Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas malgré tout.

Alors que faites vous ?

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Chez nous, une fois passé les interrogations et les suspicions dus à la pandémie. Après une visite chez mon médecin quand même ; surprise que celui-ci ne m'ausculte même pas  ni ne me prenne  ma tension, alors que je venais avec des douleurs dans le dos, après trois jours de fièvre, de courbatures, de frissons et de mal partout. Qu'il se contente de me dire, je vous inscris sur ma liste de ceux à qui je dois envoyer une ordonnance quand nous aurons les tests sérologiques ! J'avoue le quitter avec beaucoup d'interrogations sur sa méthode. J'ai donc repris le cours de ma vie en surveillant avec anxiété les jours qui passent, à l'écoute du moindre signe d'une éventuelle aggravation. La semaine terminée pas de nouveaux signes, la fatigue s'est éloignée et tout semble redevenu dans l'ordre. Restant malgré tout très vigilante pour les jours à venir.

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 Le lendemain, pour la première fois depuis 6 semaines, masqués, nous nous aventurons au marché du village voisin, afin d'avoir des légumes de saison et surtout des fraises. La supérette de notre petite ville est bien achalandée, mais question fruits et légumes, parfois elle laisse à désirer. Alors, là amusement, l'entrée est  gardée par un agent municipal masqué et ganté, en file indienne nous passons un par un devant les 8 étals à notre disposition ; aucun des vendeurs n'a de masque mais une barrière de sécurité à un mètre d'eux. Bien sagement nous allons d'étal en étal et nous repartons en prenant du pain chez un boulanger masqué. Heureux de traverser notre belle campagne environnante, nous rentrons en déposant nos achats dans le garage, en laissant les produits frais dans la glacière ; nous reverrons le tout quelques heures après pour les rentrer et les désinfecter avant de les ranger. Nous sommes de bons élèves, nous faisons tout ce que l'on nous a dit à la lettre. Sauf que ce ne sont pas les ordres d'en haut qui nous obligent à le faire, ce n'est simplement que du bon sens personnel.

 

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Car s'il fallait écouter ce que l'on nous préconise à droite et à gauche, des informations pour la plus part contradictoires, nous ne saurions pas où donner de la tête. J'ai instauré à la maison des règles strictes. On n'écoute les informations que le midi et le soir, un point c'est tout, on zappe tout ce qui à un rapport avec le virus et les images de voyeurisme que nous inondent sans arrêt les journalistes. On a compris, nous compatissons et nous avons une pensée chaque jour pour tous ceux qui sont en première ligne et exténués par les jours et les nuits qu'ils passent. Nous n'aimerions pas être de ceux qui assistent chez eux, au départ d'un malade proche et qui se disent : peut être, ne le reverrons-nous jamais, c'est horrible ; alors tous les blablablas des politiques et de ceux qui nous inondent d'informations inutiles pour certaines, nous passons notre chemin.

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Le matin petit mari et moi nous faisons comme d'habitude, pour moi le ménage courant ainsi que le plus difficile puisque mon aide ménagère ne vient plus pour l'instant. Pour ma douce moitié, dans notre jardin il a de quoi s'occuper et c'est ainsi que se passe la matinée. Nous nous levons toujours à la même heure, nous, nous sommes de ceux qui nous lavons, je mets toujours autant de soin à m'habiller et à me maquiller, je fais plus souvent mon brushing, car c'est là où est le problème, comme beaucoup de femmes ma coiffeuse me manque, je pense qu'il va falloir prendre son tour et son mal en patience. Ainsi, cette matinée se déroule au son de la musique, car un des premiers gestes du matin depuis toujours c'est d'appuyer sur le bouton de la chaine musical. 

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Ah ! l'après-midi, nos moments privilégiés. Nous regardons un film ancien sur la 2 à défaut de Faustine Bollaert, ensuite chacun fait ce qu'il veut. Pour ma part, je continue le récit de mes mémoires, je lis, je relis, je corrige sans arrêt et j'avance doucement ; c'est un travail prenant, long et agréable, je m'améliore en français, en orthographe et je revis ma vie. Amusant tout cela. Quand le temps le permet je m'installe dans le jardin près du bassin. Les jours ou je veux me changer les idées, je lis, j'ai toujours un roman en route sur le feu. A cinq heure, c'est sacré c'est l'heure du thé et l'instant grande musique. Ensuite l'après-midi continue à s'égrenner gentiment. 

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J'oubliais de vous dire, il y a aussi les coups de téléphone de nos amis lointains auxquelles on pense et pour certains il y avait longtemps que nous nous étions perdus de vue. Alors là, c'est le graal pour la bavarde que je suis, n'est-ce-pas Aline ! Je continue également à m'occuper de ma décoration, il y a toujours un objet à changer de place et je prends des photos de mes fleurs, de ma maison, de mon chat, de mon chien. 

 

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Ainsi va la vie d'une grand-mère confinée. Alors me direz-vous : qu'elle est la chose que vous ferez quand le gong de la sortie sonnera ? Tout simplement, je monterai dans mon auto avec petit mari et nous filerons vers le plateau du Retord, j'ai loupé les jonquilles, j'espère arriver à temps pour les narcisses.

Et vous ?

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