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Manouedith et ses passions

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7 janvier 2026

PREMIER ARRACHEMENT AFFECTIF autobiographie n°3

Tout d’abord à vous mes fidèles lecteurs et lectrices, je vous souhaite une belle année 2026, pleine de joie et de bonheur sans oublier pour tous une bonne santé.

Bonne année 2026 GIF Anime Gratuite|

Certaines personnes s’étonnent qu’à 82 ans je me souvienne encore de beaucoup de détails de mon enfance.

Il est bon de savoir, que je suis d’une famille ou, au sein de celle-ci, nous avons toujours beaucoup parlé, chez nous, il n’y a jamais eu de taiseux.  Si affectivement j’ai manqué de l’essentiel, en revanche du côté communication, on a toujours répondu à mes questions, même si parfois la vérité a été édulcorée et même plus.

Du plus loin que je me souvienne, dès que j’ai su écrire, je ne m’en suis jamais privé.   J’ai toujours eu un journal intime, qui me sert encore maintenant ; car rien n’est plus véridique que d’écrire dans l’instant.

Alors, les écrits, les photographies, les archives du passé sont précieuses et restent des témoignages indispensables. Surtout quand on est une conservatrice comme je le suis. Ma formation généalogique m’aide et me sert beaucoup : « il faut considérer les témoignages du passé comme une richesse pour avancer dans la vie ». 

Je reprends donc, au moment de quitter l’endroit où je suis née. A cette époque, les femmes qui accouchent chez une sage-femme, reste environ une huitaine de jours et parfois plus. Quand maman et moi avons été prête à sortir, elle m’a conduite directement chez Monsieur et Madame Parent à Herblay. Car chez elle, aucun lit douillet ne m’attendait. Pus tard, quand je poserai des questions, elle me dira : « les rares fois que tu es venue chez moi, tu dormais sur des coussins posés sur deux chaises et pour pas que tu tombes, on te bloquait entre le mur et d’autres chaises ;   quand tu as été plus grande je te faisais un lit dans la baignoire !!

D’après les photos que je possède, mes parents nourriciers habitent un joli pavillon de banlieue,  avec un grand jardin, au fond duquel se trouve un chenil où parait-il, j’aimais aller voir le magnifique berger allemand qui s’y trouvait. Toujours soigneusement habillée, j’étais  un beau bébé et on semblait bien s’occuper de moi.

Maman vient me voir régulièrement, parfois ma grand-mère l’accompagne. Je ne saurai jamais si mon père est venu me rendre visite ; aucune photo ne le montre. En revanche, je grandis entourée de personnes gentilles et attentionnées. Dès mes 18 mois, je commence à parler et c’est à Monsieur et Madame Parent, que je dis papa et maman.

Un dimanche après-midi, lors d’une visite de ma grand-mère avec maman, celle-ci m’entend dire, merci à ces gens et ne supporte pas que je m’adresse à eux en disant papa et maman. Sans réfléchir, elle aurait dit : « cette petite ne peut appeler des étrangers de la sorte, je la ramène chez moi, ton père mis devant le fait accompli, ne pourra que craquer devant une si jolie petite fille.  

Quand je suis arrivée chez mes grands parents

C’est ainsi, que le soir même, sans aucune préparation, je reprends le train avec ma grand-mère pour la Picardie. n’est-ce-pas un peu brutale comme méthode ? C’était sans se douter qu’un évènement traumatisant, allait se produire sur le chemin du retour. En quittant Herblay, ma grand-mère dit à mes nourriciers : « Venez la voir quand vous voudrez, nous vous accueillerons chez nous avec plaisir. Effectivement ils viendront deux fois ; les photographies sont toujours là pour le prouver, mais un jour leur a-t-on fait comprendre de ne plus venir ? Ou eux-mêmes l’ont-ils décidé ? Jamais je ne les ai revus et je n’en ai jamais su davantage.

A cette époque, nous étions encore loin de la psychologie enfantine. Ce n’était pas encore un sujet à la mode. On était loin de penser, aux dégâts et aux lourdes conséquences   que ce premier déchirement, pouvaient avoir sur ma vie !

Le voyage du retour n’a pas été aussi simple, que ce que prévu. En une seconde, tout aurait pu chavirer, heureusement le destin en a décidé autrement.

Parfois dans la vie, nous avons des flashs concernant des évènements lointains, qui nous sont arrivés et dont nous ne nous souvenons pas. Je pense que ce que je vais vous raconter, en est l’un d’eux.

Pendant toute mon enfance ce souvenir enfoui au fond de ma mémoire se réveillait dans la peur incompréhensible pour les orages et le bruit du tonnerre, qui m’a toujours paniqué à chaque fois que je l’entendais. Je me souviens encore au début de ma vie de femme je m’enfermais dans les WC sans fenêtre dès que le grondement était trop fort.

J’ai toujours assimilé l’évènement suivant, à cette peur irraisonnée. Le jour où j’ai quitté Herblay j’ai environ 20 mois. Nous avons pris le train à la gare du Nord. Pendant le trajet, il s’est arrêté et nous avons été obligés de descendre sur les voix et de nous allonger dans l’herbe. Pour me protéger, ma grand-mère m’a recouverte de son corps, il paraît que je hurlais de toutes mes forces. Un avion à basse altitude essayait de pilonner le train ; nous étions à quelques mois de la capitulation des forces allemandes. Ce bruit infernal au-dessus de nous, est certainement resté gravé dans ma mémoire à tout jamais.   Heureusement après cette alerte qui aurait pu tout changer, les voyageurs sont repartis vers leur destination.                                                                         A suivre… R.VS la semaine prochaine.

 

 

 

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15 décembre 2025

MIEUX CONNAITRE MES PARENTS -biographie 2-

Pour mieux comprendre la situation de cette époque lointaine.

Revenons quelques mois avant ma naissance.

C'est la guerre, nous sommes en 1941. Près de la ville où habite maman, en Picardie, entre Beauvais et Compiègne, s'est installé dans les champs, un camp militaire provisoire.  C'est un régiment d'aviateurs !

Bien vite, les jeunes filles du village, viennent rôder autour du camp, elles ne sont pas insensibles à tous ces beaux jeunes hommes et commencent à parler avec eux. C'est connu, les aviateurs ont beaucoup de charme ! A l'abri des regards indiscrets, des idylles se nouent. Louise et Joseph font connaissance et se rapprochent, ils partagent leur temps libre. Tout naturellement quand l'heure du départ sonne, ils échangent leurs adresses. Mais Joseph est encore marié dans la capitale, il est séparé de son épouse et ils ont un petit garçon : Claude.

C'est l'année suivante que maman fête ses vingt ans. Sans que ses parents le sachent, elle entretient depuis plusieurs mois une correspondance assidue avec mon futur papa. Elle rêve de rejoindre son amoureux à Paris pour vivre avec lui. Pas chose facile à réaliser par les temps qui courent. Ses parents sont sévères et ils ne la laisseront pas partir facilement. Il va falloir bien étudier ce départ et trouver un point de chute fictif dans la capitale. Mais surtout, il va falloir les convaincre.

Un semblant de solution commence à germer dans la tête de Louise. Sa marraine « Margot » habite dans le douzième arrondissement, rue de la Voûte. Un quartier agréable près du bois de Vincennes. Margot est une vieille demoiselle célibataire de 56 ans, c'est la cousine de mon grand-père. Elle est beaucoup appréciée par toute la famille. Elle-même, a eu une enfance particulière pour son époque.

Dans les années 1880, ses parents se sont rencontrés à Paris, alors que le papa est marié et père de famille à Bordeaux, la maman est célibataire. Entre eux, très vite, une relation s'est installée et « Margot » est arrivée. Une situation compliquée, car le père n'a jamais divorcé de son épouse et au bout d'un certain temps il est reparti vivre auprès d'elle, sans jamais oublier sa fille. Quelques années plus tard il la reconnaîtra. Au début, elle a été difficilement acceptée par la famille ; mais bien vite elle se fera aimer par sa gentillesse.   

Tout le monde l'appréciera. Malheureusement pendant la guerre de 1914, elle perdra son fiancé et ne refera jamais sa vie. Personne ne lui a connu d'autre amoureux. Alors la romance amoureuse de maman ne peut qu'attendrir notre douce Margot.

Très vite, elle propose à mes grands-parents d'héberger maman et de lui trouver un travail. Un emploi de vendeuse en boulangerie vient de se libérer dans son quartier. Connaissant très bien ses cousins, elle sait qu'elle peut avoir un argument qui pourrait les conduire à accepter.

C’est ainsi qu’elle leur présente la situation. « C’est une bonne place, Louise pourra même vous envoyer des tickets de rationnement pour le pain ». Après tout, cette solution n’est pas à négliger en temps de guerre ! Et c’est ainsi que nos amoureux se sont retrouvés. Par la même occasion, maman découvre la liberté et la vie parisienne.

Son emploi de vendeuse en boulangerie ne dure pas très longtemps, puisque à ma naissance il est marqué sur mon acte, qu’elle est « infirmière » J’apprendrai, qu’elle avait été aide-soignante dans un hôpital parisien. Jamais elle ne me dira combien de temps elle est restée ou pas chez sa marraine ?

Le treizième arrondissement c’est le fief de toute la famille de Joseph. Ils y habitent depuis de nombreuses années. Pendant ses moments libres, maman l’aide dans sa miroiterie. Malgré la guerre, pour eux, la vie semble être agréable. Ils ne manquent de rien, la miroiterie marche très bien.

Et comme vous l’avez vu dans le billet précédent, je suis arrivée.

 

 A suivre......

 

8 décembre 2025

MA NAISSANCE

Sur Instagram, j'ai plusieurs comptes, je vous invite à aller les regarder. :

1) Manouedith et ses passions pour justement, ce que j'aime particulièrement.

2) Manouedith2 (en ce moment en repos) pour mes activités manuelles.

3)Les états d'âme de Manouedith pour ceux et celles, qui veulent en savoir plus sur moi : Des extraits de mon autobiographie, depuis ma naissance à nos jours.  Mais aussi justement de mes "états d'âme" du moment

A plusieurs reprises sur le blog commencé il y a 19 ans  j'ai raconté quelques anecdotes de ma longue vie. Car, vous verrez, elle n'est malheureusement pas celle de tout le monde !

Désormais j'ai décidé plus régulièrement  de vous confier un peu plus de moi. A mon âge, Je n'ai plus rien à perdre. Vous serez donc mes premiers lecteurs. Néanmoins, je tiens à préciser que mon prénom Edith restera le mien. Mais tous ceux des personnes présentées, seront changés ainsi que certains lieux.

Afin que

"TOUTE  RESSEMBLANCE  AVEC  DES  PERSONNAGES  EXISTANTS  SERAIT  PUREMENT  FORTUITE."

Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu l'envie d'écrire ma vie. Ma destinée a tellement été différente qu'elle a fait de moi, la femme que je suis devenue. Une battante, avec ses forces et ses faiblesses . Mais, qui au fond du trou, s'est toujours relevée pour essayer d'aller jusqu'au bout des choses. Un degré de persévérance qui n'est pas celui de tout le monde.  

Après des années de doutes, de réflexions, de remises en question, le manuscrit est en bonne voie pour être définitivement terminé et édité  ; et surtout confié à l'Association de journaux intimes, de témoignage de la vie "des gens ordinaire" qui se trouve à Ambérieu-en-Bugey entre Lyon et Genève. Une mémoire de l'intime qui reflète les soubresauts de l'histoire et les changement sociaux.

 

LA NAISSANCE

Dès ma naissance tout commence par des mensonges. Alors comment se construire avec ?? 

Nous sommes le 3 septembre 1943, c'est un vendredi ; Paris est occupé par les allemands. Louise est sur le point d'être maman. Depuis le matin, elle est chez la sage-femme, dans un joli pavillon parisien du quartier de la Butte aux Cailles dans le 13ème arrondissement. Joseph est-il présent ? Je ne l'ai jamais su. Mes parents ne sont pas mariés. 

Si j'écoute la version, telle que maman me l'a racontée, c'est une belle histoire. Mon père, serait allé me déclarer à la mairie. Tous les deux, avaient décidé de m'appeler NADINE. Pendant la guerre, ce prénom, n'est pas accepté car il est trop proche de Nadia et il peut évoquer la Russie !

Quand Joseph est arrivé à la mairie, aucun autre prénom n'avait été retenu. Alors il a demandé à la secrétaire de l'état civil un calendrier, pour l'aider à en trouver un nouveau.  Très vite, il s'arrête au 16 septembre. Ce jour là, c'est la Sainte Edith. Super aurait-il dit ? C'est celui que je choisis : comme mon nom de famille ressemble à celui de la célèbre chanteuse que j'aime tant ; seul le "T" remplacera le "F". C'est chouette n'est-ce-pas ?  Cela dit, j'ai toujours chanté faux, pas de chance. En revanche, j'aime beaucoup mon prénom, certainement plus que les deux autres : Marcelle et Adrienne. Pourtant, mon troisième prénom me servira 70 ans plus tard pour remonter la généalogie de ma grand-mère paternelle, dont je ne savais rien, même pas son nom de jeune fille.

Quand cette version m'a été racontée, elle a plu à la romantique que je suis. Malheureusement quelques années plus tard, quand j'ai eu besoin d'un acte de naissance, la vérité m'est apparue tout autre. Mon père n'était pas présent pour ma naissance et c'est un de ses employés qui m'a déclaré. 

Extrait de mon acte de naissance :

Le trois septembre mil neuf cent quarante trois, vingt et une heure cinquante, est née 76, rue du Moulin des Prés : Edith Marcelle Adrienne, fille de Louise Eugénie P... Infirmière, domiciliée.....

Sur la déclaration de Yepraksé M.... 18 ans manutentionnaire domicilié....Ayant assisté à l'accouchement (moi, je rajoute ???) qui lecture faite a signé avec nous Paul M.... adjoint au maire du 13ème arrondissement. 

Pas de père pour me déclarer ! Seulement un inconnu. D'un seul coup, toute la belle histoire s'est envolée. Premier mensonge parmi tant d'autres! A ce moment-là, je ne peux que constater : MA VIE A COMMENCE par une fable. 

 

A Suivre.......

 

 

 

5 décembre 2025

POUR MOI, POUR NOUS : Je prépare Noël 2025

Pour la majorité d'entre nous, les temps sont devenus difficiles et de plus en plus compliqués ; la vie n'est pas un long fleuve tranquille ! L'avenir n'a jamais été aussi incertain et pourtant, moi, j'ai envie d'en profiter jusqu'à mon dernier souffle. Mon âme est toujours celle d'une petite fille qui d'année en année a vu les magasins se parer de lumières, de magie et de rêves. 

Ah ! Les Noëls de mon enfance, ils ne sont pas ceux de maintenant. Nous sortions de la guerre, Pour beaucoup leur maison étaient abimées ou détruites, Dans les commerces, on ne trouvait pas encore de tout, il y avait encore des restrictions. Le Noël 1946, mon premier Noël chez mes grands-parents maternels. Alors, avec une petite fille dans sa troisième année, il a fallu marquer le coup !

Jamais ma maman n'est là, le jour du 25, elle travaille dans les grands magasins parisiens , les fêtes de fin d'année sont pour elle, des périodes très chargées. Alors pépère et mémère font ce qu'ils peuvent pour me gâter. La semaine précédente, les cadeaux sont arrivés de Paris ; mes chaussons seront toujours bien garnis.

Une seule fois, pépère ira couper dans le bois de Mermont un petit sapin . Je me souviens encore des bougies clipsées sur quelques branches que l'on a allumées le soir de Noël. Comme dans la légende le père Noël passe pendant que je dors et c'est seulement le matin du 25 que je découvre mes cadeaux. Ce jour là, je me souviens d'une robe de chambre blanche à pois rouges. Mais, les années suivantes plus de sapin.

Pendant sept ans, les cadeaux, seront à chaque fois déposés dans la cuisine près de la cuisinière à charbons. Seule petite extravagance, la semaine des vacances scolaires, Mémère m'emmène à Paris voir les jolies vitrines des Galeries Lafayette et du Printemps. Et assister à la remise des cadeaux pour les enfants des employés du célèbre magasin. Je revois l'immense sapin dressé au pied du grand escalier majestueux, couvert de boules et de guirlandes , fier, s'élevant vers la magnifique coupole Art Nouveau 6 étages plus haut. Le père Noël assis dans un beau fauteuil attend chaque enfant pour lui remettre son présent. Pour moi, ce souvenir ne me quittera jamais, tellement il était lumineux et grandiose pour la petite fille que j'étais.

L'année de mes 9 ans, ma vie change. Les Noëls n'ont plus le même goût. Toute la semaine, Je vis en pension, les préparations ne sont plus pareilles. Il y a bien un énorme sapin qui orne le parloir. Nous, nous attardons beaucoup plus sur la mise en place de la crèche et tous les rituels qui vont avec. Chez mes parents, il n'y aura jamais de sapin , le jour du réveillon de Noël, nous irons à chaque fois chez mes autres grands-parents où là non plus, il n'y a ni crèche, ni sapin. Un Noël pour « grands », autour d'une énorme dinde et d'une belle buche pâtissière suivi d'une simple distribution de cadeaux ! Plus de magie, plus de lumières qui brillent, plus de rêves.

Il faudra que j'attende 1963 et mon premier Noël de jeune mariée pour acheter enfin un sapin et décorer nos deux chambres de bonne, au sixième étage d'un immeuble parisien et passer notre premier Noël en amoureux. De ce jour là, il n'y a plus jamais eu de 25 décembre sans sapin ni crèche et surtout sans musique. Les années suivantes les premiers enfants sont arrivés les rites ont évolués, il y a même eu certaines années la messe de minuit et les repas en famille.

C'est ainsi que les années ont passées. La famille s'est agrandie, la fête aussi. Le monde de consommation est passé par là et de plus en plus les décorations ont envahi nos maisons.

Que de fois j'ai aimé regarder mes enfants et ensuite mes petits enfants, les yeux émerveillés devant mes ensembles de Pères Noël et mes décorations Tout au long de ces années, j'ai développé mon art de la table et à chaque fois j'en ai réalisé une différente.

Les petits sont devenus grands , les générations se sont succédées et surtout le monde qui nous entoure a changé, malheureusement la famille aussi. Certains se sont éloignés et maintenant au soir de notre vie, plus rien ne se ressemble.

Pourquoi devrais-je arrêter d'entretenir mes rêves ? Heureusement nous sommes encore deux et jusqu'au bout je continuerai tant que j'en aurai la force. Pour moi Noël c'est sacré. De bons moments pour MOI, pour LUI . Pour la première fois cette année, nous avons décoré ensemble . Avant, seule en une journée tout était en place, maintenant il nous faut deux jours et j'espère que nous le pourrons encore pendant de nombreuses années.

Maintenant que la maison est prête, je peux commencer à emballer les cadeaux et les envoyer. Sans oublier d'adresser un SMS à chacun, pour qu'ils surveillent leur boite aux lettres.

Et vous si vous êtes seuls, préparez-vous un bon repas et décorez un minimum votre maison, car nous ne savons pas, ce que demain sera fait ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26 novembre 2025

Les Préparatifs de Noël

6 - BLOG REPRISE

25 novembre 2025

 

Les préparatifs de Noël

 

Dans un mois jour pour jour, nous serons à Noël. Déjà dans les magasins tout est prêt. Chaque année, nous attendons cette date avec impatience et pourtant, plus nous vieillissons plus les festivités sont devenues moindre !

Quand mes enfants étaient petits nous étions encore au XXème siècle. Nous installions le sapin la deuxième quinzaine du mois de décembre, quand nous n'attendions pas quelques jours avant la date fatidique. Nous l'enlevions quand les Rois Mages étaient passés. La crèche prenait place la veille de Noël, si nous l'exposions avant, l'enfant Jésus était recouvert et n'apparaissait que le 25, les Rois Mages arrivaient pour le 1er janvier. Etant catholique, nous respections les traditions de notre religion. Pourtant nous n'étions pas de sérieux pratiquants.

« Noël », festivités mais par quel moyens et pourquoi

Mon Dieu, comme au fil des années tout a changé. Il est vrai, depuis nous sommes passés au XXIème siècle ! Et nous sommes devenus grands-parents et arrière grands-parents.

Quelques préparatifs de noël en Provence - Dans la Bulle de Manou

Depuis la naissance de mes petits enfants, dès le premier dimanche de l'Avent, notre maison se pare de mille feux. Une fois que la première bougie de la couronne de l'Avent est allumée, les festivités peuvent commencer. Quelques jours après, c'est la Sainte Barbe, comme le veut encore de nos jours, la tradition provençale qui est toujours bien respectée, je devrais faire germer du blé, mais comme il n'est pas toujours facile de s'en procurer, moi je fais de même avec des lentilles vertes que je dispose dans une petite assiette, recouverte d'un tapis de ouate mouillé. Au jour le jour elles vont se développer et faire un bouquet d'herbe que nous déposerons à la crèche. Il paraît que c'est un gage de prospérité pour l'année à venir.

DIY pour la réalisation d'une couronne de l’Avent

Seulement après, je vais acheter un sapin naturel, j'avoue que certaines années je le remplaçais par un du commerce qui pouvait resservir d'autres années. Je ressortais boules et guirlandes des années passées. Sans oublier ma collection de pères Noël uniquement quand les enfants étaient petits, car j'aimais voir leurs yeux émerveillés quand ils allaient d'une table à l'autre pour les admirer. Le sapin toujours à la place d'honneur dans le salon. Mais comme nous vivons le plus souvent au premier étage dans le boudoir, un second est réservé à cette pièce près de la cheminée. Très souvent le jour de Noël, la maison était remplie de joie et de va-et-vient : elle vivait. Pendant de nombreuses années nous nous retrouvions à la montagne et notre appartement de Pralognan, plus petit que la grande maison, recevait moins de monde, mais toujours assez pour nous retrouver avec en plus la magie des Noëls enneigés.

Choisir un sapin de Noël naturel ou artificiel

Tout cela maintenant nous semble de lointains souvenirs. Mais je ne changerai pour rien au monde, nous ne sommes plus que nous deux, et Noël restera Noël. Par principe je ne cèderai pas à la nouvelle mode qui veut commencer les décorations dès la seconde quinzaine du mois de novembre . Malgré tout, j'ai hâte d'aller farfouiller dans ma grande malle du grenier pour décider et organiser notre Noël 2025, rien que pour nous deux. Toujours avec autant de plaisir je choisirai, mes boules et mes guirlandes. Même si après les fêtes il faudra tout ranger à nouveau pour l'année suivante, en espérant que nous serons encore tous les deux.

 

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18 novembre 2025

L'ART de RECEVOIR Chez ManouEdith

L'ART de RECEVOIR Chez ManouEdith

La table c'est l'endroit de détente et de convivialité par excellence....

C'est pourquoi il faut également utiliser son imagination pour venir compléter les efforts de la cuisine.

Bernard Loiseau  

 

5 - LES JOLIES TABLES

Pendant longtemps, nous avons reçu régulièrement, autour d'un bon repas, notre famille et nos amis. Petit mari aux fourneaux et moi à la déco. Des tâches toujours bien réparties, avec pour seule devise : « Tout faire à deux ». 

Les années ont passé, nous avons vieilli et la famille s'est éloigné, les amis aussi. Longtemps, nous avons pensé que nos enfants prendraient la relève. Malheureusement, la société a changé et les repas de famille sont devenus de plus en plus rare. Cela n’a donc pas été le cas.

Il y a bientôt deux ans, j'ai décidé que chaque dimanche, je remettrai les petits plats dans les grands.

Pendant la semaine, pour plus de commodités, nous déjeunons dans la cuisine ; bien que nous ayons une jolie salle à manger. J’ai voulu restaurer « la table du dimanche » et l’art de vivre à la française.

Petit mari me sustente depuis vingt-cinq ans ; pour le remercier, à mon tour de lui renvoyer la balle en dressant chaque dimanche une belle table. Quand je dis une belle table, pour moi c'est un tout. J’ai voulu reprendre le cérémonial des repas du dimanche. Après tout, je suis encore de celles qui ont connu « les habits du dimanche ». Ce jour-là, il fallait être beau et différent.

Puisque nous avons à cet effet une pièce spéciale, elle ne doit pas être que décorative. Jouons le jeu, ouvrons la grande armoire débordante de vaisselle, mettons une nappe, des fleurs et des bougies. Si nos invités en étaient dignes, pourquoi pas nous ? Même à deux, nous méritons les mêmes attentions.

J'ai toujours aimé la vaisselle, mais jamais je n'ai eu de services complets ; souvent les trois quarts des plats ne servent pas.

Depuis mes premières invitations, j'ai pris l'habitude de convier que 8 personnes à la fois. Evidemment il y a eu des exceptions, comme le jour de grande réception, mais dans l'ensemble j'ai souvent préféré  8 ou maximum 10. Je trouve cela plus chaleureux, nous pouvons nous occuper de tout  le monde.

Néanmoins, au fur et à mesure des naissances la table s'est agrandie. Mais chez nous, les enfants jusque 10  ans, quand ils sont plusieurs ont leur prépare leur propre table, afin qu'ils puissent se lever quand ils le veulent.

J’ai acheté plusieurs collections par 8 : assiettes plates, assiettes creuses et assiettes à dessert, un ou deux plats identiques à chaque série. Le jour où les convives étaient plus nombreux, je mixais entre-elles. Ainsi mes tables ont toujours été différentes et ont fait le bonheur de mes créations du jour. Je préparais toujours ma table la veille, maintenant c'est ma première activité du dimanche matin.

Table de fiançailles en 2001

Il ne faut pas croire, que dresser une table, ne se fait qu’en 5 mn. Rien n'est laissé de côté, tout doit s'harmoniser autour de la couleur de la nappe et des fleurs. Je suis très sensible aux détails, je n'aime absolument pas « l'a peu près ». Même à deux tout doit être parfait. Le saviez-vous, une jolie table c'est tout simplement de l’art. Laissons les serviettes en papier pour les paniers de pique-nique.

Dans mon enfance, il y avait à l'école des cours de cuisine et de maintien à table. Certainement parce que j'étais en école privé. Je pense, qu'il serait peut-être bon de revenir plus souvent aux bases de la bonne éducation, car de nos jours, c'est effarant, de constater dans les cantines, que ce soit chez les enfants ou chez les adultes le laisser-aller. On arrive à critiquer, ceux qui se tiennent trop bien en disant qu'ils font du « chichi ».

quand nos invités, couchaient à la maison le lendemain matin

 

 

Alors voyez vous un petit aperçu de 25 ANS chez nous !

Une Saint Valentin

 

16 novembre 2025

LES FLEURS et MOI

Depuis mon silence, j'ai développé d'autres passions. Les fleurs et j'ai remis au goût du jour : la table du dimanche.

Aujourd'hui je vais vous parler des fleurs. D'où et de quand me vient cette passion ?

Quand j'étais enfant, j'ai toujours vu mon grand-père, dès le printemps apporter des fleurs à ma grand-mère. Son passe temps favori, comme beaucoup de personnes à la campagne de cette époque , c'était de cultiver son jardin. Il y avait le côté potager, le verger, mais aussi son carré de fleurs, Il y en avait de toutes les sortes et elles se succédaient du printemps à l'automne.

Jamais un premier Mai ne se passait sans le brin de muguet sur la table du petit déjeuner. Il n'avait qu'à ouvrir la porte donnant sur la cour pour y cueillir le premier brin. Dans les années 1950, le réchauffement climatique n'était pas encore à la mode, le muguet ne fleurissait jamais avant le mois de Mai, surtout au nord de Paris. S'en suivait par les nombreux bouquets de lilas , il y avait toujours le mauve qui fleurissait avant le blanc.

Adossé au mur de son atelier de serrurier, dès le mois de juin c'était au tour du rosier grimpant de nous montrer son premier bouton, quand la fleur s'ouvrait une merveilleuse rose blanche au cœur jaune nous souriait . De ce jour, nous avions la certitude qu'il cueillerait la dernière pour Noël. Septembre arrivait et mon anniversaire aussi, alors là, je recevais le plus beau des bouquets de dahlias, il y en avait de toutes les couleurs. Ah ! Ces 6 années de bonheur passés chez mes grands parents à Saint Just en Chaussée, je ne les oublierai jamais.

Quand j'ai eu 9 ans, ma vie a changé du tout au tout, j'ai intégré le pensionnat des Religieuses de Saint Thomas de Villeneuve à St. Germain en Laye. Chaque samedi après-midi, je rentrai chez mes parents et je repartais le lundi matin. Pour les vacances scolaires je m'empressai de retourner à ST. Just.

Papa était toujours le premier à la gare St. Lazare pour venir me chercher, maman travaillait. Chaque dimanche matin, il allait au marché rue Oberkampf, jamais il ne rentrait sans deux bouquets de fleurs, le plus gros était pour maman et l'autre pour moi. Je n'ai jamais oublié le dimanche de la St. Valentin, ces jolis petits paniers qui renfermaient chacun un bouquet de violettes.

un bouquet de violette? | Wedding bouquets, Bouquet, Wedding

Quand est arrivé ma première vie de femme, souvent mon mari revenait avec des fleurs. Le second quand je le voyais franchir le seuil de la maison, s'il avait des fleurs à la main, j' étais certaine qu'il avait quelque chose à se faire pardonner ! Après, c'est plus souvent moi qui me suis offerte des fleurs. Du plus loin que je me souvienne chez nous il y a toujours eu des fleurs et de la musique, pas le bruit de fond de la télévision ouverte toute la journée. Non de la grande musique ou quelques variétés.

Alors Messieurs qui passez par ici, rentrez chez vous le plus souvent possible avec un bouquet de fleurs. Ce petit « presque rien du tout «qui  fait parti de l'Art de Vivre devrait être appris dès l'enfance. De mon temps, une femme n'offrait jamais de fleurs à un homme ! Maintenant, je sais que cela se fait et je trouve que ce n'est pas si mal que ça, au nom de l'égalité des sexes !

 

12 novembre 2025

La Passementerie - Maison DECLERCQ

2 – 13novembre 2025

Parmi mes nombreuses passions. De nos jours, j’en ai une un peu surprenante pour notre époque. J’aime la jolie passementerie.

Au fil des années, je vous ai  montré plusieurs fois des entreprises artisanales et familiales. Je suis toujours admirative qu’elles aient débuté au milieu du 19ème siècle et qu’elles soient encore dans la même famille en ce premier quart du 21ème siècle. La maison Declercq dont je vous ai déjà parlé en 2010, est encore de nos jours un fleuron de notre pays. Pourtant la passementerie, n’est plus à la mode. Mais la réfection des fauteuils de châteaux et de grandes maisons l’est toujours.

Quand j’habitais la région parisienne, j’aimais aller me promener au Marché ST. Pierre. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas ce quartier, il est voué à la couture.

Dans le 18ème arrondissement, quand vous êtes le dos au Sacré Cœur de Montmartre le royaume de la couture est sur votre gauche. De nombreux et célèbres magasins s’y trouvent avec une multitude de tissus pour vos vêtements, mais aussi pour votre ameublement ; c’est le marché d’étoffes le plus grand au monde ; c’est une institution à Paris et un « must » pour les touristes du monde entier.

En 1964, Au début de ma vie de femme, j’habitais la butte Montmartre. J’aimais aller souvent farfouiller dans les magasins de passementerie. Pour beaucoup maintenant, c’est ringard, pas pour moi. Comme vous le savez j’aime les jolies choses. Par exemple de belles embrases pour retenir un double rideau ne me laisse pas indifférente. Lors de visites de châteaux, je ne peux m’empêcher de les photographier. Pour la plupart elles sont encore confectionnées en France à l’identique, ou restaurées par de célèbres passementiers comme la maison Declercq depuis 1852. Un savoir-faire artisanal unique et un métier d’excellence. Vous le trouverez au 15, rue Etienne Marcel à Paris.

 

 

Eh bien, en 1970, j’ai acquis un salon crapaud venant de ma belle-famille pure 19ème ; savez-vous que je l’ai toujours. Il est passé depuis 4 ou 5 fois dans les mains de tapissiers. La première fois, même ce dernier a retrouvé la gourmette du bébé qu’avait été mon mari. Donc voyez vous ils ont du vécu mes fauteuils.   

La maison Declercq, est une histoire de famille. Chaque génération a rajouté en plus du savoir, sa touche de modernité, de raffinement, d’exigence, de qualité et de créativité. Comme je vous l’ai dit plus haut, tout a commencé en 1852, rue Quincampoix, en passant par la rue St. Sauveur, jusqu’au showroom actuel dans le quartier Sébastopol. Passé d’héritiers en héritiers, elle est maintenant entre les mains de Jérôme, Margot et Elisa Declercq, la septième génération.

Le monde de la passementerie, est méconnu à notre époque. « Chaque fil tissé, chaque frange cousue, raconte une histoire » dixit Margot. A travers ses collections, la maison Declercq fait le pont entre le passé et le présent, en mêlant des créations à la fois classique et contemporaine.

Le showroom est ouvert à tous dans le 1er arrondissement de Paris sur Rendez-vous, c’est un véritable écrin de culture et de savoir-faire, à mi-chemin entre boutique et mini musée. Les visiteurs peuvent y découvrir des pièces rares et précieuses. Quant aux ateliers, ils se situent dans l’Aisne.

Si ce monde est méconnu du grand public, il est vrai, sa beauté et son élégance ne cessent d’influencer les plus grands projets, du patrimoine national aux créations modernes.  (Claire Valentin)      

Vraiment tout ce que j’aime ! Et j’ai adoré vous en parler.

 

Mes sources : Le livre de Catherine Deydier « PASSEMENTERIES – l’excellence DECLERCQ PASSEMENTIERS »

Interview de Claire Valentin (Internet)

Photos personnelles et photos du livre effectuées par Alexandre Réty

Je tiens à m'excuser pour certains mots remplacés par de la Publicité (à vous de deviner le mot manquant !)  Sur ce blog je  suis en autrice libre et je me refuse de payer un abonnement, je veux garder la gratuité, car je trouve que dans ce monde tout devient payant et ce n'est pas normal. Canalblog pendant 20 ans était gratuit, ce qui pouvait nous permettre à tous d'échanger librement. Maintenant  ces pubs sont faites exprès pour nous inciter à prendre un abonnement et elles sont toujours placées à un mauvais endroit pour altérer la lecture, je trouve cela mesquin !  Malheureusement c'est devenu courant sur tous les supports. 

17 décembre 2024

Vitrines d'une autre enfance !

 

Comme vous le savez, j’aime les livres. Parmi mes précieuses collections, j’en possède un, particulièrement intéressant. « PARIS BOUTIQUES DE TOUJOURS ». Pour moi, Paris me parle, puisque j’y ai habité dans ma jeunesse et au début de ma vie de femme. Beaucoup de ces magasins ne me sont pas inconnus. Certains ont été fermés, d’autres ont survécu !

A quelques jours de Noël, je me pose la question. Qui aura au pied du sapin, une boite renfermant un soldat de plomb ? Une figurine historique ?  Certainement pas nos petits-enfants. En revanche, peut-être, le grand-père ou l’arrière-grand-père, devenus collectionneur.  

Une boutique encore d’actualité de nos jours, parmi d’autres : « AU PLAT D’ETAIN » installée à Paris depuis 1775.

D’anciens clients du Plat d’Etain, ou du même genre d’endroit sont devenus stratèges en politique. Pour exemple, le général de Gaulle, enfant il courait chez « Lucotte » renouveler sa collection dont il se servait pour organiser de gigantesques batailles avec ses frères. Ils reconstituaient fidèlement Austerlitz ou Waterloo. Qui apprend encore à l’école et qui surtout s’en souvient de ce qu’il s’est passé dans ces endroits ? Mais cette époque est depuis longtemps révolue.

Tout cela pour dire, qu’il n’y a que les livres, qui racontent, en quelque sorte la mémoire du temps qui passe et ils sont toujours agrémentés par de belles photos.   

Petit secret. Si j’ai acquis tout ce genre de livres, c’est par amour pour eux. Depuis longtemps, j’ai remarqué qu’au moment des fêtes, dans les grandes surfaces, ils sont en vente en dessous de leur valeur. Provenant certainement d’invendus de librairie. Vous les trouverez facilement aussi dans les brocantes ou les magasins de supers soldes. Comme je l’ai déjà dit, ils sont aussi une jolie décoration pour une étagère de bibliothèque et sont accessibles facilement à tous en souvenir d’avant. Car il ne faut pas perdre de vue, que sans l’avant il n’y aurait pas d’après.   

 

27 octobre 2024

Une visite chez Voltaire à Ferney Voltaire (01)

Pour les amoureux de châteaux et de belles demeures, je recommande particulièrement cette visite. Ce domaine acquis par l’Etat français en 1999 a été restauré dans sa totalité par le Centre des Monuments Nationaux. Je peux dire que c’est une véritable réussite aussi bien pour les jardins que pour le monument et ses intérieurs.

En 2007, quand nous sommes arrivés en Rhône Alpes, l’une de nos premières visites  culturelles a été le Domaine de Voltaire ; à l’autre bout de notre département, dans le pays de Gex.

Ferney, est une petite ville de l’Ain à 4 kilomètres de la frontière Suisse.

Tout le monde connaît Voltaire, un écrivain et philosophe français, qui de son vivant a joui d’une célébrité internationale et encore maintenant, il est considéré comme une figure emblématique du siècle des lumières. Né dans les dernières années du XVIIème siècle et décédé 83 ans plus tard. Il a traversé une grande partie du XVIIIème.  Nous nous souviendrons avant tout du grand écrivain et du poète qu’il était.

Lorsqu’il acquiert Ferney en 1758, il est dans sa période la plus active de sa vie. Il ne sait pas encore qu’il y resterait vingt ans. Il est riche et il en est fier. Il dira même à son banquier : « Je suis né assez pauvre, j’ai fait toute ma vie un métier de gueux, de barbouilleur de papier, celui de Jean-Jacques Rousseau, et cependant, me voilà à la tête de deux châteaux et d’une fortune. Celle-ci lui permettra de reconstruire le château, d’en embellir les abords, de rajouter un théâtre et de faire de son vivant d’un village quelconque : Ferney, une petite ville prospère.

Sa table ne désemplira pas. Le tout Paris s’y pressera, on le surnomme même : « l’aubergiste de toute l’Europe ».  Avec l’aide de sa compagne Marie-Louise Mignot sa nièce, devenue Madame Denis il y recevra tous les mondains. C’est elle, qui fait office de maîtresse de maison. Lui-même ne se montre qu’aux repas. Loin de Versailles, Voltaire trouve la liberté dans sa retraite, où il met en pratique les principes de sa philosophie. Après sa mort en 1778, son domaine sera racheté d’abord par un ami Monsieur le marquis de Villette, il en fera le premier lieu de mémoire dédié à un écrivain en France. D’autres propriétaires se succéderont, jusqu’à  la dernière famille les Lambert. Chacun se chargera de faire quelques transformations. C’est en 1999, que l’état rachète l’ensemble du domaine. Une campagne de restauration complète aura lieu entre 2015 et 2018.

Quand nous visitons un monument historique ou un monument privé. A la billetterie on nous donne souvent un plan des visites avec un résumé du lieu pour mieux nous guider. Afin de bien gérer le bon déroulement des lieux, il faut prendre le temps de lire ces informations. La réhabilitation de la maison a été très bien faite. En peu de mots tout est dit. Par exemple dans le vestibule, nous sommes surpris de voir en premier une statue de Jean-Jacques Rousseau ; quand on sait que Voltaire et lui n’étaient pas les meilleurs amis du monde. Ce sont les Lambert la dernière famille ayant occupée les lieux au XIXème siècle qui l’ont installée avec celle de Voltaire, pour représenter les deux précurseurs des idées des lumières.

La première pièce que nous traversons c’est l’antichambre. Savez-vous exactement à quoi servait-elle ? Au XVIIIème siècle elle avait la fonction de faire attendre les visiteurs avant de les annoncer. Ainsi le propriétaire des lieux décidait s’il voulait les recevoir ou non dans ses appartements privés. Si l’attente était longue, cela pouvait signifier qu’ils n’étaient pas toujours les bienvenus.

La réhabilitation de ces lieux a été bien pensée ; Quand nous arrivons dans la salle qui servait de salle à manger et la pièce suivante de Bibliothèque-cabinet de travail, réunie depuis le XIXème siècle en une seule pièce . Une table interactive est installée et vous pouvez consulter la vie entière de Voltaire avec des projections sur le mur. A vous de choisir votre sujet. Dans chaque pièce les outils du XXIème siècle sont présents (quand ils fonctionnent) pour vous en apprendre plus sur l’illustre habitant.

Mademoiselle Clairon

Quelques mots sur la célèbre bibliothèque – cabinet de travail de notre philosophe, qui renfermait à l’époque plus de 7000 livres variés qui ont été vendus à l’initiative de Madame Denis à l’impératrice Catherine II de Russie en 1778. J’ai pu l’admirer à Saint Pétersbourg à la Bibliothèque nationale de  Russie . 2000 ouvrages sont remarquablement annotés de la main de Voltaire.

Dans son cabinet de travail Voltaire, aimait s’y réfugier quand il cherchait un peu de tranquillité lorsqu’il était fatigué de recevoir. Il disait : « J’ai quelque fois cinquante personnes à table ; je les laisse avec Madame Denis qui fait les honneurs et je m’enferme. Pour lui, cet endroit est le Saint des saints où il invite ses intimes.

Madame D'Argental

 La quatrième pièce du premier étage rassemble une sélection d'oeuvres sur le thème de la représentation du philosophe. Parmi elles son buste réalisé par Houdan en 1778. Mais la plus étonnante de cet ensemble et drôle à la fois, est sans doute le Triomphe de Voltaire, qualifié d'enseigne à bière par Madame Genlis ; cette oeuvre commandée en 1775 par Voltaire révèle son caractère malicieux et provocateur.

Je peux dire que dans ce château toutes les peintures rencontrées sont splendides.

Après sa mort en 1778, cette maison est ouverte aux nombreux visiteurs qui viennent lui rendre hommage. En témoignent les commentaires laissés par certains illustres comme Chateaubriand, Flaubert, Gogol et d’autres.

La chambre de Voltaire et les appartements de Madame Denis ont été reconstitués grâce à l’inventaire du château dressé à sa mort et à la maquette détaillée réalisée par l’un des domestiques.

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Madame Denis

Dans celle de Madame Denis, on y retrouve son espace intime et personnel. Les invités n’y sont plus reçus . La chambre est aussi le lieu ou l’on prend soin de soi , en témoigne la reconstitution de la table de toilette caractéristique du milieu du  XVIIIème siècle. Malgré l’époque elle abrite des « lieux à l’anglaise » tout simplement des commodités munies d’un rare système d’évacuation des eaux. Toujours suivant l’inventaire après décès, on trouve même une chambre contiguë pour les servantes.   Cette maison, a été très bien reconstituée par les services de réhabilitation des monuments historiques.

La visite continue au sous-sol par une exposition temporaire sur le style Rococo et Baroque. :

A travers des décors à l’aspect théâtral, laissez-vous emporter dans l’imaginaire des contes de fées et dans un univers de fantaisie.

C’est la seconde exposition temporaire qui a remporté mes suffrages. J’ai beaucoup aimé : Amis de Cour, amies de cœur ; 

Beaucoup de femmes ont traversé la vie de ce grand homme, qu’elles aient partagé sont intimité comme Madame du Châtelet et  Madame Denis, ou qu’elles évoluent dans le cercle plus distant des différentes cours européennes comme Catherine II de Russie, la Margravine de Bayreuth, sœur de Frédéric II, et même la Comtesse de Pompadour. Ou des salons parisiens (Madame du Deffand) . Vous serez d’abord immergés dans la réalité des relations des hommes et des femmes de cette époque, s’agissant bien évidemment de la société que fréquentait Voltaire ou des petites sociétés dans lesquelles il était admis. Aux visiteurs d’évaluer la part du privé et celle du public dans un dialogue toujours ambigu comme le montre les différents billets qu’ils partageaient entre eux, qui mêle aux désirs de l’écrivain le souhait d’une relation parfaitement accomplie. Seule manière de faire jouer le cœur dans la cour des grands. AU XXIème siècle on ne s’embarrasse pas de toutes ces galanteries. Néanmoins, vous y trouverez quelques figures masculines incontournables comme Frédéric II ou   d’Alembert.

Parmi toutes ces jolies dames il y a celles qui lui permettent, tandis qu’il vit à Ferney, de garder un contact avec Paris où bien des choses se passent Madame Du Deffand, mais aussi Madame d’Epinay et dans une moindre mesure Madame de Graffigny… Maintenant suivant les regards que vous percevrez, peut-être y-a-t-il d’autres belles dames insoupçonnées qui ont succombées aux charmes de Voltaire ? Celui-ci aimait jouer avec la séduction.

Vraiment une visite très intéressante, si vous êtes familiers des visites historiques. Je vous invite à passer la voir si vous n’habitez pas trop loin où si vous passez dans la région, ses portes sont encore ouvertes jusqu’au 9 Mars 2025.

Pour terminer la visite, le jardin et le parc sont agréables à parcourir on peut s’apercevoir très facilement que les méthodes apparues dans les années 1990 concernant la biodiversité et la Permaculture sont largement employées pour valoriser dans le respect de la nature tout l’environnement, aucun produit phytosanitaire n’est utilisé sur les 7 hectares du Domaine. Cela permet, entre autres, de préserver les écosystèmes, limiter les pollutions, le tout dans une démarche de développement durable.  

Je vous souhaite l’envie de vous y rendre.  

Mes Sources : Wikipédia et l'Imprimé : L'intimité du philosophe donné à la billetterie.

 

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