20 novembre 2014

Deux expériences enrichissantes quand on regarde le positif

Dans les années 1990, quand je me suis inscrite au stage de remise à niveau. Il ne débute pas tout de suite, en attendant, il faut que je trouve un petit boulot pour faire bouillir la marmite. Je m'inscris dans un organisme d'aide à la personne. Je fais valoir mon aptitude à garder aussi de jeunes enfants. C'est ainsi, que l'on me propose un remplacement maternité de trois mois dans une famille bourgeoise de ma région.

 

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Je dois entretenir une grande maison, tout en gardant deux jeunes enfants. La priorité ce sont les enfants, mais aussi, l'entretien quotidien et les repas, comme je le fais chez moi. A quelques jours de Noël, je me retrouve dans une belle maison moderne au coeur d'un joli petit village, entouré de forêts. La dame est avocate et son mari fait parti de l'équipe dirigeante d'une usine à quelques kilomètres de chez eux. 

 

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Deux jeunes enfants, un petit garçon que j'appellerai "Nicolas" et une adorable petite fille qui n'a pas tout à fait deux ans, au joli prénom de "Domitille". Les parents, des gens charmants. Je dois être chez eux vers 8h le matin avant le départ de la maman et je reste jusqu'à son retour le soir, sans heure définie.

 

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Deux obligations, une fois par semaine, je dois emmener les enfants à la bibliothèque et une fois par semaine les laisser à la crèche garderie, pour que je puisse faire le ménage à fond dans le pavillon. La première obligation : la bibliothèque chaque semaine, une récréation pour moi. Quel plaisir de leur faire découvrir les livres et de leur lire des histoires ; une heure je vous assure de pur bonheur. Tout comme les balades journalières à la découverte de leur beau village en leur montrant la nature environnante.

 

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En revanche la seconde obligation a des contraintes moins amusantes. Le sol du salon est recouvert de briquettes rouge, comme celles que l'on trouve sur les bords des cheminées. Je dois chaque semaine les laver, les frotter à genoux par terre. Je peux vous dire que plus d'une fois je pleure quand je suis seule dans la maison,  la tache n'est pas facile, plutôt pénible car la pièce est grande. La position à genoux, me fait ressortir le pourquoi je suis là. Je sors de plusieurs années de dépression et je reste fragile.

 

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Mis à part cette contrainte difficile et celle d'entretenir une salle de bains dans laquelle le sol est recouvert d'une épaisse moquette bleu océan. Le reste c'est comme chez moi. J'ai toujours aimé faire le ménage, préparer les repas des enfants, tout ça c'est ce que je fais depuis vingt cinq ans.

 

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Je garde de cette expérience que le positif. La dame est avocate, elle reçoit de temps en temps des collègues et je dois préparer la table et même la chambre d'amis. Je peux vous dire, là, je me régale, je mets un soin particulier à dresser la table, vous le savez, c'est un de mes dadas les belles tables. Dans la chambre d'amis, je veille toujours pour qu'il ne manque ni fleurs, ni revues, ni gâteries.

 

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Quelques jours après mon arrivée, c'est Noël. Le soir du réveillon avant de partir une belle boite de chocolats m'attend et le monsieur descend dans sa cave pour me remonter une bonne bouteille de vin. Des gens charmants, aux mêmes valeurs que les miennes  qui donnent à leurs enfants la même éducation que celle que j'ai toujours donné aux miens. Elle, elle m'aide et me guide pour mon divorce. Lui, essaie de me trouver un emploi dans sa société. Quand mon remplacement se termine, le dernier jour, je découvre dans mon assiette, un petit écrin dans lequel il y a un joli petit scarabée sous forme de "pins" pour égayer un chemisier.

 

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Ils ont changé de région, nos chemins se sont séparés, mais je garde de ces gens, un très bon souvenir et souvent, je me surprends à penser à eux. Domitille et Nicolas doivent être maintenant de jeunes adultes. Ainsi va la vie, Les gens passent et disparaissent de notre route, mais pas de notre coeur.

 

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La seconde expérience est différente. J'ai les mêmes fonctions, deux enfants aussi à m'occuper et la maison à tenir. Elle, elle est ingénieur, lui, exploitant agricole dans une énorme ferme au milieu de nulle part. Je ne reste pas très longtemps chez eux. Ce sont aussi des gens charmants, mais très laxistes avec leurs enfants. Ils laissent monter leur fils de 4 ans sur la table pendant que nous déjeunons. Des réserves d'engrais chimiques sont à la portée des enfants. Quand le plus grand joue dehors, j'ai toujours peur qu'il tripote dans les sacs, quand j'ai le dos tourné.

 

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Manouedith, n'a pas l'habitude de cette éducation. Un lundi, elle n'est pas revenue, car elle stresse trop avec tous ces dangers environnants. Ce sont pourtant des gens très sympathiques, gentils. mais Manouedith, n'est pas tranquille pour les enfants, sa responsabilité lui semble trop importante et elle ne peut pas la gérer.

 

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Voyez-vous, c'est ainsi que se sont déroulées mes deux premières expériences enrichissantes dans ce domaine. Cela n'a pas toujours été facile, mais je ne regrette rien et j'ai fait de belles rencontres. Il faut savoir retrousser ses manches quand nous n'avons pas d'autres solutions. Tout cela pour dire quand on est courageux, il ne faut jamais désespérer.

 

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14 novembre 2014

Il n'y a pas de sot métier mais...

Il y a des internautes que j'appelle "mes causeuses" et que j'aime suivre au jour le jour. Certaines ont le courage de mettre chaque jour un petit billet et cela dure depuis des années, j'en ai connu d'autres, qui chaque semaine avaient rendez-vous avec nous. ; au bout de 8 ans elles se sont arrêtées, certainement que d'autres chemins se sont ouverts à Elles. Mais il faut avouer elles nous manquent. En disant cela, je pense particulièrement à Liaht.

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et je lui dédie toutes les photos qui suivront.

Sans pour cela s'être dévoilée outre mesure, depuis le temps on arrive à connaître le caractère de nos causeuses, leurs habitudes et leurs passions. Mais ce qui est aussi très édifiant, ce sont les commentaires et là, soit ils sont banals et ne portent pas à conséquence, soit ils sont brossés dans le sens du poil, on voit nettement que c'est pour faire plaisir, un tant soit peu parfois hypocrite et pour d'autres suivant le sujet, ils font ressortir des pointes de jalousie, d'envie, de mal être et même de méchanceté. Rares sont celles qui contredisent le sujet franchement.

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L'autre jour, sur le billet d'une de mes causeuses, les commentaires allaient bon train. Chacune rebondissait sur l'autre, ce qui m'a fait penser à d'autres façons de rebondir, quand les aléas de la vie frappent à votre porte.

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Vous le savez, la femme forte que je suis, a eu quelques années de galère qui l'on obligée à rebondir en dehors de sa condition feutrée dont elle avait l'habitude. Mais il y a eu encore un passage plus difficile que les autres, celui qui a affecté sa vie confortable dans laquelle elle était installée depuis vingt ans et qui plus est ses sentiments. Et là, quand on touche à ses sentiments on la déstabilise au plus profond d'elle-même. Mais comme elle est une battante et qu'elle l'a toujours été, elle est remontée à la surface. Comment allez-vous me dire ?

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Abandonnée à 50 ans, comme un vieux kleenex, elle a eu peur de se retrouver sans rien pouvoir mettre dans sa marmite. Heureusement l'emprunteur de Kleenex, lui avait généreusement abandonné sa part de la maison accompagnée d'une petite pension compensatoire. Mais, un toit sur la tête c'est super, c'est bien, mais les briques cela ne se mangent pas et pour payer les charges d'une maison, il faut se bouger.

 

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et c'est là, où le bat blesse, quand depuis plus de vingt ans on ne travaille plus à l'extérieur et ou toutes les filières bureautiques ont changées, on est obligée de faire  une remise à niveau et celle-ci n'est pas rémunérée puisque l'on a jamais cotisé et pendant ce temps là, il faut vivre et payer ses charges.

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Alors que pensez-vous que Manouedith a fait ? Elle qui avait depuis des années une dame qui lui faisait son repassage. Eh ben ! tout simplement elle s'est adressée à un des tous premiers organismes qui proposent de l'aide à la personne. Avant l'an 2000, ces organismes n'étaient pas encore nombreux. Cela voulait dire aller faire le ménage chez les personnes âgées ou remplacer du personnel dans les maisons bourgeoises de la région. Manouedith a retroussé ses manches et elle a rangé au placard sa fierté et elle y est allée.

 

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Dans un autre billet, je vous raconterai les maisons que Manouedith a fait. Tout ça pour vous dire qu'en ce moment dans la période de chômage dans laquelle nous vivons et qui touche tout le monde. Si vous êtes au bout de vos indemnités et que rien ne s'ouvre à l'horizon, il vous reste cette solution, d'autant plus qu'il n'y a pas de sot métier, mais de sottes gens.

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Les organismes d'aide à la personne se développent de plus en plus ce qui permet aux plus courageux qui ne voient pas ce travail dégradant de sortir la tête de l'eau et de se donner la possibilité de rebondir en attendant mieux. A titre indicatif, je connais des aides ménagères qui travaillent chez plusieurs personnes et qui se font un salaire mensuel un peu plus que le SMIC et d'autres en couple qui vivent tout à fait correctement.

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Oui, ce n'est pas toujours facile, mais dans la vie, rien n'est facile croyez-moi. Parfois, il faut mettre sa fierté de côté et avancer.

 

 

 

 

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