19 août 2017

La pièce rapportée

 

 

Quelques jours encore et le mois d’août sera terminé. Encore un de passé !

C’est l’heure des bilans. Que pouvons nous en dire ?

Bilan : Un peu mitigé.

 

Pas facile parfois de recevoir la famille de notre conjoint. Pourtant, je pense avoir mis beaucoup d’eau dans mon vin. Revenons à la source :

Quand les parents se séparent et que les enfants sont adultes, c’est encore moins simple que quand les enfants sont jeunes.

Au gré des visites imposées les enfants petits ou plus grands ont le temps de s’apprivoiser avec le nouveau recru, et apprendre à s’aimer et se respecter.

 

Quand ils sont adultes, c’est une autre chanson beaucoup plus difficile. Souvent, ils ne comprennent pas pourquoi l’édifice familial s’est écroulé après tant d’années ? Et que leurs parents changent de route et osent prendre de nouveaux chemins c’est tout simplement impossible et quand ils refont un autre foyer ailleurs et que la famille se multiplie ça se complique.

 L’habitude, la monotonie des jours les ont fait s’installer dans un confort plus ou moins réel ; les choses ne doivent pas changer, peu importe si l’intérieur est lézardé cela ne se voit pas et cela rassure.

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Alors, quand au coin d’une rue on rencontre l’un de ses parents, la main dans la main avec une autre personne, on tombe de haut et l’on fait tout pour ne pas être aperçu, comme si nous étions coupable. La désillusion est terrible. On est déstabilisé, on souffre, mais bien vite on enfouit l’image au plus profond de soi. Si rien ne se passe, on la chasse et l’on ne dit rien. Mais un jour les parents prennent une décision irrémédiable et là, tout s’enclenche et le roc fort de la famille est cassé. Il va falloir faire avec et apprendre une autre vie.

 

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C’est là, que tout devient plus difficile pour les uns et les autres. Pensons un peu à la pièce rapportée qui doit se fondre dans la famille avec pour elle aussi toutes ces différences et sa maturité. Croyez-moi, ce n’est pas simple du tout.

 

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Au début, on essaie de faire plaisir aux uns et aux autres, même si parfois on se rend compte qu’ils ne partagent pas toujours les mêmes valeurs que nous ; c’est normal ils n’ont pas été éduqués de la même façon ; les principes des uns ne sont pas toujours ceux des autres. Une drôle de gymnastique intérieure pour rendre les choses vivables. Mais le plus important, c’est de rendre son conjoint heureux, que toutes ces divergences se fondent dans l’ensemble et surtout que notre nouveau bonheur ne s’effrite pas.

 

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Les mois, les années passent, on s’éloigne un peu et on essaie le plus possible de vivre avec ces familles recomposées du mieux que nous pouvons et on essaie de ne pas faire trop de différences avec sa propre famille. Pour être équitable, on invite les uns et les autres. Pourtant ce serait tellement plus simple si nous pouvions inviter tout le monde ensemble, c’est impossible par la configuration des lieux mais surtout par les différences des uns et des autres, trop évidentes pour que ces rencontrent soient sereines. Alors on se voit moins.

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Quand 4 ans se passe, sans que l’un ait revu un de ses enfants, on est gonflé à bloc pour faire plaisir à sa moitié et s’arranger pour que tout se passe bien. C’est sans compter sur ceux qui arrivent, car eux viennent chez leur père ou chez leur mère, le conjoint est accessoire.

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Comme tout le monde se retrouve autour de la table pour des moments soit disant conviviaux ; des silences s’installent. Les hôtes eux, essaient et se creusent la cervelle pour engager des conversations et s’intéresser à chacun d’eux Les invités répondent mais n’animent pas la conversation et même parfois se lèvent et changent de pièces On dépose les reliquats de la table dans la cuisine et l’on part s’occuper d’autre chose Je n’oserai pas dire : direct sur les téléphones portables, car vous penseriez que je fais une fixation Alors qu’après tant d’années il y aurait certainement beaucoup de choses à se raconter

 

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 De cette façon, les moments inévitables ou tout le monde est ensemble semblent très lourds aux hôtes et beaucoup de solitude pendnt la préparation des repas. En revanche, loin des obligations, on s’amuse, on ricane, on chahute entre soi ; on arrive même à singer celui ou celle que l’on apprécie moyennement en pensant qu’il ou elle ne vous voit pas et quand l’indésirable pour une raison quelconque ne se mêle pas à une sortie on fait exploser sa joie croyant ne pas être remarqué Je ne parle même pas de la photo souvenir, on évite le plus possible de photographier la pièce rapportée, on le fait vraiment quand on ne peut pas faire autrement

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Le dernier jour arrive Tout le monde a passé de bonnes vacances, formidable, la pension de famille était à la hauteur C’était chouette les vacances chez maman ou chez papa Cela aurait été parfait si l’intrus n’y était pas !

 

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Ne vous méprenez pas, toute, ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé, ne saurait être que fortuite

 

 

Posté par manouedith à 12:16 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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