PREMIER ARRACHEMENT AFFECTIF autobiographie n°3
Tout d’abord à vous mes fidèles lecteurs et lectrices, je vous souhaite une belle année 2026, pleine de joie et de bonheur sans oublier pour tous une bonne santé.

Certaines personnes s’étonnent qu’à 82 ans je me souvienne encore de beaucoup de détails de mon enfance.
Il est bon de savoir, que je suis d’une famille ou, au sein de celle-ci, nous avons toujours beaucoup parlé, chez nous, il n’y a jamais eu de taiseux. Si affectivement j’ai manqué de l’essentiel, en revanche du côté communication, on a toujours répondu à mes questions, même si parfois la vérité a été édulcorée et même plus.
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Du plus loin que je me souvienne, dès que j’ai su écrire, je ne m’en suis jamais privé. J’ai toujours eu un journal intime, qui me sert encore maintenant ; car rien n’est plus véridique que d’écrire dans l’instant.
Alors, les écrits, les photographies, les archives du passé sont précieuses et restent des témoignages indispensables. Surtout quand on est une conservatrice comme je le suis. Ma formation généalogique m’aide et me sert beaucoup : « il faut considérer les témoignages du passé comme une richesse pour avancer dans la vie ».
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Je reprends donc, au moment de quitter l’endroit où je suis née. A cette époque, les femmes qui accouchent chez une sage-femme, reste environ une huitaine de jours et parfois plus. Quand maman et moi avons été prête à sortir, elle m’a conduite directement chez Monsieur et Madame Parent à Herblay. Car chez elle, aucun lit douillet ne m’attendait. Pus tard, quand je poserai des questions, elle me dira : « les rares fois que tu es venue chez moi, tu dormais sur des coussins posés sur deux chaises et pour pas que tu tombes, on te bloquait entre le mur et d’autres chaises ; quand tu as été plus grande je te faisais un lit dans la baignoire !!
D’après les photos que je possède, mes parents nourriciers habitent un joli pavillon de banlieue, avec un grand jardin, au fond duquel se trouve un chenil où parait-il, j’aimais aller voir le magnifique berger allemand qui s’y trouvait. Toujours soigneusement habillée, j’étais un beau bébé et on semblait bien s’occuper de moi.
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Maman vient me voir régulièrement, parfois ma grand-mère l’accompagne. Je ne saurai jamais si mon père est venu me rendre visite ; aucune photo ne le montre. En revanche, je grandis entourée de personnes gentilles et attentionnées. Dès mes 18 mois, je commence à parler et c’est à Monsieur et Madame Parent, que je dis papa et maman.
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Un dimanche après-midi, lors d’une visite de ma grand-mère avec maman, celle-ci m’entend dire, merci à ces gens et ne supporte pas que je m’adresse à eux en disant papa et maman. Sans réfléchir, elle aurait dit : « cette petite ne peut appeler des étrangers de la sorte, je la ramène chez moi, ton père mis devant le fait accompli, ne pourra que craquer devant une si jolie petite fille.
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Quand je suis arrivée chez mes grands parents
C’est ainsi, que le soir même, sans aucune préparation, je reprends le train avec ma grand-mère pour la Picardie. n’est-ce-pas un peu brutale comme méthode ? C’était sans se douter qu’un évènement traumatisant, allait se produire sur le chemin du retour. En quittant Herblay, ma grand-mère dit à mes nourriciers : « Venez la voir quand vous voudrez, nous vous accueillerons chez nous avec plaisir. Effectivement ils viendront deux fois ; les photographies sont toujours là pour le prouver, mais un jour leur a-t-on fait comprendre de ne plus venir ? Ou eux-mêmes l’ont-ils décidé ? Jamais je ne les ai revus et je n’en ai jamais su davantage.
A cette époque, nous étions encore loin de la psychologie enfantine. Ce n’était pas encore un sujet à la mode. On était loin de penser, aux dégâts et aux lourdes conséquences que ce premier déchirement, pouvaient avoir sur ma vie !
Le voyage du retour n’a pas été aussi simple, que ce que prévu. En une seconde, tout aurait pu chavirer, heureusement le destin en a décidé autrement.
Parfois dans la vie, nous avons des flashs concernant des évènements lointains, qui nous sont arrivés et dont nous ne nous souvenons pas. Je pense que ce que je vais vous raconter, en est l’un d’eux.
Pendant toute mon enfance ce souvenir enfoui au fond de ma mémoire se réveillait dans la peur incompréhensible pour les orages et le bruit du tonnerre, qui m’a toujours paniqué à chaque fois que je l’entendais. Je me souviens encore au début de ma vie de femme je m’enfermais dans les WC sans fenêtre dès que le grondement était trop fort.
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J’ai toujours assimilé l’évènement suivant, à cette peur irraisonnée. Le jour où j’ai quitté Herblay j’ai environ 20 mois. Nous avons pris le train à la gare du Nord. Pendant le trajet, il s’est arrêté et nous avons été obligés de descendre sur les voix et de nous allonger dans l’herbe. Pour me protéger, ma grand-mère m’a recouverte de son corps, il paraît que je hurlais de toutes mes forces. Un avion à basse altitude essayait de pilonner le train ; nous étions à quelques mois de la capitulation des forces allemandes. Ce bruit infernal au-dessus de nous, est certainement resté gravé dans ma mémoire à tout jamais. Heureusement après cette alerte qui aurait pu tout changer, les voyageurs sont repartis vers leur destination. A suivre… R.VS la semaine prochaine.
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