28 septembre 2018

ARANC - Fruitière du Bugey

Il y a déjà longtemps, une d’entre-vous : "Elisabeth", m’avait indiqué à quelques kilomètres de chez moi, sur le Plateau d’Hauteville, un village rural d’environ 300 habitants : Aranc. Là, il y avait une boutique pas tout à fait comme les autres, doublée d’un éco-musée expliquant la transformation du lait en Comté, fabriqué encore de façon artisanale.

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C’est dans l’ancienne fruitière du village, qu’elle a ouvert ses portes il y a une dizaine d’années. C’est quoi : une fruitière ? Allez-vous me dire !

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« C’est tout simplement une production solidaire afin de servir l’intérêt collectif. C’est une institution communautaire, ou le produit de la vente du fromage est partagé entre tous les sociétaires au prorata de leur apport de lait. Entourés d’un règlement strict pour but d’assurer l’équité. Donc un équilibre juste entre petits et gros producteurs ».  Elles apparaissent. au XIXème siècle venant de la Suisse toute proche ; d’abord en Franche-Comté, vers 1810, dans le pays de Gex et en 1818 dans le Bugey. Elles allaient  révolutionner l’économie du plateau d’Hauteville. L’ensemble des agriculteurs virent leurs revenus « en nature » remplacés par ceux « en argent ».

 

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La fruitière d’Aranc, ouvre ses portes après 1860, elle les fermera en 1985, comme beaucoup d’autres sur le plateau. Bien que ce modèle a assuré à bien des générations de paysans des revenus substantiels, il n’a pas résisté à la modernité de la seconde partie du XXème siècle.

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Ecoutons un ancien producteur laitier « Jean » : Ils voulaient de l’argent, des liquidités, pour suivre le rythme de la société de consommation, « faire comme à la ville » ! Alors, ils ont cherché à vendre leur lait au plus offrant, et ont choisi le salaire plutôt que de poursuivre l’aventure collective de leurs parents.

 

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 Le plateau d’Hauteville, depuis le Moyen-Age jusqu’à maintenant a toujours été un espace agricole, qui a vu son activité se modifier, mais malgré tout se poursuivre. La polyculture fut peu à peu abandonnée au profit de l’élevage laitier. Ce qui était beaucoup plus rentable. C’est ainsi qu’à cette époque fleurissent sur l’ensemble de l’actuelle communauté de commune 25 fruitières. Ce modèle de coopérative fonctionnant sur la mise en commun du lait en vue de fabrication et de  vente, s’avérait être un moyen économique particulièrement intéressant. Les fruitières étaient la clef de voûte d’une écologie sociale à l’échelle des villages.  C’est pour ces raisons qu’elles se sont développées comme des champignons. Deux autres producteurs laitier : Marius et François disaient que la fruitière c’était le centre de la vie du village. Tout le monde, s’y retrouvait, s’y saluait. Le Fruitier, c’était un peu comme l’instituteur, un homme que l’on respectait.

 

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Je connais une fruitière encore en activité, sur le Plan d’Hotonnes, celle de Brénod ouverte en 1850 ; on peut voir l’atelier de fabrication à partir d’une galerie avec projection vidéo, dans laquelle on peut trouver en dehors du fromage, des produits régionaux et locaux des artisans des alentours.

A Ordonnaz dans l’ancienne fruitière ouverte en 1881, il y a également un magasin semblable à celui de Brenod, mais aussi un éco-musée et de nombreuses animations.

Espoir pour les fruitières de Comté, elles ne sont pas mortes. Même si certains pensent que c'est un retour en arrière en rapport avec le système actuel. Mais une fruitière de Comté, ouvrira ses portes prochainement dans le Valromey à Virieu le Petit, aux pieds de notre Grand Colombier, dernier massif du Jura. La production du Comté démarrera en 2020. 14 éleveurs laitiers de la région, sont volontaires et intéressés pour intégrer la filière et se disent prêts à investir pour adapter leur système de production, ce qui représentera 5,6 millions de litres de lait.

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Nous souhaitons à nos éleveurs de réussir ; l'entreprise est audacieuse mais fiable.

Revenons, à la fruitière d’Aranc, la direction est assurée par un jeune homme dynamique « Frédéric Bussi », qui a l’objectif de faire grandir, évoluer le magasin et l’éco-musée. Pour la première fois cette année, dimanche 23 septembre, il a organisé sur la place à côté de la fruitière la fabrication de A jusqu’à Z d’un Comté animé par une  main de maître si l’on peut dire puisqu’il à fait venir son ancien professeur de l’école fromagère de Poligny pour nous faire partager son savoir. Je peux vous affirmer que 3 heures debout ce n’était pas facile, mais tellement captivant, intéressant que nous n’avons pas regretté de ne pas avoir fait la grasse matinée ce dimanche.

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Alors quelques précisions pour la fabrication de Comté : Le lait provient de vaches de la race Montbéliarde ou Simmental, les deux seules vaches agrées par l’AOC. Une Montbéliarde pèse de 600 à 800 kilos, vit en moyenne 6 ans, produit environ 20 litres de lait par jour et ce toute l’année, mange l’été près de 70 kilos d’herbe et boit 75 litres d’eau.

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La fabrication du Comté, relève d’un savoir-faire qui se transmet, s’apprend, se perpétue.

On peut résumer ce processus en 9 étapes :

1)      réception du lait (dimanche 360 litres)

2)      écrémage

3)      emprésurage

4)      prise et décaillage

5)      cuisson

6)      arrondissage de la forme

7)      pressage et démoulage

8)      retournements

9)      affinage (seule étape que nous ne verrons pas). Pour cela je pense me rendre au Fort des Rousses pour voir cette étape afin de pouvoir vous en parler.

 

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 Ce village d’ Aranc, est aussi un  haut lieu de mémoire, car il était au milieu du maquis de l’Ain, lors de la seconde guerre mondiale.,  

 

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Le passé résistant du village d'Aranc est riche car il fut un point de ralliement pour le maquis de l'Ain. Le hameau des Gorges est un lieu important de ralliement pour les résistants. Il fallait trouver des points de ralliement pour les jeunes réfractaires mais aussi un endroit qui aurait pu fédérer l'ensemble des camps présent dans la région d'Aranc et de Corlier. C'est durant l'année 1943 que le colonel Henri Roman-Petit installe son PC dans ce minuscule hameau encaissé et difficile d'accès (d'où son intérêt). Les premiers maquisards s'installent en mars 1943. Dans le courant de l'année 1944, les troupes allemandes pénètrent dans le village et en représailles des actions résistantes, capturent, déportent et fusillent des résistants. On compte 18 arrestations et deux exécutions de civils dont une dame de 56 ans dans son domicile. 9 maisons seront brulées. Wikipédia

 

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 Les années  à venir verront Aranc se développer  touristiquement , car un village médiéval va être construit comme  le château de Guédelon en Bourgogne, selon des techniques et des matériaux  utilisés au Moyen-Age. Ce chantier durera de 30 à 40 ans, chaque année, on pourra constater les progrès en assistant à cette construction pas à pas comme le faisait au 14ème siècle nos bâtisseurs de cathédrales. J’ai vu le début de Guédelon mais malheureusement je ne verrai pas la fin  du Chantier médiéval du Bugey.

 

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en principe ouverture au public pour le preimer chantier en juillet 2019 !

Belle découverte encore ce dimanche. A tous les âges on peut avoir  le plaisir d’apprendre, de découvrir et de partager de nouvelles choses.

 

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  Sources : Wikipédia - Flayer de la boutique : ESPACE COMTE D'ARRANC

Posté par manouedith à 00:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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