L'INTERNAT !
Aujourd'hui pour la première fois Théma, quitte sa chambre douillette, pour une chambre plus austère, celle de l'internat de la Prépa. de St. Cyr ! Il a 17 ans ½ .
Je ne peux m’empêcher, de me souvenir de mes premiers pas au pensionnat St. Thomas de Villeneuve à St. Germain en Laye. Je viens d'avoir 9 ans et nous sommes le 1er octobre 1952 ! Une dizaine de jours avant, j'ai regagné le petit appartement de mes parents à Paris. Dans un coin de la salle à manger, une banquette convertible d'une personne, m'attend pour toutes les fins de semaines. Maman a pris quelques jours de vacances pour m'emmener acheter mon uniforme à la Samaritaine ainsi que tout ce qu'il va me falloir pour ma vie de pensionnaire. Plus rien à voir avec la vie familiale, que j'ai depuis 6 ans chez mes grands-parents et encore moins avec la vie d' aujourd'hui.
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Chaque pensionnaire doit apporter son linge personnel, même ses draps et ses couverts. Afin de me rendre la séparation moins difficile, j'ai choisi dans la vaisselle de ma grand-mère : 3 assiettes, un verre et des couverts. Tout l'été, j'ai vu mémère broder mon linge avec mes initiales et le numéro 97 qui m'était attribué. Quand le jour « J » est arrivé, mes parents et moi , nous sommes allés prendre le train à la gare St. Lazare. Papa porte deux lourdes valises, maman un gros sac et moi j'arbore fièrement, le cartable tout neuf acheté la veille aux Galeries Lafayette.
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Une heure plus tard, nous arrivons devant une grande bâtisse entourée de grands murs. Maman sonne, Aussitôt une religieuse nous ouvre la porte ; j'apprendrai plus tard que c'est la « sœur portière » . Tout de suite, je comprends qu'il est inutile que je pense à me sauver ; sait-on jamais ? Nous traversons la grande cour pavée pour nous rendre au parloir, ou la mère supérieure doit nous recevoir. Dès qu'elle franchit la porte, je vais mieux, je suis rassurée, je la connais. Elle était l'année précédente à la colonie de vacances en Normandie. Il semblerait qu'elle soit monter de grade !
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Après nous avoir fait visiter l'essentiel de l'internat, elle nous propose de nous rendre dans le dortoir des moyennes pour que je m'installe et que maman puisse faire mon lit. Les autres jours c'est moi toute seule qui m'en chargerai. Nous rentrons dans une pièce immense, deux rangées de lits en fer remplisse la salle, soutenue par plusieurs grosses colonnes. Au bout de la pièce, une salle d'eau avec une trentaine de lavabos plusieurs douches que nous aurons le droit de nous servir une fois par semaine le lundi car c'est le seul jour où nous avons de l'eau chaude ! C'est le jour de lessive pour la communauté. A l'autre bout de la pièce pour la toilette, se trouve une chambre privée avec une fenêtre qui donne sur le dortoir c'est celle de Sœur Jean Climaque qui doit nous surveiller. Ouf, encore une religieuse que je connais. Et celle-ci particulièrement, je ne le sais pas encore, mais elle marquera toutes mes années « pension » et deviendra ma confidente, je l'aurai pendant plusieurs années et je la retrouverai même dans le second pensionnat après mon certificat d'études.
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CARTE POSTALE LA PLUS RESSEMBLANTE
L'heure de dire au revoir à mes parents arrive, inutile de vous dire que le moment n'est pas facile. Je ne peux retenir quelques larmes. Papa me dit : ne t'inquiète pas, samedi après-midi, je t'attendrai à la gare St. Lazare devant le quai des arivées, tu seras avec plusieurs autres petties filles sous la conduite de Soeur Jean Climaque. Et nous irons goûter tous les deux en attendant de pouvoir récupérer maman à son travail.
À suivre......