 

      Madeleine_Castaing_later_in_life

madeleine_castaing_ccccccccc

 

 

Dans un langage moderne, nous pourrions l'appeler  "une déjantée" , mais je ne me permettrai pas car sous ses aspects différents des grandes dames du monde, elle a osé vivre  la vie qu'elle s'était choisie à une époque ou le paraître avait une importance primordiale.  Malgré tout, elle a été très respectée dans le monde de la décoration d'intérieur. Elle est décédée en 1992 à l'âge de 98 ans. Jusqu'à la fin de sa vie Madeleine disait : "l'important c'est que je m'aime ; les critiques des autres je m'en fous."

 

 

Conclusion :

Il faut toute sa vie avoir de l'ambition et aller jusqu'au bout de ses envies.

Pour la petite histoire, je n'ai jamais pu acheter la jolie maison de mon enfance, mais j'avoue avoir essayé dans les années 1980, mais elle n'était pas à vendre.

 

Posté par manouedith à 00:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

06 février 2007

Edith PIAF vous connaissez ?

edithpiaf1

Bien évidemment tout le monde connaît Edith Piaf. Si vous ne connaissez pas son histoire, allez voir le film qui sort le 14 février prochain.

Je vais donc vous raconter la mienne d'histoire, car c'est à elle que je dois mon joli prénom d'Edith.

Je suis née pendant la guerre en 1943, ma maman vivait une romance avec un certain Jean Piat, pas celui que nous connaissons, mais un homonyme. Ils n'étaient pas mariés. Maman voulait me prénommer "Nadine" ce prénom n'était pas accepté à cette époque, à cause de sa consonnance Russe, car il était un dérivé de Nadia. Mon père naturel, bien ennuyé à la mairie, aucun autre prénom n'avait été choisi. On était au mois de septembre,  il demanda un calendrier au préposé de l'état civil et il chercha un prénom. Fan des premières heures d' Edith Piaf, il s'arréta au 16 septembre "Sainte Edith", pas la peine d'aller plus loin il avait trouvé ; mon prénom serait Edith et mon nom de famille PIAT. Cela ferait presque Edith Piaf.

A ce moment là il ne sait pas encore que ma maman m'avait déclaré sous son nom de jeune fille, et que je ne pourrai pas porter son nom puisqu'ils n'étaient pas mariés, il m'a quand même reconnu  en second. Mais la romance s'est très vite arrêtée après ma naissance. Ils se sont séparés et je ne l'ai jamais vu de toute mon enfance.

Quelques années plus tard, un nouvel amoureux est arrivé dans la vie de maman, ils se marièrent, il me reconnu lui aussi, mais me légitima par son mariage, c'est ainsi que je n'ai jamais porté le nom de PIAT, mais le nom du mari de ma maman, telle étaient les lois de l'époque. Quand je me suis intéressée à la généalogie, j'ai demandé mon acte de naissance réel et non un extrait, car sur l'extrait j'étais la fille de ma mère et de son mari, puisque je portais son nom. Aucune mention ne figurait, mais sur mon acte réel dans la marge la mention de reconnaissance figurait.

J'aimais beaucoup "mon papa" celui qui était le mari de maman. Par besoin de savoir, j'ai recherché Jean Piat, c'est en 1968 que je l'ai rencontré, je n'ai pas eu le temps de former avec lui des liens sentimentaux, il est décédé peu de temps après.

Je dois donc mon joli prénom que j'ai toujours beaucoup aimé, à la célèbre Edith Piaf, moi aussi j'ai aimé ses chansons, j'ai tous ses disques ; mais malheureusement, moi j'ai toujours chanté faux. 

Posté par manouedith à 23:59 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,