30 décembre 2015

Noël 2015

Comme je l'avais dit, cette année nous avions prévu depuis longtemps que le réveillon de Noël se ferait à la montagne, sauf que nous avions pas prévu qu'il y aurait si peu de neige même à 2000 mètres. En 10 ans, c'est la première fois qu'il y en a si peu.

 

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Famille partagée, Maxime et Héloïse, étaient chez leur père, les enfants de Paul chez leur mère, nos tourtereaux étaient seuls pour le réveillon, donc ils sont montés nous rejoindre. Théma et ses mamans étant aussi ici dans l'appartement d'à côté donc comme Manou avait fait un superbe sapin et une belle décoration. Le réveillon était tout naturellement ici. Il faut avouer que quand il y a encore un jeune enfant, c'et génial la magie de Noël est encore là.

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Ma petite dernière ayant multipliée sa famille. Elle s'est mise sérieusement à la cuisine, je ne l'avais jamais vu comme ça, elle s'est achetée un super joujou qui donne envie de faire de la cuisine. Elle nous avait fait du foie gras et une belle bûche de Noël au chocolat blanc et aux framboises.

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Pendant que le père Noël déposait les cadeaux au pied du sapin, nous sommes allés prendre l'apéritif à côté. 

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Avant leur arrivée, je leur avais fait un petit sapin et mis une petite crèche. Ensuite de retour chez nous (la porte d'à côté) Théma est heureux de découvrir ses cadeaux. Dans 6 semaines il aura 7 ans, je pense donc que c'est le dernier Noël ou il croit encore à l'homme en rouge. Pour lui c'est assez bizarre car comme il est allé en Laponie il y a deux ans et qu'il a vu le père Noël ; il dit : moi j'ai vu le vrai, ceux d'ici sont des faux.

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Je reçois moins qu'avant, mais j'ai toujours autant de plaisir à faire une jolie table ; cette année, elle était aux couleurs de ma déco et du sapin : blanche et argent. J'ai autant de plaisir à tout organiser qu'à préparer. Mes proches ont tellement l'habitude qu'ils ne me félicitent même plus. Je pense que la prochaine fois pour avoir le plaisir d'être félicitée (ça fait tellement de bien !), on mangera sur la toile cirée avec des assiettes en carton et comme déco, je mettrai un bazar monstre tout en me mettant à table en soutien gorge. Vous croyez que l'on me félicitera ? Ceci dit, je plaisante. On ne fait pas les choses pour être félicité, mais pour avoir le plaisir d'être ensemble.

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décors noel 2015

 

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Le temps de se reposer une journée et arriveront les guadeloupéennes Sandrine et Thaïs, pendant que le mari-papa répare chez leur fils une fuite d'eau. Pour moi, un bonheur de partager cette semaine avec mes trois filles, je ne peux m'empécher de souligner le manque de ma Chrystel, elle n'aura pas connu cet appartement et pourtant je suis certaine qu'elle aurait aimé et qu'elle aurait été présente avec nous, pour moi elle était présente.

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Thaïs n'a pas fait de ski depuis deux ans, elle a hâte de voir si malgré le peu de neige et surtout avec de la neige verglacée elle est encore au top ! Rien que pour faire des photos et les envoyer à ses amies du collège en Guadeloupe.

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Le midi nous nous sommes tous retrouvés au restaurant d'altitude des Barmettes pour déjeuner sur la terrasse. Que du bonheur. Une semaine bien remplie. Maintenant ma grande est repartie avec sa fille fêter la nouvelle année à Toulon chez sa fille aînée. Quand on est grands-parents et que nos enfants ont des enfants déjà dans la vie active, on ne peut plus toujours se réunir tous ensemble, il faut partager, comme avec les familles recomposées. Mais ces instants de bonheur font du bien et s'inscrivent dans nos livres de la vie et c'est toujours tellement agréable d'en feuilleter les pages quand le moral est en baisse.

 

 

 

 

 

 

 

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24 décembre 2015

Noël 2015

Ce soir, est particulier c'est NOEL.

Malheureusement il ne sera pas pour tous, fêté dans la joie.

Comme chaque année, j'ai une affectueuse pensée :

-  Pour ceux et celles qui n'ont personne autour d'eux, j'ai vécu cela et je sais ce que ça fait.

-  Pour ceux et celles qui sont malades.

-  Pour ceux et celles qui sont sans travail.

- Pour ceux et celles qui ont perdu un être cher.

Mais cette année, j'aurai une pensée toute particulière :

- Pour tous ceux et celles qui ont perdu un proche dans les attentats. Je connais la douleur de perdre un enfant.

- Pour toutes ces familles et ces jeunes  réfugiés, qui vont d'un pays à l'autre et qui sont souvent repoussés brutalement, méchamment. Pourtant ils veulent tout simplement  déposer leurs valises dans le pays de leurs rêves  reconstruire une autre vie et être HEUREUX. Tout le monde à le droit au bonheur.

Je suis de plus en plus choquée par ceux qui les rejettent avec autant de haine. L'humain a la mémoire courte. Pour certains  avant la guerre, leurs parents se sont exilés en France, leurs racines étaient et sont  : italiennes, espagnols, polonais et j'en passe. D'autres leurs familles au moment de la débâcle en 1940 ont été contents d'être hébergés dans le sud de la France en quittant tout et pour beaucoup à pied depuis le nord de la France jusqu'au sud, sous les bombes, sans savoir s'ils retrouveraient un jour leur maison. Les générations nées dans les années 1960/1970 et longtemps après n'ont pas vécu cela et leur famille leur en ont très peu parlé, mais réfléchissez c'est pas si loin ! Alors, un peu de compassion pour tous ces nouvelles personnes qui fuient leur pays.

Donc à tous ceux là, j'ai une pensée particulière car beaucoup ne savent pas ce que c'est NOEL.

 

 AIMER DONNER PARTAGER

devrait être la devise de tout le monde. Voici le poème que j'ai écris en juillet 1988. 

 

Il y a mille façons pour Aimer.

Il y a mille façons pour Donner.

 

Mais il ne faut pas oublier

Aussi le verbe Partager.

 

Ainsi tous les trois réunis

Ils donnent les joies de la vie.

 

Aimer un ami, un amant

Sans oublier tous les enfants.

 

Donner à ceux qui ont faim

Sans oublier son prochain.

 

Partager les joies et les peines

Mais il faut oublier la haine !

 

AIMER, DONNER, PARTAGER

Trois verbes à respecter.

 

 

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18 décembre 2015

Les préparations de Noël à la montagne

Cette année 10 jours avant Noël, il fait un temps ensoleillé, l’automne se prolonge. Nous avons décidé de fêter le grand jour à Pralognan. J’ai pour habitude de tout préparer dès les premiers jours du mois de décembre afin de profiter un maximum de l’ambiance de Noël. L’amour inconditionnel pour mes maisons est tellement grand, que j’aime pouvoir l’admirer et revoir par-ci par-là tous les détails. Cette année je me sens donc frustrée,

 

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Dans la grande maison, j’ai voulu mettre l’ambiance au moins dans le boudoir pour sentir la fête arriver. Mais cette semaine, je n’ai pas pu résister, il fallait que nous montions préparer l’appartement, l’excuse était toute trouvée, étant donné le nombre de choses que nous avons à monter en plus de celles pour notre hibernage, aucune autre solution dans ce cas que de prévoir deux voyages. Heureusement nous ne sommes qu’à 170 kilomètres.

 

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Cette année, j’ai décidé que notre Noël serait blanc et argent. Pour moi, les moments qui précèdent les fêtes sont toujours des moments de créations intellectuelles. J’y pense longtemps à l’avance et j’organise tout dans ma tête. Je suis donc monter faire mon marché au grenier dans mes nombreuses malles où je garde toutes mes décorations depuis les années 1965. Je suis une conservatrice. Certaines boules ou sujets me rappellent parfois un Noël ancien ou des personnes qui ne sont plus.

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J’avais pourtant dit que je n’irai rien racheter, mais il me manquait encore quelques bricoles, un petit détour par Casa et hop ! 30 euros en plus. Chaque année il y a des nouveautés et j’avoue que les bougies avec leds sont très tentantes pour mettre sur la table. Le détecteur de fumée étant juste au-dessus ne se mettra pas en marche, elles sont pratiques mais moins vivantes, petit mari n’aime pas.

 

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 Petit mari participe pour deux choses, mettre l’étoile en haut du sapin et installer la guirlande électrique et une troisième chose quand  c'est l'année où nous mettons l'artificiel, il le monte branche par branche., le reste je fais toute seule. Après un après-midi de piétinement j’ai enfin terminé. Il me reste à imaginer la table du réveillon, mais là, c’est une autre affaire, j’y reviendrai. Je me suis couchée satisfaite et heureuse, c’est joli et différent des autres années, il y a ça aussi de compliqué, ne pas refaire deux fois la même chose.

 

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on a l'impression qu'il est bleu, non c'est la guirlande qui donne cette impression.

Etant fatiguée, je pensais m’endormir facilement, sauf que je me suis trompée, mentalement, je continuais à construire ma table, alors inutile de vous dire, je n’ai pas trouvé le soleil tout de suite. Quant au dîner et au repas du 25, petit mari et moi, nous avons choisi, il restera les courses, je pense que nous les ferons avant de partir. Je me réjouis d’avance et je croise les doigts pour qu’il n’y ait pas de malade le jour « j » comme l’année dernière. Deux semaines qui seront bien remplies puisque nous attendons la semaine suivante nos guadeloupéens.

 

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  Recevoir à la montagne un jour de Noël, rajoute de la magie je vous assure, c’est super sympa, sauf que quand on passe d’une maison de plus de 200 m² et qu’on se retrouve dans un appartement d’à peine 60 m² c’est un peu plus compliqué. Un dernier desiderata pour que tout soit parfait,  que le Bon Dieu nous envoie de la neige, car pour l’instant, il y en a qu'un tout petit peu juste pour faire beau, mais quand même pas assez.

 

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J’aime ces réunions familiales, j’aimerai même que les enfants de petit mari participent avec nous, mais c’est beaucoup plus compliqué de ce côté-là, beaucoup de contraintes de tout genre pour pouvoir réunir tout le monde.  Dommage ! 

 

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11 décembre 2015

Décembre - Fabriquer l'ambiance.

Cette année, nous faisons Noël à la montagne en toute simplicité avec Annabelle et Emilie  et leur famille,  en espérant que cette année Emilie viendra, car l'année dernière tous chez elle étaient cloués au lit par la grippe. Noël est là. Il faut le marquer, l’honorer, croyances ou pas.

 

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Dans ma toute petite enfance, dans les années que je me souviens encore. Rarement il y avait  un sapin de Noël, je crois me rappeler d’une seule fois ; pépère avait mis un sapin dans un baquet auprès de la cuisinière Godin, là où il mettait aussi les petits poussins éclorent car l’endroit était propice près du feu, là, aussi où mon arrière grand-père se reposait  en attendant le dîner du soir. Notre maison était grande, mais tout se passait dans la cuisine, la salle à manger ne servait qu’aux repas du 1er janvier et quelques autres dimanches dans l’année, quand mes grands-parents invitaient la famille. Sinon, dans notre monde la cuisine était reine, car c’était une des seules pièces que l’on chauffait. En revanche je me souviens des Noëls ou maman arrivait de Paris avec ses cadeaux, l’année ou elle a rencontré papa, j’ai eu un joli baigneur en celluloïd habillé d’une barboteuse rouge avec ses chaussons et son bonnet tricotés par ma grand-mère recouvert d’un burnous rose aux bords de satin. L’année de mon cours préparatoire, j’ai reçu un superbe livre des fables de la Fontaine.

 

 

1 les fables de la fontaine

 

 Un peu plus tard dans mes années pension, à Paris, chez mes parents ou mes autres grands-parents je ne me souviens pas de sapin de Noël ; il a fallu que j’ai environ 12/13 ans pour en réclamer un. Et le décorer moi-même.  Ce que je me souviens très bien par contre, ce sont les Noëls merveilleux pour les enfants du personnel des employées du Printemps où maman travaillait, un sapin gigantesque comme je n’en avais jamais vus aux pieds du grand escalier. La configuration intérieure du rez-de-chaussée du Printemps n’était pas celle de maintenant. Je me souviens en 1951 aussi du premier Noêl au Centre National du Cinéma où mon nouveau papa travaillait, c’est cette année là, que j’ai vu le film d’Alice aux pays des merveilles ; le seul Disney de ma vie.

 

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à mon époque c'était un vrai 

Je m’étais toujours dit, chez moi il y aura chaque année un sapin, une crèche. Même pendant mes  années de galère, j’ai fait mon sapin et ma crèche pour moi toute seule. Une année cela a été l’horreur, j’ai passé Noêl et le Jour de l’An sans personne autour de moi, alors que j’allais tellement mal. J’ai pardonné aux absents mais je n’ai jamais oublié. Je l’ai déjà raconté, un coup de téléphone qui ne m’était pas destiné m’a surprise pleurant un soir de réveillon, des inconnus au bout du fil tellement émus se sont proposés de venir me chercher et de m’emmener avec eux chez leurs parents.

 

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Il y a encore quelques années, nous commencions à sortir des placards du grenier les boules et les guirlandes 15 jours avant le 25 et même parfois seulement une semaine avant. Je me souviens, j’ai été très longtemps à ressortir les mêmes décorations d’une année sur l’autre, rarement j’achetais des nouvelles, du reste j’ai encore les boules des années 1964 de mon premier Noêl de femme mariée. Ces dix dernières années, j’ai cédé aux nouveautés du monde de consommation dans lequel nous vivons : j’ai renouvelé, racheté, fait des sapins à thème, mais, depuis deux ans je me suis rendu compte que tout ça c’était inutile et revenait cher, donc je n’achète plus rien de nouveau et je retourne faire mon marché au grenier.

 

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Depuis que nous habitons ici, je commence mon ambiance de Noël dès le 1er dimanche de l’avent, en arpentant les magasins de décos dès le début du mois de décembre pour me donner des idées et je débute mes décorations, au début du mois,  j’étudie le thème que je vais faire pour le jour « J. » Pour me donner des idées, j’aime aller au Jardin des Plantes de Chambéry pour admirer leurs installations illuminées féeriques. Ma déception a commencé il y a deux ans,  j’ai eu l’impression que l’espace Noël n’était plus aussi bien décoré avec moins de goût, plus fouillis, mais cette année, c’est le pompon ; à croire que les employées qui sont chargées d’installer n’ont plus le même goût de l’élégance comme certaines autres années. Je peux dire que c’est vraiment décevant. L’ambiance n’y est même pas. Cette année, je n’ai même pas pris de photos. Je retournerai dans quelques jours pour voir si je ressens la même chose.

 

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photo prise il y a plusieurs années. 

 

Ce qui ne m’empêche pas de cogiter en pensant comment je vais faire pour mon Noël 2015. Depuis deux jours, je vais, je viens du grenier au boudoir, car malgré que nous ne partons que vers le 20, je veux donner l’ambiance feutrée et chaleureuse au moins dans le boudoir, c’est la pièce  où nous sommes le plus dans la journée. Alors je ressors mes livres de Noël et j’étudie les possibilités. Vous savez j’ai quelques livres de déco sur Noël splendides. Cette année, j’ai découvert les ampoules Led pour les bougies, ça c’est génial, le rendu est satisfaisant et elles ne fumeront pas quand nous les éteindrons ainsi, elles éviteront de déclencher l’alarme pour la fumée.

Noël 2015

Nous n’attendons personne de particulier avant notre départ vers la montagne, mais c’est pour nous deux seulement que je souhaite cette belle ambiance du mois de décembre. Pourquoi se priver de merveilleux. Le sapin je le ferai à Pralognan

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04 décembre 2015

L'automne 2015 - Le pouvoir de la lecture

 

Toute ma vie, j’ai aimé lire. Souvent le soir avant de m’endormir. Mais, maintenant plus j’avance, je m’aperçois, que sans m’en rendre compte, je remanie ma façon de vivre. Les rituels journaliers qui ont jalonné tous mes instants changent. Je suis de celles qui ont besoin d’avoir continuellement des repères. Pour certains, par obligation c’est : « métro, boulot, dodo ». Pour celles qui restent à la maison c’est à peu près pareil, tout tourne autour de la maison et des enfants ; ponctué par les horaires scolaires ou celui de leurs activités. Au fur et à mesure qu’un enfant part de la maison, le rituel change mais  : ménage, préparations des repas continuent malgré tout.

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J’ai l’impression que ces obligations que je me suis imposées et que j’aime bien, sont toujours pour moi un gage d’équilibre ; étant donné les nombreuses périodes de turbulences que j’ai traversées à certains moments, c’est ma façon de tenir debout. Mais, néanmoins quand je regarde dans le rétroviseur, je me rends compte, que mes plus belles années sont passées et qu’elles ont été souvent très chaotiques, donc inutile de gâcher les dernières.

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 A certaine période, il m’était impossible de lire par manque de concentration. Maintenant, tout est rentré dans l’ordre.  Depuis pas très longtemps, j’ai réalisé que je n’ai plus autant de temps devant moi et j’ai eu l’envie de mettre un sérieux coup de pied dans la fourmilière des planifications journalières. Vivre au jour le jour, même si je ne fais rien ; car pour moi lire, c’est ne rien faire, mais le faire sans complexe et le faire à l’instant décidé sans m’imposer d’obligations. Je rentre donc en ce moment dans ma période « lecture à outrance ». Ça tombe bien, figurez-vous que l’autre jour, petit mari est revenu de chez la boulangère avec en plus du pain, un pavé de plus de 800 pages à lire. Oui, nous avons un boulanger dans notre village qui a aménagé une de ses anciennes étagères à pain en bibliothèque pour tous, nous pouvons nous servir et prendre gratuitement celui qui nous intéresse. Belle idée n’est ce pas ?

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 J’ai un sérieux problème, je suis incapable de lire plusieurs livres à la fois, tellement je les vis. Petit mari a toujours au moins 3 ou 4 livres en route ; moi vraiment je ne peux pas. En revanche si je n’accroche pas après une centaine de pages, j’abandonne. Ou alors, je dévore sans retenue ; néanmoins jamais avant avoir fait ma toilette, mon lit, récolter quelques poussières et ranger pour éviter le foutoir, car quand même il faut respecter mon côté maniaque !

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Il y a environ un mois, j’ai ouvert la première page du livre rapporté : « Le goût du bonheur » le tome 1 « Gabrielle ». C’est une canadienne « Marie Laberge » qui commence à raconter la vie d’une famille de 5 enfants à Québec dans les années 1930.  En débutant ma lecture, je n’ai pas compris que ce livre est en fait une trilogie, je me suis donc empressée d’acheter les deux suivants « Adélaïde » « Florent »  possédant chacun plus de 900 pages pour l’un et 1100 pour l’autre.

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Les 100 premières pages me semblent « plan plan » , peu d’action ni de suspens mais petit à petit je me suis prise au jeu de cette vie familiale entre Gabrielle et Edouard et leurs cinq enfants, tous différents. Pourquoi m’a-t-il fallu un certain temps pour rentrer dans le jeu ? Tout simplement parce que cette vie de famille semble heureuse. Rien ne la bouscule encore. Mais le bonheur est simple pourtant il fait froncer les sourcils dans l’entourage de Gabrielle. Décidément il est suspect en cette époque ou notre Sainte Mère l’église nous dit que nous ne sommes pas sur terre pour être heureux mais pour accomplir notre devoir.

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Au fil des pages, on se rend compte que l’élégante Gabrielle qui évolue dans un milieu bourgeois a bien du mal à se soumettre au code strict de cette société sage et bien pensante. Pour elle, elle a envie de changer le monde autrement que par la prière. Marie Laberge raconte avec brio la vie du Quebec entre les deux guerres. Bien vite, je réalise qu’il faut que je m’installe confortablement dans un fauteuil de plus en plus souvent dans la journée pour reprendre le fil de l’histoire.

 

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Pendant ce temps là, dehors il fait un beau soleil et aux yeux de tous, nous vivons un bel été indien ; et si je vous dis que l’extérieur ne m’attire pas du tout, il me suffit d’un endroit ensoleillé  pour vivre à l’heure canadienne. Malgré tout, je culpabilise un peu de ne pas vouloir sortir pour profiter de cette extraordinaire saison qui joue les prolongations. Ma maison est grande, à chaque fois je choisis une pièce ensoleillée et je m’installe dans un fauteuil à l’endroit ou le soleil est le plus éclatant et je tourne avec lui de pièce en pièce. Le matin après ma toilette et quelques légers coups de torchon, je commence par m’installer vers  11 heures dans le bureau illuminé et je pars sans aucun scrupule à Québec ou à Montréal. Heureusement que petit mari est préposé à la préparation des repas, ce qui m’enlève une belle épine du pied. Pour me déculpabiliser je pense aux corvées ménagères indispensables que je me force à faire et à bien faire quand même : remplir les machines, repasser, ranger les paperasses sinon elles s’accumulent et je n’aime pas ça. Mais je fais tout cela vite fait, bien fait !

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L’après-midi après mon feuilleton, c’est dans ma chambre que je continue à vivre l’expérience de l’entre deux guerres de l’autre côté de l’atlantique. Dès que le soleil disparaît derrière la vierge qui domine mon village, je passe dans le boudoir pour m’allonger sur la banquette face au Grand Colombier et je termine mon après-midi bien remplie. De son côté, petit mari fait de même, mais lui n’étant pas soucieux du détail ensoleillé, s’installe toujours au même endroit dans le boudoir et s’occupe sur sa tablette avec différents jeux comme le scrabble ou se plonge dans l’intégral de l’Histoire de la Vie de Giacomo Casanova  une œuvre qui représente quand même environ 75 heures de lecture.

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Voyez-vous, un automne agréablement rempli quand même, choisi et assumé. C’est notre bonheur à nous pendant que d’autres se promènent dans la nature ou range consciencieusement leur jardin (le nôtre a été rangé, mais beaucoup plus vite ;  à chacun ses plaisirs.) Cette année, chez nous l’automne est ailleurs et nous le vivons autrement.

 

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Quand le premier tome de cette trilogie s’est terminé, aussitôt j’ai entamé le second :

« Adélaïde » et son parcours peu conventionnel pour son époque, mais tellement avant gardiste,  elle était simplement en avance sur son temps et elle a toujours assumé ses choix.  Ces derniers, ne lui ont pas toujours valu que du bonheur d’autant plus que sa vie de  jeune femme est entachée par la seconde guerre mondiale, vécue autrement que sur notre continent, mais avec tout autant de chagrins et de manque d’Amour.

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Pour moi, lire, c’est aussi m’impliquer au maximum dans l’histoire, mais dans laquelle je m’incruste discrètement ; je suis tellement entière que j’arrive même à vivre les évènements actuels autrement. Est-ce aussi une façon  de me  protéger, tout en ne restant pas indifférente   au monde qui nous entoure. Après tout, quand nous sommes à la retraite et dans la dernière partie de notre vie, nous avons le luxe de choisir comment être heureux. Pour moi, en ce moment c’est de cette façon que je vois mon bonheur. Je suis toujours étonnée d'entendre autour de moi, ces jeunes retraités qui n'ont jamais le temps de faire ceci ou cela. N'ayant pas beaucoup travaillé dans toute ma vie, j'ai fait beaucoup de bénévolat alors, je suis contente de laisser ma place aux autres. 

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 Je viens d’enchaîner le troisième tome consacré à l’ami de toujours « Florent » ; celui qui n’est pas un frère, ni un mari mais celui qui console, qui partage aussi bien les joies et les peines, qui s’interroge aussi. Nous sommes toujours à Montréal dans les années après la guerre et qui nous emmène jusqu’aux années 1970 ; ces années que j’ai vécues ici et dont je connais le déroulement. Il y a eu tellement de changement de part et d’autre des frontières  que les 20 ans de maintenant, ont beaucoup de mal à imaginer les 20 ans de ces temps là. Quand je refermerai la dernière page du tome 3, je regrouperai les 3 livres, je laisserai une petite carte dans le premier, j’entourerai le tout d’un joli ruban et j’irai reporter l’ensemble sur la belle étagère de mon boulanger ; en espérant que le prochain lecteur appréciera autant que moi.

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Voyez-vous, encore une de ces nouvelles idées de partage entre les uns et les autres que j’apprécie beaucoup. Tout comme l’idée du piano dans les gares, où s’installe Pierre ou Paul pour partager quelques minutes de musique. Ne déplaise à certains en ce moment, le Goût du Bonheur peut être aussi à la portée de tous et il l’emportera, il faut simplement savoir le saisir et ne pas le laisser passer.

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 Ma devise du bonheur pour le troisième âge, celui ou on a encore la chance d’être en forme : Faire ce que l’ont veut à l’instant que l’on veut, sans s’occuper des autres mais en donnant la priorité à SOI. Dans ma vie j’ai énormément donné, je n’ai jamais été égoïste, maintenant je me donne le luxe de faire ce que je veux, quand je veux et où je veux.

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