Mes nombreuses recherches dans les archives départementales françaises, m'ont fait dépouiller énormément d'actes de décès d'enfants parisiens confiés à des nourrice "sur place".

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On comptait un taux de mortalité important de plus de 30% de ces enfants entre 8 jours et 3 mois après leur arrivée dans les familles d'accueil. La région qui en recevait le plus était le Morvan. Dans cette région on les appelait "Les Paris", mais à peu près toutes les régions françaises étaient concernées.

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Dans le meilleur des cas, cela pouvait ressembler à cette gravure de J.P. Haag, qui lui même a été élevé dans ce genre de panier.

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Cette pratique se développe d'abord dans les milieux aristocratiques fortunés, où certains médecins prônent la séparation rapide d'avec la mère, pour que "les humeurs néfastes" à la bonne santé de l'enfant ne lui soit transmis.

Au XIXème siècle

Napoléon 1er, sur les conseils de ses médecins, choisit une nourrice morvandelle à Dun les Places dans la Nièvre. pour allaiter son fils Napoléon II, Roi de Rome.

Sous la IIIème République

Une nourrice du hameau de Sonne dans la commune de Lormes fut également employée par Félix Faure pour l'une de ses filles.

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Quand les femmes se sont mises à travailler, le phénomène s'est accéléré. Quand la révolution industrielle envoie les femmes dans les usines 12  heures par jour, des milliers de femme de conditions modestes n'ont pas eu d'autres choix, les grands-parents n'étaient pas toujours présents pour prendre le relais. Mais pour ces femmes modestes, les familles qu'elles trouvaient étaient tout aussi modestes.

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Les familles aisées, avaient la possibilité d'employer une nourrice à domicile on appelait ça : Les nourrices sur lieu. Cette activité débuta au début du XIXème siècle et se poursuivit jusque dans les années 1920 et devint alors une véritable industrie.

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Pour les nourrice "sur lieu", elles avaient alors un statut privilégié au sein de la famille par rapport aux autres  domestiques en bénéficiant de cadeaux notamment vestimentaires ou d'avantage en nature, certaines avaient même une domestique. Mais il ne faut pas oublier, que bien souvent ces femmes venaient travailler dans les grandes villes et donnait leur lait aux enfants de riches, pendant que leur propre enfant restait à la campagne, dans de plus ou moins   bonnes conditions.

                                                               

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de 1920 aux années de guerre, les mamans souvent ne travaillaient pas et s'occupaient de leurs enfants. C'est seulement après 1968 que se généralisèrent les familles d'accueil, celles que l'on appelle maintenant "Les assistantes maternelles".

 

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Comme ici : Florian, Lucile, Céline et Clotilde

Quand je suis née en 1943, ma maman parti travailler à Paris et rejoindre son amoureux. Elle s'est retrouvée dans la situation de "mère célibataire" ; très mal vue à l'époque. Ne l'ayant pas avoué à ses parents, elle eut recourt à une nourrice "sur place". Pendant mes deux premières années, je suis restée dans une famille à Herblay, Monsieur et Madame Parent.

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Le dimanche, maman venait me voir. Elle avoua à ma grand-mère qu'elle avait une jolie petite fille, alors certains dimanche elle venait elle aussi me rendre visite.

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Jusqu'au jour ou elle s'est aperçue que je disais papa et maman à Monsieur et Madame Parent. Elle a eu du mal à accepter et a décidé de mettre mon grand-père devant le fait accompli et elle me ramena chez elle.

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Et je suis restée chez eux, jusqu'à mes 9 ans.