07 octobre 2016

A la Croix du Nivolet : Morsure de serpent.

 

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Le premier dimanche du mois de septembre 2016, aurait pu très mal tourner. Depuis, longtemps, l’envie de grimper jusqu’à la Croix du Nivolet nous taraudait. A chaque fois que nous passions à ses pieds nous disions : « il va falloir que nous y montions Pour rafraîchir la mémoire géographique de ceux et de celles qui s’arrêtent ici. La croix du Nivolet est une monumentale croix sommitale chrétienne qui se trouve dans le massif des Bauges, dominant le Nivolet et surplombant Chambéry.

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 Ce jour là, le temps était brumeux, mais il faisait beau et surtout il ne pleuvait pas. Le sommet est à 1537 m ; nous avons donc décidé de nous diriger vers la Féclaz, au-dessus de Chambéry et d’abandonner notre voiture au parking devant l’auberge. Face aux pistes de ski l’hiver, mais aux prairies en fleurs l’été. Pour démarrer, la grimpette est plutôt ardu pour un début. Au pied des chalets de Sire, de nombreux parapentes sont prèts à l’envol.

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Nous n’étions pas seuls. L’été, les chemins de randonnées en montagne sont de vrais boulevards, où en principe chacun se salue en se croisant. Il y a des jeunes, des moins jeunes, des enfants qui comme les chiens vont et viennent en courant d’un sens de l’autre ils ne sont jamais fatigués. Alors que nous et notre grand âge, nous y allons plus calmement, nous prenons le temps de nous arrêter et d’admirer les merveilleux paysages. On se retourne et l’on peut voir le lac du Bourget sous toute sa splendeur en bas.

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Après cette première escalade, le chemin se réduit dans les herbes et ensuite c’est là, où les choses se compliquent un peu, dans la forêt, nous devons crapahuter dans les pierres tout en profitant de plus en plus du dénivelé. J’avoue, au bout d’un certain temps, pour moi ce n’est plus drôle, il y a encore des années, je persistais et j’allais jusqu’en haut. Maintenant je me ménage. C’est ainsi que j’ai abandonné  la partie en laissant petit mari y aller à ma place et en redescendant piano, piano jusqu’à la voiture. Tout va bien, la balade est superbe. Une fois à la voiture, j’ai encore attendu 1h ½ dans la voiture, mais j’avais un bouquin, donc le temps ne m’a pas paru trop long. Ensuite la nuit tombait doucement, nous avons repris le chemin de la maison.

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C’est dans la soirée après le dîner, qu’allongée sur la banquette, mes jambes sur celles de ma douce moitié. Il y a avait environ 2 heures que nous étions rentrés. Tout d’un coup, petit mari me dit : dit donc, il semblerait que tu ais été mordu par un serpent, et en plus à deux reprises. Sur le coup, je lui réponds, tu rigoles ! Non il ne rigolait pas. En deux secondes je me suis relevée pour mieux constater. Effectivement à environ 15 cm sur le côté du mollet 4 superbes crocs avec des points de sang, une très légère inflammation autour.

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Alors là, on ne rigole plus. Je n’ai rien vu, absolument rien senti et je n’ai pas de signes aussi bien extérieur qu’intérieur de la moindre allergie et du moindre malaise. Premier réflexe : regarder sur Internet ; alors là, les images ne sont pas toujours belles, mais il y en a une du même genre que la mienne. Second réflexe : téléphoner à ma fille médecin, à qui j’envoie la photo, elle m’interroge : tu n’as vraiment rien, bon alors cela peut être rassurant, mais si jamais le moindre symptôme apparaît, direction l’hôpital. Tout le monde sait, qu’un dimanche soir aux urgences, on n’aime pas ça. Donc nous allons attendre un peu.

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Rien ne se produit de la soirée, je décide de me coucher.  5 Heures se sont écoulée. Le lendemain, je me réveille toujours aussi bien. Néanmoins, je décide d’aller dès l’ouverture de mon pharmacien lui demander conseil. Celui-ci confirme, effectivement ce sont bien des morsures de serpent. Allez quand même voir votre médecin, qui vous mettra certainement sous antibiotiques.

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 Oui mais pour aller voir le médecin c’est pas toujours facile. Le mien ne prend pas de rendez-vous, alors quand j’arrive il y a une vingtaine de personnes devant moi, comme l’urgence n’est plus réelle, j’essaie le cabinet médical de ma ville, sauf que là, comme mon médecin d’avant n’est plus mon référant et que les trois autres sont surchargés, on me refuse. C’est vraiment super maintenant en France. Les médecins ne se dérangent plus à domicile à moins d’être impotent, sinon ils nous donnent rendez-vous au cabinet et pendant les heures de consultations nous attendons dans la salle d’attente de longs moments en compagnie l’hiver par exemple des microbes et des virus qui se propagent. Alors si nous sommes passés à travers, là nous avons une seconde chance d’attraper n’importe quoi. Nous, les personnes d’un âge certain, nous nous souvenons de nos médecins de campagne qui se déplaçaient à pas d’heure. C’est normal tout évolue dans la vie, nos médecins modernes ont compris qu’ils avaient aussi le droit à plus de repos et à une vie familiale.

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 Donc revenons à nos moutons, il ne me restait plus qu’une solution, comme il n’y a pas besoin de m’ausculter puisque tout va bien, j’ose demander à ma fille une ordonnance par email. Heureusement d’un sens, je fais partie des privilégiés. L’ordonnance est arrivée, je me suis rassurée en prenant consciencieusement les médicaments, alors que je n’ai rien eu de ma morsure, en revanche, j’ai eu les intestins détraqués pendant plusieurs jours.

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Conclusion de ma mésaventure. Comme je dis toujours cela n’arrive pas qu’aux autres. Y regarder à deux fois quand nous posons les pieds sur nos chemins de randonnées et vous savez contrairement à l’idée reçue, on ne sent pas toujours la morsure, je pense que j’ai été épargnée de suites indésirables et même fatales parce que j’étais en pantalon. Du reste à l’endroit en lavant mon pantalon, je me suis aperçue de plusieurs fils tirés. Ne vous promenez donc jamais la cuisse et les jambes à l’air, le meilleur c’est le bon jean pas trop serré, tout l’inverse de la pluart des randonneurs que nous croisons l’été sur nos chemins de montagne. Je peux vous dire que la semaine suivante je partais 8 jours à Pralognan et que je n’ai pas profité de la même façon de mes balades, que j’ai du reste réduites. Je me sens un tant soit peu traumatisée par le fait que je n’ai rien vu et rien senti.

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Pour terminer, je vais vous raconter une histoire vraie, que m’avait raconté un médecin de mon village. L’été suivant cette histoire, une de ses patientes est venu le voir en lui disant qu’elle avait perdu son petit garçon de 4 ans. En vacances avec lui, du côté de la Rochelle, un après-midi il est allé faire un tour de manège sur un manège de chevaux de bois comme il y en a beaucoup sur les places ou les plages. Quand l’enfant est redescendu, il a dit à sa grand-mère : le cheval m’a fait un bisou. C’est tout. Les grands-parents ont souris à l’imagination de leur petit fils, l’enfant semblait bien aller, il courait gambadait à côté d’eux. Le soir à table il s’est senti mal et de plus en plus mal, ils l’ont emmené à l’hôpital où malheureusement il est décédé dans la nuit. La grand-mère s’est souvenue de ce qu’il lui avait dit en descendant du manège ; une enquête a été faite et il s’est avéré que le forain, l’hiver rangeait son manège dans une remise à côté d’un tas de bois. Et qu’une vipère avait hiberné dans le manège et fait ses petits sous le cheval. Ceci explique malheureusement cela.

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 Chambéry

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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