30 décembre 2011

Bonne Année 2012 Félix.....L'histoire d'une transplantation cardiaque

Pour ce dernier billet de l'année, je vais rendre hommage à une personne qui a traversé notre vie et que nous avons accompagné dans une des plus importantes épreuves de sa vie et qui malheureusement s'est éloigné et que nous avons perdu de vue. Je vais vous raconter cette épreuve pas facile à vivre quand on se trouve  seul, sans famille et avec très peu d'amis.

prof de piano   

 

Félix rentre dans notre vie dans les années 1985. A cette époque Annabelle est au collège, il est son professeur de musique. Chez nous, la maison est toujours ouverte nous le recevons, nous apprenons à l'apprécier il devient l'ami de la famille.

          coeur

 Il a environ 40 ans et vient d'apprendre qu'il a une grave maladie du coeur et qu'il n'y a pas d'autre solution que de tenter une greffe. Pas facile d'affronter cette nouvelle quand on est seul dans la vie, sans parents, ni frères et soeurs et loin de sa région natale. Sa famille va être la nôtre pour l'aider à traverser ces moments difficiles. Je décide de l'épauler et de l'accompagner le temps qu'il faudra.

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 Il se fait suivre à Paris à l'hôpital de la Salpêtrière dans le service du Professeur Christian Cabrol, c'est lui même qui doit l'opérer, mais pour cela il est sur une liste d'attente et il est muni d'un bip bip téléphonique qui peut sonner à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit pour lui dire de se rendre aussitôt à l'hôpital. L'attente peut être longue. Je me propose pour l'accompagner le jour venu.coeur

Un premier appel, nous conduit à Paris, tout fébrile et heureux par la nouvelle qui va lui changer la vie. Après un après-midi de préparation, l'équipe médicale se rend compte que le greffon n'est pas compatible. Déçus nous repartons et je le ramène chez lui.

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Revenons sur le Professeur Cabrol pour ceux qui ne le connaissent pas. Christian Cabrol est chirurgien cardiaque il est  le premier en Europe à avoir pratiquer la première intervention de greffe du coeur le 27 avril 1968, à l'hôpital parisien de la Pitié. Un homme d'une grande bonté et d'une simplicité, toujours très proche de ses patients, parmi son équipe son épouse Annick anesthésiste-réanimateur qui le seconde depuis sa première intervention ; je les ai rencontrés et je peux dire qu'ils étaient l'espoir de demain pour les nombreux français en attente de greffe.

 

professeur cabrol

 

Quelques semaines plus tard, le second appel "bip bip" est le bon. Même procédure que la première fois. Nous partons pour Paris avec l'apréhension quand même que ce ne soit pas le bon appel. Mais dans la soirée je repars seule et dans la nuit la transplantation a lieu. Tout se passe bien. C'est le deuxième jour que je remonte à l'hôpital. Pour rentrer dans la chambre, je dois enfiler des bottes, une blouse stériles et un masque. Ce scénario se reproduira à chaque fois que je me rends à son chevet plusieurs fois par semaine. Son état se stabilise, le plus dur est passé, mais la crainte d'un rejet est loin d'être effacé, il va falloir beaucoup de patience et surtout vivre avec ce doute sans arrêt. Mes visites lui redonnent le moral, je suis la seule à aller le voir. La première partie de l'aventure se termine, mais la suite ne va pas toujours être simple. 

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Après plusieurs semaines le Professeur envisage un protocole qui devra être établi avant qu'il puisse se rendre en convalescence dans une maison de repos. Une nouvelle vie s'ouvre devant lui mais avec de nombreuses contraintes qu'il va être obligé d'adopter car à tous moments il peut faire un rejet. Il faut qu'il s'habitue à la prise deux fois par jour à heure fixe de cyclosporine pour cela il se procure une montre qui sonnera aux heures dites, et surtout ne jamais l'oublier. La cyclosporine est utilisé pour prévenir le rejet du greffon suite à la transplantation et supprime la défense naturelle de l'organisme. 

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Une seconde contrainte tout aussi importante pour les mêmes raisons, mais beaucoup moins agréable, sous anesthésie locale, la biopsie d'un fragment de tissu du coeur transplanté qui permet de dépister précocement la réaction de rejet. Ces biopsies se font plusieurs fois par an au début, les premières fois c'est encore moi qui l'accompagne, j'attends dans la salle d'attente pendant que Madame Cabrol intervient. Quand le  protocole est bien adapté, il peut partir en convalescence. Sur un week-end je l'emmène en Savoie dans une maison de  santé de l'éducation nationale. Je l'installe et je repars.

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Un mois s'écoule, tout va bien, il rentre chez lui, reprend une vie presque normale, continue de nous rendre visite, puis sans savoir pourquoi, espace ses visites et un jour les stoppent définitivement. J'essaie de le contacter mais je le sens de plus en plus distant. Je ne comprends pas, mais je respecte sa décision. Peut être a-t-il voulu effacer son autre vie, recommencer autre chose. J'avoue au début avoir été très peinée surtout qu'à ce moment là ma vie prend un autre tournant et je sombre dans la dépression.

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Dernièrement, j'ai appris qu'il est toujours en vie, à la retraite de l'éducation nationale, il continue à donner des cours particuliers de musique et habite toujours au même endroit. J'en suis très contente car en novembre 2012, il y aura 24 ans.

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Alors si par hasard, il passe par ici, qu'il sache que nous ne l'avons jamais oublié et que nous sommes heureux de savoir de loin qu'il a survécu à cette dure épreuve et qu'il a eu une autre vie normale malgré les contraintes.

 

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BONNE ANNEE 2012 FELIX 

 longue vie à toi.

ET BONNE ANNEE

A VOUS TOUS QUI VOUS ARRÊTEZ SUR CE BLOG.

614 reveillon noel 2012 BIS 

tous ceux qui sont dans mon coeur de maman.

 

BONNE ANNEE 2012

 

 

 

 

 

 

 

Posté par manouedith à 00:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
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