21 avril 2021

Confinement agréable, entre autre découverte de St. Martin de Bavel.

Les semaines et les jours naissent et disparaissent à une telle vitesse, que nous ne les voyons pas passer.

Ce qui est le plus difficile à vivre, c'est le manque de visibilité pour faire des projets.

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Avril a débuté par les fêtes de Pâques. Tout aussi tristes que celles de Noël dernier. Ce n'est pas pour cela qu'il ne fallait pas faire comme si !

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cette année, elles sont tôt et il fait encore bien frais. L'année dernière, nous déjeunions dehors avec chapeau de soleil. Ceci dit, cette année, nous n'aurions pas pu être dehors le 14, il faisait encore plus froid. 

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Alors que faisions-nous ? Pas de problème nous trouvons toujours une occupation. Celle d'écrire me prend beaucoup de temps. Tout autant que celle de marcher. Ah ! marcher, il fut un temps ou je le faisais simplement sans vraiment de but précis. Maintenant, je suis plus flemmarde. je dirai même parfois paresseuse et pourtant se bouger est indispensable. Il a fallu que mon médecin insiste pour m'éviter des médicaments en période de pré diabète. Une hygiène de vie supplémentaire s'est imposée.

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j'ai acheté un pédomètre pour calculer mes pas dans une journée. Ce qui m'incite un peu plus à marcher, car chaque jour je me félicite des performances atteintes et petit à petit je reprends goût pour la marche. Nous avons la chance d'avoir des centaines de chemins autour de chez nous. Chaque jour, nos balades peuvent être différentes. Toujours muni de mon appareil photos, j'essaie de capter les instants et les paysages que je trouve beaux.  Parfois, le résultat n'est pas celui que j'attends.

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En mars, nous avons assisté à l'éclosion des fleurs au sol mais aussi dans les arbres. La nature se réveille, c'est le renouveau partout. Nous sommes allés à la cueillette de l'ail des ours, pour la confection des soupes du soir, il y a eu ensuite, les orties et maintenant ce sont les bouquets de fleurs d'ail des ours. Notre seul but : embellir nos journées.

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 Nous sommes dans cette région depuis 14 ans et nous découvrons encore de nouvelles balades. De nouveaux villages. Et surtout une nouvelle façon de vivre les jours qui passent. Les seuls jours ou nous ne sortons pas ce sont les jours de pluie. Nous attendions avec impatience que le beau temps revienne et que la neige fonde sur les hauteurs, car si c'est le printemps dans la vallée, dès que nous montons à quelques kilomètres de notre village, la neige est encore présente. Notre baromètre, c'est le Grand Colombier, il culmine à 1525 m. Traditionnellement nous allons cueillir les jonquilles au col de la Biche à 1250 m.

 

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Pour y monter, il faut le feu vert des ponts et chaussées, car l'hiver ces routes de moyennes montagnes allant vers les cols sont fermées. En principe elles ouvrent vers la mi avril. Je vous assure, il ne faut pas déroger, une année nous n'avions pas obéi et nous nous sommes retrouvés en mauvaise posture avec la voiture car sous des sous bois il y avait encore des plaques de verglas dangereuses et pour faire demi tour, cela n'a pas été facile. Plus jamais nous n'avons recommencé. Même sur les routes dégagées, partout il reste des névés.

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En revanche cette année, en montant nous nous sommes retrouvés nez à nez avec un camion de grumier qui redescendait et là, il n'y a pas photo, il faut nous garer et comme la route est très étroite, les bas côté pierreux et minuscules, alors c'est la loi du plus fort ! on se débrouille comme on peut avec une sueur froide dans le dos et un gros ouf de soulagement quand il est passé. Merci petit mari.

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Une fois dépassé le col, c'est avec plaisir que nous retrouvons la grange d'en bas : une ancienne grange d'alpage complètement tombée par terre, matérialisée par un tas de pierre ; mais de là, débute des chemins de randonnées dans tous les sens. Nous garderons de cet endroit un souvenir que je vous ai déjà raconté il y a plusieurs années, souvenez-vous, le jour où petit mari en chef scout, un été nous a perdu avec les enfants dans un torrent déséché ! Quand nous arrivons à cet endroit, je suis remplie d'émotion, nous sommes seuls dans la nature au milieu d'étendues jaune. Pourtant miracle de la nature, une huitaine de jours avant, tout était blanc et là, apparaissent de petites jonquilles aux queues encore très petites mais assez grandes pour en faire nos premiers bouquets. Le plus important pour nous, c'est de ne pas revenir les mains vides, un seul petit bouquet nous fait plaisir.

 

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Une fois notre rituel accompli. A nous l'aventure ! Ce jour là, direction l'ancienne chartreuse d'Arvières. Le chemin est un spacieux GR, dégagé, avec quelques fondrières que nous pouvons contourner.

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Si vous saviez ce goût de bonheur simple qui nous envahi, nous sommes loin des soucis quotidiens, seuls dans la nature avec des paysages a couper le soufle accompagnés par le chant des oiseaux. De toute l'après midi, nous n'avons rencontré que 5 personnes et 2 chiens. Les vaches ne sont pas encore arrivées !

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Pas besoin de masques, les distances sont très respectées. Par exemple celui-ci, seul au milieu d'une prairie au bout de mon objectif, nous n'avons même pas vu sa tête !

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A la sortie d'un bois, surprise nous débouchons sur une clairière avec une grange au milieu de nulle part ! il y a  deux pronemeurs qui semblent tourner autour, comme nous le ferons après eux. A ce stade, nous ne savons pas encore, que nous allons découvrir un gîte d'étape plus que sommaire, mais bienveillant certainement pour les randonneurs fatigués voulant se mettre à l'abri et peu soucieux du confort et de la propreté. Puisque personne n'y habite.

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 Nous sommes dans un vieux film des années 1940/1950, on peut s'imaginer par exemple, des maquisards pendant la dernière guerre, l'Ain étant  devenu, un endroit historique pour eux à cette époque. Ou alors une armée de scouts  en culottes courtes et écharpes rouges autour d'un feu de bois devant la maison. Notre imagination va bon train. Mais en attendant, cet endroit est un éden sur terre entouré seulement des hôtes des bois. Pour moi, ces moments sont toujours remplis d'émotion et j'aime savourer la sérénité   qu'ils dégagent, ainsi je peux ensuite les ranger dans ma case petits bonheurs du jour. Refermons la porte ne laissons rien et repartons sur le chemin mystérieux. 

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Au loin notre Grand Colombier surveille, lui aussi son accès est ouvert, il va falloir y monter. Nous pourrions continuer encore et encore pour l'atteindre, mais mes performances ne sont pas encore à la hauteur !

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Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Le lendemain, la balade n'a plus rien à voir avec celle de la veille. Pour aller à Belley, la ville la plus proche de chez nous, nous passons sur le côté d'un village, sans jamais aller le découvrir, alors que la majestueuse église qui trône sur une motte castrale, nous fait de l'oeil à des kilomètres à la ronde. 

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Le soir elle est même illuminée. Il va falloir que je me penche sur l'histoire de ce petit village : Saint Martin de Bavel, où trône une si grosse église précédé d'un mur de pierres levées, comme dans les vieux villages des alentours. Malheureusement, comme dans presque tous les villages, les églises succeptibles de vous en apprendre sur leurs origines sont fermées : merci à ceux qui y commettent des incivilités et qui obligent les petites communes à fermer leurs endroits publics.

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Regardez bien, chaque pierre représente un animal.

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Ce petit village n'est fait que de vieilles maisons cossues en grosses pierres dont certaines ont été mises en valeur par leur propriétaire, certainement amoureux des vieilles maisons de caractère.

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L'attrait de ce village en plus de ses belles maisons typiques, c'est la balade bucolique de toute beauté au printemps où l'herbe est verte, pour  rejoindre le hameau de la commune "Le Truc". Entouré de montagnes dont certaines plus près ressemblent à des collines. Alors là, aussi loin du bruit, un vrai jardin posé au milieu des champs. Quelques vieux habitants papotent assis sur les murets face à leur maison. En un mot comme je dis toujours, les petits bonheurs du jour.

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Que ce confinement parmi tant d'autres, nous fasse réaliser, qu'il n'est pas obligatoire d'aller faire des centaines ou des milliers de kilomètres pour découvrir des merveilles. Toutes les régions françaises ont leur charme, la seule chose c'est en premier de prendre la peine de connaître à fond la région dans laquelle nous vivons. Parfois, vous découvrirez de réelles pépites que vous ne soupçonniez pas.

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Je terminerai ce billet en vous racontant un souvenir de mes jeunes années, du temps où j'avais encore 5 enfants à la maison et où l'argent du buget familial certaines années, n'avait pas été consacré aux vacances lointaines. 15 jours dans l'année, tout en restant chez nous, nous nous mettions en "mode vacances" consacré seulement aux vacances ; à l'époque j'habitais en Picardie, une très jolie région aussi. Nous partions chaque jour, sur les routes, à pied, à vélo ou en voiture et nous visitions tout ce qu'il y avait à voir. Chaque jour avait son thème. Je peux dire que nous connaissions tout de mon département de l'Oise et de ceux mitoyens. J'ai toujours été étonnée que ceux qui habitaient dans un endroit ne connaissaient même pas l'essentiel de leurs merveilles environnantes. Bientôt 15 ans après notre arrivée ici, nous en connaissons plus que mon aide ménagère et certains autochtones.  Quand j'ai changé de vie il y a 20 ans, j'ai été aussi surprise de constater que petit mari ne connaissait pas tout son département, mais en revanche il avait parcouru de nombreux départements français et ne manquait jamais les sports d'hiver. Alors inutile de vous dire, que je l'ai embarqué avec plaisir dans mes pérégrinations voyageuses : ici et ailleurs. Et c'est marrant, maintenant il adore.

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Les jonquilles chez nous, c'est un rituel ancestal. Au même âge qu'Héloïse ici, j'allais déjà les cueillir avec ma grand-mère dans les collines de Saint Just en Chaussée. Chez nous on transmet !