Souvenirs de la guerre de 1914

Mon grand-père Adrien Pascaut a fait la guerre de 1914, il s'est marié en 1917, il écrivait à ma grand-mère chaque jour de jolies cartes postales, qui ont été réunies dans des albums. Aujourd'hui, je vous en présente 3, celles-ci sont brodées.
Maman était fille unique, moi aussi. J'ai donc hérité d'un de ces albums, les autres malheureusement ont été détruits par ma grand-mère car très pudique, elle ne voulait pas que nous lisions ce que son amoureux lui écrivait, elle ne s'était pas aperçue que maman et moi en avions caché un. Cet album a été une source précieuse pour moi "la généalogiste", un jour patiemment j'ai lu toutes ces cartes, grand-père racontait sa vie sur le front, parlait de sa famille et de ses cousins qui se trouvaient aussi sur le front. C'est ainsi que je me suis rendue compte que le front était à moins de 100 kms de chez lui et que par exemple quand quelqu'un de sa famille venait le voir elle mettait plus d'une demi-journée. Surprise par le fait que l'on pouvait se rendre sur le front facilement, et surprise surtout du temps qu'il fallait pour s'y rendre alors que de nos jours nous mettons à peine deux heures pour nous rendre "Au chemin des dames". Il habitait près de Compiègne. Une jour, dans les années 50 il a voulu que son neveu l'emmène jusqu'au "Chemin des Dames" pour revoir l'endroit où il a passé de tristes moments. Je me souviens particulièrement de ce jour là, j'avais 7 ou 8 ans, Paul était le seul de la famille qui avait une voiture , et quelle voiture une 2 CV, vous savez les premières avec des fauteuils en toile, j'étais à l'arrière entre ma grand-mère et la cousine j'étais assise sur la barre du milieu qui séparait les deux fauteuils, on m'avait bien mis un oreiller, mais ce n'était quand même pas confortable.
Alors croyez moi, je conserve précieusement cet album, j'ai mis ces cartes dans un cadre elles ornent un mur de notre chambre. Il faut dire que je suis très conservatrice.

































































