03 janvier 2016

Réveillon du 31 décembre 2015, au goût amer !

 

Tout le monde a passé une année difficile, beaucoup de choses ont été remises en question, nos déplacements n’ont plus la même insouciance. Partout, malgré les slogans « on a pas peur » on se rend bien compte que tout n’est plus tout à fait pareil. Dans ces moments là, rien de tel que de se rapprocher des siens pour ressentir leur chaleur et leur affection en se montrant combien les uns comptent pour les autres et en osant même se dire « je t’aime ». Il n’y a plus de place pour les chamailleries, les méchancetés et les rancœurs.

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 C’est avec cet état d’esprit que j’ai préparé les fêtes de fin d’année, en me réjouissant de retrouver les trois filles qui me restent, tout en faisant une place dans mon cœur à celle qui me manque toujours autant.

 chrystel ses yeux

 A Noël, tout s’est bien passé, dans la joie et la bonne humeur, la semaine qui a suivi était celle des retrouvailles avec mon aînée des îles, des papotages sympas, un petit restaurant agréable tous ensemble, à 2000 m, avec déjeuner sur la terrasse face aux belles montagnes, dans un cadre idyllique, des dîners partagés,  des repas préparés soit par ma belle-fille, soit par petit mari ; vraiment j’avais l’impression d’un bonheur absolu. Depuis notre arrivée à Pralognan, j’étais sur mon nuage.

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Le soir de Noël c’était chez nous, celui du 31 décembre c’était chez nos voisines. Nous devions être que tous les cinq. Annabelle et Théma en fin d’après-midi étaient au cinéma, Valérie aux fourneaux et moi à la décoration de la table, petit mari content de ne rien faire. Tout s’annonçait comme la semaine précédente. J’étais loin de me douter de ce qu’il allait se dérouler et que j’allais redescendre sur terre a une vitesse grand « V » et me rendre compte que le bonheur est éphémère.

 

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Pendant l’apéritif tout est parfait, conversation banale. Le plat principal se compose d’un filet de bœuf que seule ma belle fille a le secret, d’une tendresse à l’extrême, une cuisson divine. D’un seul coup sans que personne ne voit arriver le mot de travers qui va mettre le feu aux poudres, tout explose, le ton monte, ma fille sans aucune retenue me fait des reproches à la limite de l’horreur et du dégoût, très loin de la correction entre une fille et sa mère. La conversation prend des allures de guerre.

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Il est 22h30, déconcertée, nous préférons nous lever et rentrer chez nous.

Je sais qu’Elle a toujours  été soupe au lait comme son père . Mais il y avait si longtemps que tout allait bien entre nous, que je n’ai rien vu venir. Rentrés chez nous, écroulé sur la banquette, je reste hébétée, peinée. Déçue, écoeurée. Petit mari qui ne dit jamais rien est scandalisé il me dit : on ne me l’a jamais fait un réveillon comme ça, j’ai un sentiment de dégoût. Pour que lui ose le dire comme ça, je n’en reviens pas, il faut vraiment qu’elle ait dépassé les bornes des limites comme dirait une certaine anecdote télévisée.

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 Nous avons allumé la télévision pour attendre minuit. Nous avons regardé le feu d’artifice tiré pour la première fois face à notre balcon. Nous étions aux premières loges, mais tellement écoeurés que nous en avons profité que moyennement, alors que nous reconnaissons que la municipalité a fait l’effort pour qu’il soit vu depuis tout le village. A minuit fille aînée a téléphoné, surprise de me sentir toute drôle, après lui avoir expliqué ce que nous venions de subir a été étonnée qu’à moitié car elle avait remarqué la semaine précédente quelques petits détails qui m’avaient échappés.

bonne année

 

Nous avons traîné devant la télévision jusque 2 heures du matin, inutile de dire que le sommeil a pris son temps pour m’atteindre et a inondé ma nuit de rêves étranges et violents.

PEUR Coloriage 

 Vendredi 1er janvier, une nouvelle année commence, de nouveaux espoirs, mais quand même un peu ternie par la fin de 2015. Pas trop de courage pour affronter la journée. Le premier à venir nous souhaiter la bonne année avec toute son insouciance et pourtant il a assisté au spectacle ; mon petit Théma, que j’ai serré un peu plus fort que les autres jours en lui disant : « une bonne année à toi mon bonhomme et j’espère que tu seras très heureux toute ta vie. ». Dans la matinée sa maman est venue nous rapporter les ustensiles prêtés, s’est excusée, n’a pas formulé de vœux spéciaux, mais toujours dans le même état d’esprit que la veille, en donnant des explications vaseuses sur son comportement en niant la plus part de ses attitudes et en essayant de me faire passer pour une menteuse ; pour moi encore plus écoeurée j’ai clos le débat.

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Valérie à son tour est venue nous présenter ses vœux, encore peinée, gênée ; en nous serrant dans ses bras elle pleurait. Ma belle fille a une qualité que je lui reconnais, elle reste neutre sur ce genre d’échanges. Elle a eu néanmoins une phrase qui m’a beaucoup étonnée, c’est une habituée depuis 18 ans du caractère de ma fille, elle m’a dit : vous deux ça toujours été comme ça. Non cela, n’a pas toujours été comme ça, avant nous étions très proche quand elle était à la maison, nous étions même complices. Mais cette phrase m’a trottée dans la tête toute la matinée et a fait remonter en moi, une réflexion que ses parents m’ont faite au début de mon mariage avec petit mari.  Alors, combien de mensonges ou de mauvaises interprétations circulent encore  derrière mon dos ?

valérie morville2

 

 En fin de matinée, comme chaque année, nous avons regardé le concert du jour de l’An à Vienne, pas avec la même ferveur que le autres  années, j’ai même piqué du nez par moment. Je n’ai pas déjeunée, j’ai traînée l’air absent toute la journée devant la télé. Ce n’ai que vers 18h que je me suis sortie de ma léthargie en regardant le Concert de Venise sur ARTE, un concert de toute beauté avec de jolis ballets à la villa Pisani à Padoue, il est vrai je préfère Vivaldi à Strauss.

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Cette première journée 2016 s’est déroulée bien étrangement avec un poids sur l’estomac qui a beaucoup de mal à passer. Je pense que lundi seulement je pourrai reprendre ma quiétude habituelle quand tout le monde sera reparti et que nous serons plus que très peu dans l’immeuble.

 

Edith

 

Mais franchement à mon âge cette nouvelle désillusion ajoutée à quelques soucis qui vont m’obliger à prendre certaines décisions qui vont modifier notre vie, ne me laissent pas sereine pour débuter 2016. J’ai toujours su que la vie n’était pas un long fleuve tranquille, que l’humain n’avait pas toujours un beau visage, mais pour moi justement je croyais que la famille était une valeur sûre !!!. J’ai toujours été naïve dans ma vie, en pensant que tout le monde était beau, tout le monde était gentil, ce qui rend certains réveils douloureux.

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Dimanche matin

Hier soir Elles sont venues nous dire au revoir, comme si de rien n’était ;  elles ont repris la route ce matin vers 8 heures, rendez-vous à Moutiers à 8h30.  Avec deux « blablacar » qui remontent dans le nord. J’espère que tout se passera bien.

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Pour nous les vraies vacances vont seulement commencées puisque la neige tombe depuis 24 heures et nos paysages ont repris leurs allures hivernales. Mais en attendant à l’aube de cette nouvelle année, je me sens un peu déstabilisée.

Posté par manouedith à 10:00 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
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